L'@NGLE MORT Théorie Démocratisme Radical Action Directe Exploitation Luttes de classe Le Monde tel qu'il va Question d'Orient
Problématiques et Histoire l'Angle mort Recherches Senonevero  









L'ANGLE MORT
Le Préviseur

Première publication : 20 mai 2002, mise en ligne: jeudi 3 octobre 2002, par Bernard Lyon


DANS LA MEME RUBRIQUE
Une approche du concept d'angle mort
L' @ngle mort, édito
L' Angle mort, polémiques


Il y a 15 contribution(s) au forum.

(1/15) 27 août 2004, jef

(2/15) 11 septembre 2003, stirner

(3/15) 23 juillet 2003, djef

(4/15) 26 mai 2003, stirner

(5/15) 16 mai 2003, stirner

(6/15) 10 avril 2003

(7/15) 10 avril 2003, l'idiote

(8/15) 9 avril 2003

(9/15) 8 avril 2003, stirner

(10/15) 7 avril 2003, l'idiote

(11/15) 12 janvier 2003, Cébé

(12/15) 6 janvier 2003, B.Lion

(13/15) 27 décembre 2002

(14/15) 19 décembre 2002, B.lion

(15/15) 16 décembre 2002, stirner





La revue Communisation,

La revue Communisation propose sa plate-forme et son cadre de discussion au courant communisateur c'est à dire à tous ceux qui posent que la révolution c'est l'abolition du capital par le prolétariat produisant immédiatement, c'est à dire sans aucune transition (dictature du prolétariat, autogestion, ou une forme quelconque de socialisme ) non pas une société mais des rapports immédiats entre individus strictement et irréductiblement singuliers et non pas des « rapports sociaux » Ce n'est pas une revue "de recherche" c'est une revue de lutte que nous souhaitons, par lutte il faut bien sûr entendre activité, d'auto - compréhension du mouvement révolutionnaire qui vient et non intervention. On n'intervient jamais, on agit dans des lieux et formes différents qui ne nous sont jamais extérieurs, l'intervention ne peut exister qui si le lieu et la forme de la lutte nous sont extérieurs et dans lesquels nous n'avons rien à faire. Nous avons à faire lorsque la lutte nous entraîne ou nous concerne comme beaucoup d'autres, quand elle polarise la société comme le mouvement de 95 les luttes de chômeurs ou des sans papiers, les anti-sommets c'est autre chose on en parlera plus loin.
Cette revue aurait aussi pu s'appeler (moins bien) L'angle mort, car il y a un angle mort dans le préviseur ! . Cette communisation c'est exactement ce que nous ne parvenons pas à voir dans le préviseur, ce qui se trouve dans son angle mort.
La communisation, l'action révolutionnaire du prolétariat qui produit immédiatement le communisme comme le moyen même de sa lutte contre le capital, sera le dépassement du cours des luttes telles qu'elles sont actuellement, c'est à dire prises dans la reproduction du capital. Ce dépassement que décrit la notion de communisation n'existe que comme concept, comme abstraction, il est issu de toute une production théorique liée aux luttes de classes et aux crises du capital depuis 68, avec la résurgence du conseillisme ( promotion du pouvoir direct des prolétaires organisés en conseils ouvriers sur la société) puis son dépassement comme dernière forme de transition socialiste. Mais il n'a jamais décrit un mouvement réel. Il décrit une révolution victorieuse du prolétariat à partir de la situation actuelle du rapport des classes, situation dans laquelle la contradiction du prolétariat au capital est devenue immédiatement contradictoire à sa propre appartenance de classe, élucidant par là-même les causes de ses révolution vaincues. Ce nouveau rapport s'est mis en place dans l'évolution du capital depuis sa dernière grande crise qui éclata au grand jour en 1974, des luttes de classe qui ont marqué tout le cycle de restructuration du capital mondial de la fin des 60 aux années 90 et, ce qui est essentiel pour nous, l'apparition d'un nouveau cycle de luttes de classe dans lequel le prolétariat se remet donc en cause dans sa contradiction au capital.

Appeler une revue communisation répond à trois objectifs :

Affirmer quel sera le contenu de la révolution, faire connaître comment certains sont arrivés à cette formulation, comment la communisation, abolition du capital et production des individus immédiatement sociaux résout le problème du programme révolutionnaire ouvrier.
Ce programme posait la prise du pouvoir au niveau de l'Etat ou à la base pour libérer le travail, faire du prolétariat la classe unique et finir par aboutir au terme d'une période de développement libre des forces productives à la société communiste, c'est cette fameuse notion de transition qui résumait totalement le programme. Ce programme était la réponse communiste impossible à un capital qui portait un développement de l'exploitation, développement que le prolétariat intégrait sous la forme de la libération du travail et des forces productives dans le but de créer "les conditions du communisme" c'est à dire celles de l'abolition de l'économie, abolition de l'économie qui était d'ailleurs rapidement totalement abandonnée dans le projet énoncé, puisqu'on parlait même d'économie communiste. Dans les faits le socialisme fut une forme particulière du capitalisme, au sens propre une alternative au capitalisme. En tant que capitalisme collectif/concurrentiel de nomenklaturas bureaucratiques d'Etat. L'idéologie ouvrière du socialisme n'était pas un mensonge mais le produit de son origine et du caractère entravé du marché, et particulièrement du marché du travail. !
Critiquer le démocratisme radical qui est le mouvement actuel qui s'oppose à la mondialisation libérale, qui s'oppose à la poursuite de la restructuration capitaliste, qui propose une défense de l'Etat providence, des services publics, des "acquis sociaux" et d'une manière plus générale des politiques Keynésiennes tant au niveau national qu'international. Ce mouvement promeut la démocratie et le citoyen il est un réformisme paradoxalement conservateur (défense des souverainetés nationales-étatiques.) Il défend un capitalisme régulé à visage humain. Le démocratisme radial existe à la fois comme éternisation des formes actuelles non-révolutionnaires de la lutte des classes, mais aussi comme fin de la lutte de classe telle qu'elle promouvait le programme ouvrier qui mettait toujours le capital en position de l'écraser et débouchant au mieux ou plutôt au pire sur la barbarie socialiste.
(Cf "Le démocratisme radical" Roland Simon Edition Senonévéro 2001)

-Critiquer le démocratisme radical et affirmer la communisation sont à l'heure actuelle ce que l'on appelle "faire de la théorie". Faire une théorie du cours du capital tant comme mouvement de "l'économie" que comme "luttes", qui sont les deux formes appréhendables du rapport capitaliste dans sa reproduction heurtée. D'une part le capital comme rapport économique est la reproduction objectivitée, apparemment séparée (fétichisme du capital), de l'exploitation du prolétariat par la bourgeoisie. D'autre part les luttes de classes quotidiennes ne sont pas sans voix, elles s'expriment et leurs expressions contre le capital ne sont pas condamnées à rester conscience immédiate, elles produisent dans nombres d'affrontements une "désobjectivation" du rapport capitaliste, le révélant pour ce qu'il est : exploitation et accumulation de marchandises à exproprier pour quelles existent comme prémisses de nouveaux rapports.

Enfin, au travers de cette affirmation et de cette critique, élaborer l'anticipation de ce que sera la communisation non plus comme concept général mais comme transformation effective des luttes actuelles en production du communisme. Il s'agit de réduire l'angle mort et non pas de faire voir dans le miroir magique de la réalisation de l'histoire. L'élaboration de l'anticipation du cours du capital et des luttes vers leur dépassement révolutionnaire n'est pas une "découverte" mais fait partie de ce cours qui anticipe son propre mouvement

Le mouvement qui va des luttes actuelles à la révolution est donc le contenu de la revue car la communisation est le dépassement produit de la situation actuelle. Ce sont les luttes du cours du capital qui se dépasseront en communisation. La revue "communisation" sera dans ce cours en visant toujours son dépassement en essayant de l'anticiper pour mieux le saisir. Ce dépassement nous le posons comme ne pouvant être qu'une rupture et non une simple augmentation du "volume" des luttes cette nécessité d'une rupture est posée par ceux qui critiquent le démocratisme radical comme nouveau réformisme, nous y reviendrons.

Les thèmes peuvent être aussi formulés ainsi :

-Le contenu de la rupture qui ne peut être que communisation immédiate des rapports sociaux .
-La situation de crise extrême et de lutte des classes généralisée dans laquelle cette rupture se produira.

-Le contenu que nous définissons comme communisation c'est l'expropriation pure et simple des moyens de consommation, de communication, de transports et enfin de production il ne s'agira, en effet, que d'expropriation et non de réappropriation car c'est le rapport de propriété qui est aboli. Cela n'est pas la formation d'une nouvelle économie mais l'abolition du capital, des classes et de la société, l'auto transformation des prolétaires en individus immédiatement sociaux. Cette description anticipatrice de la lutte contre le capital dans laquelle les mesures de cette lutte ne sont pas différentes de la production du communisme est notre 3° et principal. objectif.

L'ABSENCE DE MEDIATION ENTRE REVOLUTION ET COMMUNISME EST NOTRE POSITION DE BASE

-La situation dans laquelle le procès de communisation peut s'initier, être écrasée, repartir ailleurs se démultiplier, s'étendre, l'emporter et ce sans aucune stratégie, cette situation existe - elle ? vient - elle ? rapidement ou non ? Comment le mouvement du capital et des luttes produisent-ils cette situation ? Comment les analyses que nous et d'autres font participent-elles à cette production de la situation révolutionnaire ? Comment le mouvement du mode de production capitaliste comme contradiction du capital et du prolétariat disparaît-il ? C'est à dire comment le rapport d'exploitation vient -il au grand jour dans et par les luttes, dans et par la crise de l'économie. Il s'agira bien à la fois d'une crise économique et d'une crise de l'économie. L'économie c'est le rapport réifié du capital à lui même, rapport se reproduisant et reproduisant le prolétariat comme exploité c'est à dire comme force de travail salariée effectivement ou potentiellement les deux étant exploitées car c'est le prolétariat tout entier qui est exploité au travers de la fraction tournante employée à un instant donné.

Tous ces points se trouvent dans l'angle mort, il ne suffit pas "d'avoir des conceptions" voire des positions sur le contenu de cet angle mort c'est à dire sur la formation et l'enclenchement du processus révolutionnaire pour qu'il n'existe pas bel et bien ici et maintenant comme angle mort.

De la situation actuelle à la révolution, à la communisation se met en place la situation où elle sera faite, on ne peut tenter d'éclairer le déclenchement de la communisation qu'en analysant les luttes actuelles et en critiquant toutes les théorisations qui font du dépassement du capital une alternative à construire, car même si l'alternative n'a strictement aucun avenir c'est toute cette conception de la révolution comme "autre" société, « autre » économie, existant potentiellement au travers des luttes que nous critiquons, le communisme n'existe pas virtuellement, le temps du programme ouvrier étant clos toute alternative avec lui.

Le mouvement ouvrier avec son programme de montée en puissance de la classe jusqu'à qu'elle devienne le pôle absolu de la société n'existera plus, l'alternativisme démocrate-radical qui prend plus ou moins sa succession partage avec lui le projet de développement d'un autre possible au sein du capital. Aucun autre possible que le capital n'existera dans le capital, mais les luttes qui fondent ces théories sont réelles, le fait qu'elles ne mettent pas le capital en cause produit ces slogans bien flous d'alternatives, parce que justement ces luttes ne débouchent pas sur un nouveau mouvement ouvrier, sur une montée en puissance qui posait une véritable alternative comme le programme de transition qu'on vient d'évoquer.
Il ne se forme plus d'organisation syndicale ou politique ouvrière d'importance et surtout qui promeuve une identité ouvrière, mais plus encore dans les luttes, c'est l'appartenance de classe qui devient une contrainte, que c'est être prolétaire qui n'est plus revendiqué, mais qu'au contraire l'opposition au capital devient opposition à sa propre appartenance de classe. . Cette opposition montre clairement que la révolution sera abolition par le prolétariat du capital et des classes et donc du prolétariat lui même, abolition de la condition prolétarienne. Cette opposition à sa propre appartenance de classe qui ne peut devenir abolition fonde actuellement le caractère humaniste du démocratisme radical y compris de son opposition intime anticitoyenniste comme on le verra plus bas Humanisme qui participe de l'éternisation de l'horizon capitaliste puisque tout est pensé sur la base de "l'homme" l'individu du capital.
Faire et publier des analyses qui se veulent révolutionnaires est une activité qui ne peut exister que dans un courant car on n'est jamais seul à partager une trajectoire et une position dans le cours des luttes et des transformations de la société capitaliste ; pour nous il s'agit du courant que nous appelons "communisateur". Tous ceux qui se reconnaissent dans ce courant font bien sûr ce qu'ils veulent de ces analyses mais ce qui important c'est que dans ce courant on cerne bien de ce qui le spécifie. Les analyses de cette revue en ce plaçant dans l'optique de la communisation c'est à dire en repoussant toute étape et toute stratégie, posent le dépassement de tout programme et de toute accumulation de forces, de toute stratégie, non comme une attitude d'en dehors mais comme une activité révolutionnaire. Abordons maintenant un peu le courant communisateur par quelques exemples, en sachant que ce courant est à la fois très petit, très divisé et très flou !

POLEMIQUES DANS L'ANGLE MORT ?

Une revue comme Echanges et Mouvement pose la permanence de la conflictualité des rapports capitalistes d'exploitation et postule au moins implicitement, que cette conflictualité porte sans cesse une potentialité de dépassement révolutionnaire, ses rédacteurs sont attentifs aux "conditions" mais fondamentalement ce présupposé existe toujours. Ce qui est toujours posé aussi c'est que ce qui doit primer pour que les travailleurs mettent en oeuvre leur potentiel révolutionnaire c'est leur autonomie. Or il faut enfin oser le dire : "les prolétaires sont et ont toujours été autonomes dans leurs luttes ! Poser que le prolétariat puisse ne pas être autonome c'est poser une compréhension que TC a critiqué ainsi : »L'implication réciproque entre et le prolétariat et le capital devient alors vision politicienne, l'intégration de la classe c'est le parti communiste, les syndicats, les hauts salaires, la démocratie, l'antifascisme, les néo-réformistes…etc, l'histoire devient une succession d'échecs, d'erreurs, de demi-réussites parfois, de mystifications souvent… (TC 7) » Poser leur manque d'autonomie c'est dire tranquillement qu'ils ne sont pas responsables leurs échecs révolutionnaires, qu'ils auraient été trahis et trompés, et donc leur nature révolutionnaire quant à elle n'aurait été pas atteinte. Cette conception se situe dans une visée révolutionnaire mais n'en n'est pas moins faussée, le mouvement ouvrier tout bureaucratisé voire "embourgeoisé" qu'il était n'en n'incarnait pas moins les luttes de classes telles qu'elles étaient et donc (paradoxalement pour beaucoup de gens se rattachant au conseillisme) l'autonomie ouvrière. Cependant ce qu' E & M annonce (après les anarchistes et l'IS) est capital à savoir que le communisme n'est pas de résultat d'une prise de pouvoir étatique ou basique initiant une période de transition.
Se fonder sur la conflictualité pour elle-même sans y intégrer directement et explicitement l'accumulation du capital, comme le fait Echanges et mouvement c'est se condamner à chercher sans cesse la pureté radicale dans les luttes et finir, par moments, par dire que les prolétaires feront la révolution sans le savoir.
Notre projet n'est pas de découvrir dans les luttes autre chose que ce qu'elles sont et que ce qu'elles disent - mais dans une situation, que nous analysons comme nouvelle, celle où l'appartenance de classe devient une contingence imposée par l'adversaire capitaliste - de saisir comment se met en place une confrontation qui aura la communisation pour issue.
Si j'ai évoqué Echanges et Mouvement c'est parce que cette revue de par son ancienneté sa permanence et son général soucis de rigueur occupe une place très importante pour ceux qui pensent que la révolution c'est au "minimum" l'abolition de l'Etat et du capital. La position incontournable E & M tient aussi à ce que par cette réaffirmation permanente de l'autonomie ouvrière est balayée toute crainte d'un quelconque impérialisme d'organisation. Mais il faut dépasser ce fétichisme de l'autonomie tout simplement parce que si cette revendication a pu avoir sa validité en tant que critique de tout stratégie organisationnelle et/ou politique, maintenant toute stratégie a vécue et la saisie des conflits doit nous éclairer sur la révolution tout simplement, sur la production du communisme. Le prolétariat n'a aucune nature communiste a faire triompher avant de produire la communisation. « Le caractère révolutionnaire du prolétariat n'est pas une donnée essentielle du prolétariat mais se constitue. »
( 1980 critique à TC de « Bernard » in TC 16)
Face à cette défense et illustration idéologisante de l'autonomie ouvrière considérée comme l'essence toujours assassinée d'un possible mouvement révolutionnaire, existe un autre courant, bien plus important maintenant, l'anticitoyennisme et qui bien qu'aux antipodes des positions hyper-prolétariennes d'Echange, vient paradoxalement répondre aux attentes d'E. & M. 
La situation actuelle a débuté en 95 avec le vaste mouvement de grèves et de manifestations contre l'attaque contre la sécurité sociale, les retraites des agents de l'Etat, le caractère publics des transports ferroviaires et les services publics en général. C'est sur la forme même de ces luttes que s'est constitué le démocratisme radical. Déjà abordé ici ce courant très important de résistance à la poursuite des politiques de restructuration capitalistes, de défense des derniers éléments du wellfare-state s'est articulé avec une opposition au cours mondial du capital désigné sous le nom de mondialisation ou de globalisation, ce caractère défensif c'est structuré dans un corpus idéologique que nous avons appelé démocratisme radical de l'idéal de démocratie dont il veut une application véritable voire "radicale" qui oriente l'ensemble de cette idéologie.
Une opposition à ce mouvement s'est très vite formée sur la dénonciation du fétiche du démocratisme radical : le citoyen, d'où le nom d'anticitoyennisme qu'elle porte désormais. L'anticitoyennisme dénonce le dit citoyennisme comme réformisme, comme apologie d'un capitalisme à visage humain, comme idéologie droit-de-l'hommiste, comme nouvelle social-démocratie, ce qui est flagrant parfaitement clair dans le nom que globalement le D.R. se donne : "la gauche de gauche" mais l'anticitoyennisme pousse le citoyennisme au bout de lui-même et est dans la même "impasse" que lui : Celle de l'individu isolé face au capital, du hors-classe qui cherche à se recomposer une société, pour la théorie anticitoyenniste d'action directe il s'agit de la "TAZ"- (zone autonome temporaire) à la très grande différence du citoyennisme il ne s'agit pas d'un réformisme mais d'une transposition volontariste de l'émeute prolétarienne, transposition qui est caricature puisque la cause de l'émeute est absente : La défense, par le pillage, d'un welfare attaqué ( même ici ou là quelques reprises individuelles ont eu lieu auxquelles ont pu se joindre quelques personnes du cru) Si l'émeute est une impasse qui ne prétend à rien, la TAZ en revanche se veut exemplaire et espace de liberté dans la lutte. La révérence à l'exploitation et à l'anticapitalisme face à un simple antilibéralisme ne signifie nullement que l'anticitoyennisme développe une analyse de classe, c'est (mais c'est beaucoup) la radicalisation du démocratisme radical ! C'est à dire qu'il dépasse le DR tout en étant sur la même base : l'individu isolé. La critique de la démocratie ne fait que déboucher sur la démocratie directe que l'on oppose à la démocratie participative, la question qui se pose à l'anti-citoyennisme est la même que celle qui se pose au citoyennisme : quelle société ici et maintenant pour l'individu ?

...ET AVEC LES TEMOINS ?

L'anti-citoyennisme fait de la surenchère et dénonce sous le nom de citoyennisme le courant dominant du démocratisme radical tout en lui collant aux fesses (tout comme le dit citoyennisme colle aux fesses des sommets de la globalisation) ou plus justement il le dénonce parce qu'il lui colle aux fesses, et pour lui coller aux fesses. L'anti-citoyennisme ne peut appeler le DR par ce nom, il l'appelle citoyennisme parce qu'il est lui-même une forme volontairement liée au démocratisme-radical et qui se pose justement comme « radicale » et revendique la démocratie (directe), il se braque contre le citoyen parce qu'il adore l'individu tel qu'il est dans la société capitaliste c'est à dire atomisé, il ne peut et surtout ne veut le comprendre comme prolétaire comme membre d'une classe. L'appartenance de classe comme une contingence imposée par l'adversaire capitaliste est à la fois exprimée et totalement occultée par une phraséologie humaniste :

" L'hiatus est que le citoyen s'accorde très mal avec l'homme.
Quand le premier est une réduction à une somme de droits et de devoirs toujours présentés rationnellement, que laisse t-il au second de sa vitalité (...) La réponse est rien, rien de rien même...
Le citoyen grandit sur le cadavre de l'homme, il est anti-humain...
Le citoyen est la forme achevée de l'homo servilis. Mais tant qu'il y aura des êtres humains il n'y aura pas de Citoyen. Le bon citoyen n'existe pas. Pas encore.
Les témoins de Genova, "l'exception génoise".
Certes cette citation est particulièrement gratinée mais elle ne fait décliner l'essentiel de la pensée anticitoyenniste que l'on retrouve, beaucoup plus élaborée et pas naïve, dans "l'impasse citoyenniste" (références du texte et de sa critique dans T.C.17) ou dans les documents sur le mouvement d'action directe diffusés par "mutines séditions" (références des textes et de leurs critiques dans. T.C. 17 aussi)

Dans "Les témoins de Genova" encore, l'article " Un mouvement hétérogène" s'approche plus près de ce je considère comme la réalité en décrivant un mouvement avec deux composantes, l'une antimondialiste dont il signale qu'elle utilise la notion de démocratie radicale et qu'il définit comme l'agent de la transformation idéologique des antagonismes sociaux et donc du "remplacement de la vieille lutte de classe par la participation citoyenne". L'autre composante étant définie comme anticapitaliste, ce qui la caractériserait serait de n'avoir aucune revendication "voulant rompre avec l'ordre social "et avec le rôle médiateur avec les institutions capitalistes internationales de ce mouvement, du spectacle et du cirque démocratique. On se trouve devant un mystère puisque ce courant "rupturiste" est une composante d'un mouvement plus vaste qui n'est pas nommé, dont on dit seulement que ce sont les média qui le caractérisent comme antiglobalisation. Ce mouvement est posé comme de "reconstruction idéologique dont l'idée centrale est que le capital transnational a trop de pouvoir" mais ce mouvement reste socialement absolument inexistant, Il est simplement relié à la gauche institutionnelle dont il est dit être l'aile gauche, mais encore ?
Donc avec les rupturistes on a à faire à une composante minoritaire qui ne revendiquerait rien, d'un mouvement majoritairement bel bien revendicatif, mais que fait-il là ? En fait cette rupture ne l'est qu'avec l'autre composante dont la présence est pourtant absolument nécessaire, rupture tout aussi "spectaculaire" que le cirque démocratique et qui même, si cirque il y a, en fait totalement parti, tant il est vrai que le succès médiatique des manifs anti-sommets a tenu pour une très large part aux affrontements et aux soi-disant agents provocateurs.
.En fait il n'y a pas de rupture du tout, les BB sont une partie intégrante des manifestations le terme de rupture n'a de sens que comme auto-compréhension de la présence et éventuellement comme justification de cette présence vis à vis de critiques extérieures, ici il n'est absolument pas question de faire une telle critique tacticienne et normative, mais de comprendre de façon critique l'action des anticitoyennistes dans le courant démocrate radical.

Jusqu'à Gênes la répression violente des manifestations a, malgré des dénonciation des "violents" par les "pacifiques", globalement uni les manifestations comme convergence contre l'offensive mondiale du capitalisme. La violence policière à Gênes a atteint des sommets, déclenchant chez les pacifiques des réactions de défense non bêlantes, elle a tué et est même allée chercher les "pacifiques" dans leur QG et les a torturés, cette violence a eu pour résultat, qu'il soit délibérément recherché ou issu de conflits internes à l'appareil politico-répressif, de maximiser la réaction des organisateurs officiels représentant le courant majoritaire contre l'aile "radicale" de ce qui constitue la coalition objective des contre-sommets. Les éléments "démocratiques" une fois le coup de la dénonciation d'une soi-disant provocation policière réussi, se seront amputés de leur "bras armé" et en resteront manchots et sans intérêt pour les média dans de futurs anti-sommets, si toutefois les "maîtres du monde" en organisent encore d'accessibles ce qui parait peu probable.
Si la définition du démocratisme radical par les anti-citoyennistes reste dans le vague et ne se précise que pour le définir comme supplétif de la gestion capitaliste, et ce essentiellement sur le plan idéologique, c'est que les luttes de classes que le DR remplacerait par la "participation citoyenne" sont absentes des articles des Témoins... et donc absents leurs liens complexes avec le DR. Dans l'article "Les expulsés... " qu'on évoquera plus bas après l'éditorial et celui sur le commerce équitable, on verra que l'anticitoyennisme ne comprend ce rapport luttes-DR que comme du détournement des luttes par cette "gauche de la gauche institutionnelle". Or comme je le disais en parlant d'Echanges... les luttes sont toujours autonomes, on ne peut "détourner" que ce qui est détournable, c'est à dire ce qui appelle dans sa forme même ce dit détournement comme son propre débouché.

Dans l'éditorial des « témoins ». toujours, on trouve : "La réalité est que le mouvement antiglobal qui est de par sa nature, un mouvement pluriel, multipolaire, composite, se découvre être un sujet "politique" -en négatif- dans le refus commun du mode capitaliste de production, des lois du marché. Et ce caractère critique et anticapitaliste des no-global est "inacceptable" .Parce que le simple fait de mettre l'accent sur l'homme plutôt que sur les rapports quantitatifs tels que le taux de profit, développement, etc. est révolutionnaire ?

On voit dans lecture critique des analyses du mouvement qu'il y a des désaccords de fond entre anticitoyennistes sur la compréhension du démocratisme radical ici crédité d'anticapitalisme en assimilant tranquillement opposition aux lois du marché, ce qui ne débouche que sur le commerce équitable, et opposition au capitalisme, (ce qui d'ailleurs n'est en général qu'opposition aux multinationales) cet anticapitalisme se résume in fine à "mettre l'accent sur l'homme".
Si le mouvement antiglobal est un continuum clivé entre citoyennisme et anticitoyennisme ; l'anticitoyennisme est lui-même clivé entre, d'une part des tendances tendant à faire des analyses dans une optique de rapports de classe, et d'autres part des tendances plaquant les termes de révolutionnaire et de d'anticapitaliste sur des analyses platement humanistes. De tels plaquages permettent de magnifier l'ensemble d'un mouvement anitiglobal dont le caractère majoritairepotentiellementcontre-révolutionnaireestmasquésouslequalificatiftrèsmode de "pluriel".

Cependant parmi les opposants au "citoyennisme"existent aussi des cercles qui se trouvent sur des positions de classe à la limites entre le militantisme pour l'organisation autonome du prolétariat et l'activité uniquement tournée vers la communisation, c'est à dire une action qui ne nécessite pas de tenter de construire une positivité ouvrière puisque le prolétariat n'a rien à affirmer, mais n'a que le capital à abolir et par tant, lui même comme toutes les classes immédiatement. Certains de ces militants-critiques conçoivent leurs positions comme une forme actuelle et très spécifique de l'anarcho-syndicalisme, liant résistance quotidienne et anticipation du grand soir, ce qui compte dans les faits, c'est qu'ils ne sont ni un syndicat, ni un groupuscule politique mais un groupe communisateur, d'autres sont en rupture avec une ultra-gauche conseillo-bordiguiste fossilisé en font le bilan.

Certes on peut dire (et c'est très certainement vrai) que de "jeunes prolétaires" viennent aux anti-sommets pour avoir "un pur affrontement" avec l'Etat, pour s'en prendre aux symboles du capital et éventuellement à des éléments essentiels telle la prison à Gènes ( symboliquement aussi le niveau d'affrontement anticipé s'interdisant une délivrance des prisonniers) mais ils viennent justement là, à ce moment là, et c'est dans le cadre de l'action démocrate radicale que de tels affrontements, qui, quoiqu'en disent les "pacifiques" ne dépassent le niveau d'affrontement général, sont possibles et sont même emblématiques de l'action d'ensemble. Constituer une aile d'un courant ne veut bien-sûr pas dire qu'on est d'accord avec la majorité de ce courant, mais qu'on y est bel et bien qu'on le veuille ou non.

En conclusion provisoire on peut dire que l'action des black blocs a été un succès, elle a polarisé les manifestations sur l'affrontement direct avec l'Etat en le posant comme élément constitutif essentiel du capital, elle a largement uni les manifestants dans la haine de la police. Son succès a été crescendo jusqu'à Gênes où l'ampleur inégalée de la manifestation, la participation élargie des manifestants à leur propre défense active, le déchaînement de la police et son passage aux méthodes d'Etats plus méridionaux aura été sa victoire, homologuée par sa dénonciation urbi et orbi par les ONG (ATTAC en tête) et par le départ des sommets dans les déserts et les montagnes.
Ce grand succès a été celui de la possibilité et de l'inévitabilité pour les des anticitoyenniste d'être dans ces manifestations, du fait de leur appartenance foncière à ce mouvement anti-mondialisation libérale comme son aile gauche. La seule possibilité de radicaliser ce mouvement n'était et ne pouvait pas être dans les mots mais bien dans la rue et le black bloc l'a fait en inventant l'hooliganisme politique, il a ainsi boosté l'ensemble du phénomène des anti-sommets. Les groupes qui en sein cherchent une liaison avec un mouvement plus quotidien et de base des travailleurs n'ont aucune chance d'y parvenir, aucune positivité des luttes ne pouvant plus être capitalisée. Il faudra que l'histoire des manifs et de l'action des BB soit écrite, elle est une forme importante des luttes du nouveau cycle.

Nous sommes embarqués avec et contre le DR., mais notre opposition au DR ne se veut pas idéologique et unilatérale comme celle de l'anticitoyennisme même le plus conséquent. Si l'anticitoyennisme dénonce le DR c'est parce qu'il ne se comprend (en général) pas comme une partie de ce mouvement dans ce qu'il a d'essentiel, c'est à dire un mouvement qui nie fondamentalement le caractère strictement de classe de l'antagonisme au capital, cette négation a ainsi deux formes liées et conflictuelles :
L'éternisation de l'horizon capitaliste du démocratisme radical.
L'horizon capitaliste déjà dépassé de l'anticitoyennisme.
Le terme de multitude lancé par Negri dans Empire et qui a eu un énorme succès à Gènes signe très clairement l'abandon du caractère de classe de l'antagonisme au capital, car s'il se substitue à Masses (avec son caractère on ne peut plus compact) c'est bien pour marquer qu'il s'agit de la révolte d'une multitude d'individus isolés face au capital mondial "l'empire".
Le dépassement de la forme démocrate radicale de la lutte de classe actuelle n'est pas une "rupture" dans le champ idéologique mais bien une rupture de la reproduction du capital. Le dépassement des positions de l'anticitoyennisme par des gens qui y sont investis ne peut que se placer dans la perspective de cette rupture en critiquant la base conceptuelle générale de l'anticitoyennisme : l'individu prolétaire, se posant déjà au-delà de la classe, donc aclassiste, ni citoyen ni travailleur productif ; cette critique de sa propre base ne peut se contenter d'être révérencielle (coup de chapeau) mais ne peut être que réappropriation de la critique de l'économie politique : L'analyse de classe du mode production capitaliste comme exploitation du prolétariat, et les luttes de classes et les crises de ce mode de production ouvrant la perspective du communisme comme abolition du capital et des classes par les prolétaires.
L'individu isolé de l'anticitoyennisme participe paradoxalement conceptuellement de l'éternisation du capital, alors que l'anticitoyennisme dans son immédiatisme du communisme se comporte comme si le communisme était déjà là, comme si le capital n'était plus maintenant qu'un communisme aliéné, à retourner comme un gant. Cette compréhension explique son centrage sur la critique de la marchandise, critique en actes symboliques dans les cassages de carreaux des « majors companies » et des banques. Ce qui est absent c'est le procès même du capital au communisme, la communisation. La communisation est absente de la théorie anticitoyenniste parce que le ccommunisme est déjà présent pour elle !

Dans "Les témoins... l'article : Commerce équitable mon cul se moque de l'individu qui tout seul dans sa cuisine se donne bonne conscience en utilisant des produits labellisés "solidaires" et en plaçant son argent dans des entreprises "éthiques", qui rêve d'un capitalisme auto limité... , bref d'un capitalisme à visage humain. Oui mais ! quid de la défense des services publics, des retraites par répartition, des allocations chômage inconditionnelles, des remboursement à peu près garantis des soins et des arrêts de travail, de la défense du contrôle de ces arrêts par des médecins fonctionnaires et non des agents directs des patrons, de la revendication du revenu garanti ? Quid du refus du nucléaire et des OGM ? Quid de la revendication de la souveraineté alimentaire ? Revendication qui va à l'encontre de la destruction de toute agriculture vivrière et qui envoie les paysans du sud dans les bidonvilles géants alimenter le travail informel. Quid de la lutte contre la pollution et la destruction d'une masse d'espèces animales et végétales. Bref encore quid de tout ce qui va avec le commerce équitable qui demande avant tout la suppression de la dette dont on voit les derniers effets en Argentine, (sur ce point rappelons que la critique démocrate-radicale de la dette est une extériorisation de la contradiction prolétariat/capital en une contradiction entre capitaux ). Cette critique rigolote du commerce équitable fait l'impasse sur tout ce qui fonde cette revendication, parce que c'est une autre paire de manches que de critiquer le vrai programme démocratique radical. C'est une autre paire de manches si on ne veut pas simplement et mécaniquement dire : "Une seule solution la révolution !". C'est une autre paire de manche si on ne veut pas sortir un autre catalogue dont on sait pertinemment que ce sera le même ! Or l'anticitoyennisme est exactement pris entre les deux : il est l'individu qui se pense au-delà du prolétaire et ne veut pas ânonner- "Une seule solution..."- et ne veut pas non plus être citoyen, l'anticitoyennisme ne sait pas quoi faire des revendication alternativistes du démocratisme radical parce qu'il est lui même alternativiste, tous deux se pose une même question : » quelle nouvelle société construire ? ». "La démocratie participative et l'économie solidaire"sont refusées, la solution c'est la surenchère sur la même base, l'individu de cette société qui nie les classes dans le mouvement même où elle les reproduit, mais en crise ! Dans cet article on a en plus un exemple parfait du coup de chapeau : "... chaque capitaliste pris isolément doit impérativement faire toujours plus de profit (augmenter le taux de plus-value aurait dit Marx) sous peine de disparaître..." D'abord il y a confusion entre taux de profit et taux de plus-value, (qui n'est pas qu'une bonne vielle formule d'un bon vieux Marx !), le taux de profit n'ayant pas un rapport direct avec le taux de plus-value au niveau d'un capitaliste individuel, ensuite, ce qui est plus important et critiquable c'est le rapport révérenciel qui n'engage à rien, qui fait écho au "vieux mouvement ouvrier" et a sa position révolutionnaire, sans la critiquer positivement, et qui par là se dispense d'analyser le démocratisme radical et permet de faire les impasses que l'on a vues.

La revue Communisation place parmi ses objectifs la discussion avec des personnes actives dans l'anticitoyennisme, parce que l'anticitoyennisme et les positions se fondant sur la communisation par le prolétariat ont la même base essentielle : l'immédiateté du communisme. Ces discussions, si elles ont lieu, ne devront pas chercher à faire partager des positions de rupture "justes" mais chercher à cerner la production du dépassement révolutionnaire lui-même. Les discussions ne doivent pas tomber dans la polémique, mais même la critique qui se veut productive court toujours le risque d'y glisser c'est inévitable. Il faut faire avec et tenter de ne pas faire de contre - polémique si l'un ou l'autre s'est fait prendre par la véhémence de l'argumentation, comme je viens de le faire dans la critique de l'article "Commerce équitable mon cul", critique que je garde telle - quelle dans la forme à titre d'exemple, le contenu étant ce qui , j'espère, sera retenu.

Voici maintenant l'article " Les expulsés sont des citoyens comme les autres"annoncé beaucoup plus haut, (quand je disais que pour l'anticitoyennime le DR détourne les luttes) : " L'article débute ainsi : Le citoyennisme est une machine à neutraliser toute expérience potentiellement subversive pour en faire une contestation soluble dans la réforme au prix de détournements qui frisent l'arnaque" et décrit la crapulerie de Verts proposant aux sans papiers d'aller nettoyer les plages polluées par l'Erika et d'obtenir ainsi un "certificat de citoyen d'honneur", quelques-uns se sont fait avoir et l'un d'entre eux a été expulsé ! Autre arnaque : les pousser à revendiquer le droit de vote. L'auteur refuse que la lutte des sans - papiers pour en avoir soit qualifiée de citoyenne alors qu'ils ne seront jamais de vrais citoyens, cela ne fait pas de doute, mais l'auteur dit aussi : "Même en considérant que demander des papiers, c'est vouloir accéder à une sorte de normalité (ce qui est partiellement vrai, c'est surtout refuser des conditions de vie insupportables et s'organiser pour qu'elles changent) cette normalité est bien loin de celle du citoyen faisant valoir ses droits par l'Etat qui le représente. On le voit cela n'a rien à voir avec ce qui est dit dans la première phrase : expérience potentiellement subversive" détournée est rendue réformiste. Il n'y a pas eu de détournement, les sans - papiers se sont bagarrés pour avoir des papiers. Les démocrates peuvent appeler ça du réformisme s'ils veulent, car en effet les "irréguliers" voulaient une normalisation dans leur vie insupportable et alors ? Déclarer qu'il y avait expérience potentiellement subversive est tout autant idéologique que de dire que leur lutte était citoyenne, sauf que c'est pour la bonne cause. Les luttes sont vraies et ne mentent pas sur leurs contenus, celle des sans papiers ne s'est jamais déclarée citoyenne ni subversive ; il est vrai que l'auteur ne dit que " potentiellement subversive" mais d'où le tire-t-il ? C'est une projection pas une compréhension, s'organiser pour lutter c'est la lutte elle-même, autant dire que toute lutte est potentiellement subversive, c'est ce que sous-entend "Echanges" avec d'autres concepts, du point de vue que j'avance ici, c'est faux. C'est l'immédiatisme du communisme qui pose que toute lutte peut transcroître en mouvement révolutionnaire. Ce qui semble vrai c'est que nous sommes dans un cycle de luttes qui va vers une situation révolutionnaire au travers d'une crise économique, crise dans laquelle le capital existera jusqu'au bout comme contre-révolution.
On a en effet actuellement deux conceptions du processus de dépassement révolutionnaire. D'une part, les positions posant la communisation immédiate (sans transition) au terme d'un cycle de luttes et d'accumulation du capital ( Pour la revue Théorie communiste, ce cycle débuté autour de 90 - pourra être -sera - aussi long que la restructuration des années 70 et 80) ; et d'autre part les positions immédiatistes qui posent que le communisme peut être produit immédiatement, c'est à dire non seulement sans phase de transition, mais aussi à tout instant ou tout au moins, que les luttes actuelles peuvent dans une extension et un approfondissement se transformer en révolution ( l'immédiatisme du communisme se fonde sur un dépassement de la classe prolétarienne qui serait déjà acquis, d'où l'individu face au capital). Il est clair, dans la plate-forme de Communisation, que la révolution ce n'est pas ici et maintenant, ( Le chemin à parcourir) elle est plus tard, dans l'angle mort, l'activité théorique révolutionnaire doit faire exister cet angle mort .L'immédiatisme de la révolution de fait, le nie en se concentrant sur l'instant, au nom de l'abandon de toute transition, si en effet il peut plus y avoir une quelconque transition, l'angle mort n'en n'existe pas moins, non comme un en-soi inconnaissable mais comme le champs de luttes et des crises que nous devons tendre sans cesse à maîtriser en sachant qu'il restera pourtant l'angle mort jusqu'à la communisation.
L'effet le plus important en fin de compte de Communisation pourra être que sans cesse sera posé le débouché révolutionnaire des luttes de classe contre le capital. Il faut en effet tout de même relever que l'anticitoyennisme ne parle très peu de révolution, ce débouché est implicite, le terme tellement usé et piétiné par la contre-révolution socialiste - réelle est certes à manipuler avec des pincettes, mais il ne s'agit pas seulement de cela, il s'agit bien plus d'une conséquence de l'immédiatisme du communisme, qui postule un dépassement ici et maintenant dans les luttes (cf. "La potentialité subversive" vue plus haut). Ce dépassement certes s'oppose à la construction d'enclaves d'alternatives dans le capital mais peut même finir par abandonner le renversement social pour une résistance de tous les jours ressourcée dans les affrontements où existent - de fait - des TAZ et où se créent des liens interindividuels forts contre le capital. Ces liens étant ensuite le moyen de poursuivre la résistance dans une vie plus ou moins en rupture et/ou par des contacts élargis mais n'ayant aucune perspective autre que le quotidien et le prochain affrontement avec l'Etat. Cet immédiatisme et ce quodiennisme ont, entre autres, comme conséquence une production analytique limitée. La réticence à l'élaboration d'un corpus dont on pense qu'il risque fort de se figer en "idéologie" (terme impropre il s'agirait en vérité d'un programme, d'un système, l'idéologie y est déjà, il s'agit de l'humanisme) est consubstantiel à l'immédiatisme qui se fixe l'aujourd'hui comme horizon et qui se débat avec les cadavres du mouvement ouvrier, du marxisme et de l'anarchisme prolétarien. Le dépassement du programme ouvrier d'affirmation lui semble nécessiter l'abandon du caractère systématique de l'élaboration théorique typique de ce mouvement et de ses organisations, c'est radicalement vrai pour les organisations et le programme, pas du tout pour la révolution comme production consciente du communisme. La revue qui aura dans son espace de réception des anticitoyennistes "en recherche" se propose aussi comme une incitation à l'élaboration théorique, et plusieurs d'entre nous, pas forcement d'accord entre eux, seront sans concession et n'en demandent pas, dans la discussion productive que nous souhaitons.
En effet ne pas se revendiquer prolétaire ne signifie pas forcément faire des incantations humanistes. Ces incantations à l'Homme absolu tiennent le lieu qu'occupait le programme ouvrier qui célébrait le "travail créateur". Au-delà de l'ouvrier producteur des richesses et de l'Homme absolu il y a la communisation, non pas à glorifier mais à saisir/anticiper dans les luttes en ce que justement elles ne posent pas le socialisme mais bien l'opposition à la condition prolétarienne. Ce n'est pas la "dictature des marchés" mais la dictature du capital qui nous contraint à la condition prolétarienne et pas par pour nous empêcher de nous révolter mais bien dans l'exploitation. L'abolition du capital c'est l'abolition des classes. L'abolition de la condition prolétarienne n'est pas la libération d'un Homme enfermé dedans, c'est l'auto-transformation des prolétaires en individus immédiatement sociaux, c'est la lutte contre le capital qui nous fera tels. Dans les affrontements violents des anti-sommets (mais non-guerriers contrairement à ce que certains disent) la communauté de la lutte anti - policière n'est pas un nouveau rapport social entre opposant à la police. Car le rapport social, c'est à dire le rapport au capital, à ce moment c'est l'affrontement, mais le rapport d'union dans la lutte "anticipe physiquement" ce que sera l'auto-transformation des individus prolétaires en individus en interrelations directes.

Où ON PARLE ? - D'Où ON PARLE ?

"L'anticitoyennisme", "plusieurs d'entre nous", sont des termes qui posent la question de "là d'où on parle" pour ma part que ne parle pas "en tant que" participant à la revue Théorie communiste exactement comme nous disons dans TC : on n'est pas dans les luttes "en tant que" communiste mais "en communiste", c'est à dire qu'on ne porte pas un programme avec soi mais qu'on est bien là avec tout ce qu'on pense. Cela est vrai évidemment pour tous ceux des rédacteurs de Communisation qui participent à des revues, des groupes ou des organisations. La plate-forme est claire, elle permet à chacun d'évaluer la cohérence de ses propres activités, et celles des autres.
La revue TC est à mon avis incontournable, elle a ses limites qui sont d'abord celles de l'existence même d'activités "théoriques" distinguables de la "pratique" de la lutte de classe. Même si la théorie est un élément réel des luttes et si les luttes sont productrices de théorie la possibilité même de les distinguer est une marque on ne plus nette d'une situation non-révolutionnaire. La théorie se heurte à sa propre existence de théorie, d'abstraction du communisme. La spécificité de la théorie de TC c'est qu'elle est "englobante" du fait qu'elle se situe toujours du point de vue du cours du dépassement de la situation actuelle, du dépassement, dans une situation de crise à venir, des luttes de défense de la condition prolétarienne en luttes révolutionnaires. La limite générale du communisme théorique lui revient, en intégrant sa spécificité, sous diverses critiques : d'objectivisme, d'attentisme, de téléologie, ( critiques qui passent à côté de ce dit réellement TC. mais produites logiquement dans la situation actuelle, situation qui pose simultanément l'éternité du capital et une urgence de radicalisation des luttes devant la multiplication et l'exacerbation des conflits capitalistes : Nationalismes, terrorisme et contre-terrorisme, étatiques et para-étatiques.) Ces critiques sont inséparables d'éléments plutôt partagés par ses lecteurs qui sont : l'implication réciproque du prolétariat et du capital ; la restructuration du capital durant la dernière crise, le débouché communisateur tel que TC le produit en tant que lutte du prolétariat et non d'une humanité dissimulée dans le prolétariat (Ce dépassement du capital est formulé par pas mal de gens, mais TC le produit au terne d'une analyse historique systématique du capital et des luttes de classe ). Dans l'anticitoyennisme les revues sont très peu nombreuses je n'en vois que deux  :"L'oiseau tempête", très marquée par l'ultra-gauche (Abirato, La bonne descente) et "Cette semaine" très marquée par l'anarchisme (TIC-TAC), je n'essaierai pas d'analyser maintenant ces deux revues dont j'espère qu'elles seront des interlocuteurs de Communisation. Il était donc logique que dans la sphère de réception de TC la plus proche où ont été lancées les éditions Sénonévèro ( dont la plate-forme avait été proposée par les rédacteurs de TC) c'est à dire dans la sphère où anarchisme et ultra-gauche peuvent être considérés comme réellement dépassés par la compréhension de la nature de ce qu'était le programme ouvrier, le socialisme, sans renoncer à une stricte analyse de classe, soit proposée (par deux personnes à la fois très proches et dissymétriquement très critiques de TC ) la création d'une revue qui puisse favoriser activement la constitution d'un pôle posant la communisation non seulement comme un au-delà du démocratisme-radical, mais comme le dépassement de la forme démocrate-radicale des luttes mêmes du prolétariat.
Le groupe très resserré qui publie actuellement TC ne pouvait ni ne voulait proposer sa revue pour être le forum que le projet suppose, ses participants ont repris à leur compte la proposition en insistant sur la nécessité d'un fonctionnement en AG, sur la base de la plate-forme de Sénonévéro, pour que la revue reflète le mieux possible ce qui peut être considéré comme un acquis du mode d'élaboration des positions dans la mouvance "radicale"
De leur côté les membres parisiens de Sénonévèro participent à un groupe de travail un peu plus large pour lequel la revue serait un débouché évident, et l'unanimité du collectif de Sénonévèro a adhéré au projet (unanimité moins un qui reste septique sur sa possibilité et sa nécessite réelle). Cette unanimité nous l'avons faite très vite, sans doute trop vite, le projet n'a pas assez donné lieu à débat, son rattachement à la plate-forme et son titre ont semblé largement suffisants pour le définir, répondre à ce manque est en partie la raison de ce texte. Par ailleurs la revue s'inscrit très bien dans le projet des éditions et d'une certaine façon peut garantir la poursuite de son activité en dépassant son activité purement livresque, en poussant et facilitant "l'élaboration de la compréhension du chemin à parcourir"
Le pari peut très bien ne pas être gagné si ces confrontations "dans l'angle mort" ne créent pas leur propre problématique. C'est à dire restent la simple juxtaposition d'éléments ressentis comme intéressants voire "bons" mais qui ne cerneraient pas des questions saisies comme clés.

Un autre échec serait de faire tourner la discussion autour d'une théorie tout aussi "englobante" mais qui ménagerait par principe "anti-idéaliste" une indétermination par nature du dépassement révolutionnaire, pour mieux saisir la singularité des luttes. Pour le point de vue développé ici, le rapport capitaliste d'exploitation porte, comme lutte de classe, son entrée en crise révolutionnaire. Le procès est déterminé dans et par l'aliénation mais non descriptible et à faire, donc à comprendre dans l'angle mort qui y mène. C'est parce que ce procès est non descriptible mais à décrypter que des conceptions se posant comme "anti-téléologique" se constituent, elles se placent sur un plan empirique-critique qui se veut adéquat à la permanence des luttes, mais qui est inadéquat à ce qu'est le mouvement historique du capital. De telles conceptions devraient contribuer à éviter toute hypostase du but, si elles ne glissent pas elles-mêmes vers une hypostase du mouvement.

Ainsi si la revue doit comprendre le maximum d'informations sur les publications et activités s'articulant avec son projet c'est pour justement cerner le mouvement historique des luttes et de l'accumulation à la fois nouveaux et en continuité avec mouvement du mode production capitaliste qui détermine ce dépassement. Si ce pari n'est pas gagné il y aura d'autres initiatives sans doute en dehors de Sénonévèro qui pourront réaliser ce projet. Cependant il me semble que la plate-forme que nous avons est pertinente pour des débats dans le courant communisateur et avec des anticitoyennistes, débats qui devraient rebondir dans l'anticitoyennisme.

Nous sommes dans "l'après 95" comme on a été dans l'après 68 jusqu'en 79/80. L'après 95 est marqué par le retour de luttes d'ampleur (95) et de luttes significatives ( sans papier, chômeurs) au centre où dans des pays "émergeants" (Corée) ou "coulants" (Equateur, Argentine) ; L'après 95 c'est la mondialisation et l'antimondialisation l'apparition du démocratisme radical, type :ATTAC & C°, Seattle et la suite et bien sûr l'anticitoyennisme. L'anticitoyennisme n'a pas dynamique autonome, il est largement stabilisé sur l'humanisme théorique, mais ses clivages doivent pouvoir s'accentuer sur le plan théorique et pratique, les pratiques de surenchère critiquées et surtout l'humanisme se voir opposer la compréhension de classe.
L'après 95 ne va pas se refermer comme l'après 68 malgré les suites de Gènes et du 11 septembre. Il faut se rappeler que cette fermeture avait été la restructuration dont la grande grève de 95 en tant que première lutte typique du nouveau cycle et dernière de l'ancien marque la fin. Ce cycle de luttes et d'accumulation du capital ne sera pas les 30 glorieuse il est très heurté : crise boursière en 87, crise asiatique en 97, crise boursière en 2000, puis World Trade Center, le tout déclenchant une nouvelle forme de la mondialisation soutenue directement par les armes, ce n'est pas nouveau mais ce qui est nouveau c'est que le capitalisme se globalise dans un monde d'où toute forme capitaliste alternative, le socialisme-réel a disparu, où le mouvement ouvrier qui portait cette alternative a disparu, où les aires de péréquation nationales ont disparu où toute entrave à l'investissement a disparu, où la fixation de la valeur de la force travail doit maintenant être fixée au niveau mondial. Dans ce monde les récessions succèdent aux phases de prospérité le Keynésianisme est enterré. Le cycle est et sera très heurté, grèves de masse, occupations virulentes, émeutes crises, guerres s'enchaînent, notre microscopique bagarre théorique peut dans ce projet exister visiblement dans une période qui ne connaîtra ni paix sociale ni tentative de réformes démocratiques (anticitoyennistes rassurez-vous !) malgré (et grâce !), à un mouvement DR pérenne. Cette période qui s'est ouverte est l'angle mort de la communisation il faut, par notre action, y voir quelque chose.



Bernard Lyon









> Le Préviseur
16 mai 2003, par stirner   [retour au début des forums]

mise à part le débat sur l'émeute ou la radicalité,je trouver le debat sur le citoyenimse intéressant...

> Le Préviseur
16 décembre 2002, par stirner   [retour au début des forums]

Je note que vous basez votre critique de l'anticitoyennisme de la revue "Temoin De Genova" et peu voir pas du site internet du même titre...Un texte disponible sur ce site parle de communisation...

  • > Le Préviseur
    19 décembre 2002, par
    B.lion   [retour au début des forums]

    Le site "Anticitoyennisme" auquel il est fait référence nous est bien connu puisque 3 des textes qui s'y trouvent sont de participants à la revue "Théorie communiste" et au site "L'angle mort". Les critiques que nous faisons à l'anticitoyennisme publiées sur "L'angle mort" sont déjà présentes dans ces textes et bien entendu est présent le concept de "Communisation".
    Il est certain que, malgré ou à cause des critiques que leur adressent les personnes qui animent "L'angle mort", ces dernières sont très proches de celles qui se posent comme "anti-citoyennistes". Nos critiques ne sont nullement des dénonciations mais bien des critiques adressées à des camarades révolutionnaires.
    Les positions anti-citoyennes et les positions "communisatrices" participent sur le plan théorique du mouvement de production de la situation révolutionnaire, toutes deux posent l'immédiateté du communisme sans transition post-révolutionnaire.
    La divergence considérable porte sur la production de la situation révolutionnaire, qui pour nous, contient une nouvelle crise économique qui sera crise de l'économie, c'est à dire crise du rapport social qu'est le capitalisme. Crise dans laquelle le prolétariat abolira le capital par la production du communisme (la communisation).
    Au travers des critiques et des polémiques se produit la théorie actuelle des luttes de classe actuelles, "L'angle mort" a comme objectif d'être un élément important de cette production, comme site de confrontation tout en ayant une ligne propre. Il veut aussi faire partie d'un réseau de sites orientés vers le communisme immédiat et dépassant définitivement la querelle anarcho-marxiste, la querelle spontanéité /avant-garde, dépassant aussi la querelle activisme-attentisme dans la conception de la production de la révolution au travers des luttes de classe et du mouvement du capital vers sa crise.
    Ce débat n'est pas près de finir, ce site est là entre autres fins.

    • > Le Préviseur
      27 décembre 2002   [
      retour au début des forums]

      Une question, en matière de réponse, mais qui s'adresse aussi à Cébé, quand tu écris : "L'angle mort" a comme objectif d'être un élément important de cette production, comme site de confrontation tout en ayant une ligne propre. »

      Quelle est la « ligne propre » de l'Angle mort ?

      C.Ch. 27 décembre 2002

      • > Le Préviseur
        6 janvier 2003, par
        B.Lion   [retour au début des forums]

        Étant donné que ce site, sans, que cela soit un but en soi, prend la relève du projet de revue "communisation" (tout comme la matérielle d'ailleurs) a comme ligne propre celle des éditions"Sénonévero"

      • > Le Préviseur
        12 janvier 2003, par
        Cébé   [retour au début des forums]
        théorie on line

        Tu t'inquietes de "la ligne de l'angle mort" après les propos de Lion et maintenant du débat propre à l'angle mort ?

        Je pourrais avec Lion te répondre que la ligne Senonevero suffit, cependant je ne ferais alors que participer à réduire un débat qui connaît suffisamment l'asphyxie. Par ailleurs si les discussions autour des projets de revue d'il y a deux ans m'ont conduit à mettre en musique l'angle mort du fond de mon fauteuil, la seule relève que j'y reconnais est celle de l'activisme pour ce qui me concerne.

        Dans le microcosme de la théorie de la révolution tu pourrais aussi bien te demander qui écrit les textes publiés mais tu connais les réponses. Alors pourquoi cette question ? pour quel débat talmudique comme on te l'a déja fait remarquer ?

        Il n'y aura pas de débat propre à l'angle mort, abolir le capital est l'objet du débat et la communisation de la société avec.

        A coup sur je ne cherche pas à édifier ni maintenir un ensemble auto- référant et "confidentiel" tel que la Matérielle, mais plutôt à concentrer la production théorique qui vise l'abolition du capital sous une forme accessible et reproductible la plus large possible.

        Cela relève de l'activité théorique au sens restreint et n'affecte pas directement la production théorique au sens large, tout au moins aujourd'hui.

        A te lire

        Cébé

        • Le préviseur
          7 avril 2003, par
          l'idiote   [retour au début des forums]

          Merci, Après deux heures passées sur ce site, je viens, grâce à cet échange, de cerner un peu (à peine) votre orientation. Tout cela m'est encore bien confus, mais j'imagine que ce site ne m'est pas destiné, à moi simple militante marxiste-léniniste, juste capable d'être assez curieuse et désireuse d'approfondir mon expérience et mes confrontations théoriques pour le rencontrer par hasard et y passer deux heures de ma vie. J'entends bien que la recherche théorique ne peut faire l'économie de la précision du lexique et de l'expression, mais en fait, je suis maintenant persuadée que votre théorie n'aura aucune influence sur ma pratique : je n'en vois ni les contours, ni surtout les enjeux (je n'en saisis qu'à grand peine certaines références).

          Peu importe, il me semble bien improbable d'être un jour confrontée politiquement à vous autres.

          • > Le préviseur
            8 avril 2003, par
            stirner   [retour au début des forums]

            a priori les concepts de communisation ne sont pas si éloigné du marxisme, mâis beaucoup du leninisme...on peut trouver chez Angle Mort une analyse de Classe issue du Capital...

          • > Le préviseur
            9 avril 2003   [
            retour au début des forums]

            Si les gestionnaires de ce site n'y voient pas d'obstacles je peux proposer un service de consultants pour militant(e)s marxistes-léninistes :

            Comment créer le grand parti révolutionnaire du prolétariat.

            Comment faire de l'entrisme au PS ou au PC.

            Comment participer à des élections pour dire que le vote ne sert à rien.

            Comment rédiger une chanson au grand Timonier , au petit père des peuples, au prophète désarmé (rayer la mention inutile)

            Comment dire aux travailleurs ce qu'ils doivent faire (sans en avoir l'air)

            Comment devenir le parrain-citoyen d'un sans papier.

            Comment résorber le chômage en favorisant le vrai travail national.

            Comment à coup sûr trouver le fasciste dont on a besoin.

            Comment s'assurer à tout coup la majorité dans une AG.

            Comment organiser un syndicat ...rouge.

            Comment avoir l'air d'avoir lu les oeuvres complètes de Lénine.

            Comment se déguiser en facteur ou en employée du Crédit lyonnais.

            Daredevil

            • > Le préviseur
              10 avril 2003, par
              l'idiote   [retour au début des forums]

              Monsieur DAREDEVIL, Je vous remercie pour votre sollicitude, mais j'avoue que votre réponse ne me satisfait pas complètement. Tout ça, je crois savoir à qui m'adresser pour l'apprendre. C'est justement la raison pour laquelle j'ai trouvé (au départ) un peu d'intérêt à vos pages.

              Mais si vous voulez vraiment m'être utile (je prends note de votre dévouement), il serait préférable que vous m'enseigniez :

              Comment briller en société par des bons mots.

              Comment clouer le bec à qui ne fait pas partie de ma bande en l'écrasant de mépris.

              Comment obtenir l'agrégation de philosophie en ayant l'air de rien.

              Comment en mettre plein la vue en créant de chouettes néologismes. (et en utilisant des sigles sans les développer, ça c'est facile et simple comme moyen de prendre les autres pour des cons - au moins pour les remettre à leur place de non-initiés)

              Comment être sûr qu'on a raison en toutes circonstances (et considérer a priori ceux qui se posent des questions - ou qui n'ont pas tout compris - comme des ennemis)

              Comment édicter des théories déterminantes pour l'avenir de l'humanité (sans en avoir l'air)

              Comment avoir l'air dégagé (je croyais que c'était l'apanage des grand-bourgeois que d'être partout chez eux).

              Comment avoir le dernier mot.

              Voici tout ce que je recherche en vous lisant, mais ma première impression se confirme, je ne fais pas partie des élus, à qui la vérité sera révélée. Tant mieux, ça aurait pu me troubler dans mes doutes.

              • > Le préviseur
                10 avril 2003   [
                retour au début des forums]

                Merci. J'ai été stupide et j'apprends à mes dépends que tout ce que vous me demandez vous le maitrisez parfaitement. A vous lire, j'ai comme l'impression que nous pourrions faire un petit bout de chemin ensemble. Soyons alors sérieux, pourquoi vous qualifiez-vous de marxiste-LENINISTE alors qu'il me semble que votre verve et vos intérêts vous en distinguent.

                Je ne suis moi-même l'auteur d'aucun texte de ce site, je n'ai jamais brigué l'agrégation de philosophie et je n'ai jamais utilisé de sigle ésotérique. Je ne suis nulle part chez moi et je fais le coucou.

                Il est bon de temps à autre de se faire moucher et sincèrement ça fait du bien.

                En espérant conquérir votre sympathie,avec mes plus profonds respects

                Daredevil

                • > Le préviseur
                  26 mai 2003, par
                  stirner   [retour au début des forums]

                  En fait pour Dardevil, il est nescéssaire de se distinguer des trotskistes et des porteurs de cols mao et des agrégés en philosophie... même si le capitalisme d'Etat est une question,il semble impossible de polémiquer "voir l'article sur Dissidence"... je voulais juste dire que j'avais appris par autonomme 'anarchiste ne confondre avec les negristes pour l'autonomie de la classe ouvrière' que les anticitoyens étaient des conseillistes ou des marxistes'non autoritaires' et qu'il y avaient aussi quelques autonommes...

            • > Le préviseur
              23 juillet 2003, par
              djef   [retour au début des forums]

              j'aime daredevil

SPIP est le système de publication développé par le minirézo sous licence GPL Hébergés, hébergeurs, suivez le lien... nous contacter L'@NGLE MORT | PLAN DU SITE | Stats