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Le concile d'Ephèse

samedi 2 novembre 2002, par R.S.


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Ce texte est une réponse à Réflexions désordonnées préliminaires introduisant les textes de la Banquise et de la Guerre sociale dans la livraison des éditions la Bombeuse intitulée A propos de l'après 68, de l'Ultra-gauche et de la communauté humaine (automne 2002)

Le concile d'Ephèse

Les Réflexions désordonnées préliminaires qui introduisent les textes de la Banquise et de la Guerre sociale dans la livraison des éditions la Bombeuse intitulée A propos de l'après 68, de l'Ultra-gauche et de la communauté humaine (automne 2002) offrent un exemple épuré de l'eschatologie révolutionnaire de la tendance à la communauté humaine et corollairement de son incapacité, incluse dans sa problématique, de comprendre les positions de Théorie Communiste.
Partons de quelques affirmations jamais démontrées (parce que cette idéologie évacue la nécessité de l'étude et de la démonstration) ou comme on le verra de façon tautologique (les citations sauf précisions sont extraites des cinq pages de la présentation) :
*" ...le besoin du communisme est invariant à l'espèce humaine "
* " Cette tendance à la communauté caractérise toute l'histoire humaine "
* " Le communisme existe déjà, c'est " l'être ensemble " caractéristique de l'espèce humaine contrecarré en chaque instant par ce monstre créé par l'espèce : le capital . "
* " Je pense que l'émergence du capitalisme, même si elle donne un sens à l'histoire humaine et produit peut-être son propre dépassement (j'espère !), utilise une positivité déjà présente, une forme d'humanité non accomplie, et dévie celle-ci en parachevant son aliénation dans la forme salariale, mais n'arrivant jamais à englober la totalité physique et mentale de l'entité homme, nous dépossédant, mais créant en même temps ce besoin du communisme. "
* " Ce désir (le désir de communauté) est invariant à l'espèce humaine, autrement dit sans ce désir, il n'y a plus d'espèce humaine. "
* " ..., l'aspiration universelle et intemporelle à la communauté humaine. "

Ce sont des articles de foi et nous avons affaire à une pensée religieuse au sens strict à laquelle il ne manque qu'un dogme, celui de la chute, le pêché originel. Cet ultime dogme c'est que cette idéologie peut dire mais qu'elle est incapable de penser parce que c'est radicalement impensable dans l'ordre de la théorie mais seulement de la religion : l'espèce a créé " le monstre ".
Le besoin du communisme est invariant, définitoire même de l'espèce humaine et de cette curieuse chose qu'est l'" entité humaine ", nous pouvons poser à ce premier article du credo une question simple : pourquoi ne vivons nous pas dans le communisme ? Le dogme a une réponse cette essence de l'entité humaine est invariante, mais invariante comme tendance. Est-ce l'invariance qui est tendancielle ou la tendance qui est invariante ? Cela dépend des besoins de la " démonstration ". L'affirmation dogmatique c'est l'invariance, mais de même que les premiers chrétiens ont dû s'arranger avec la non-réalisation immédiate de la Jérusalem universelle, de même il faut s'arranger avec le monde d'ici bas, cette vallée de larmes. Le dogme, disions-nous, a une réponse et c'est une vraie réponse religieuse : cette tendance à la communauté " nous permet d'exprimer le meilleur de nous-mêmes (c'est moi qui souligne) ". Si nous exprimons au travers de cette tendance " le meilleur de nous-mêmes " quelle est la part maudite de nous mêmes ? Notre essence est divine comme depuis la nuit des temps nous le montre tous les évènements théophaniques qui ont parsemé la vie de l'humanité ( des révoltes lors de la construction des pyramides jusqu'à mai 68), mais comme les juifs nous n'avons pas su les reconnaître et sommes restés dans notre aveuglement. Lors de ces évènements la tendance et l'invariance étaient réunis comme le Christ était totalement Homme et totalement Dieu.
Cette " part maudite ", c'est l'ambivalence de notre essence divine, la chute, le pêché originel. Comme au Jardin d'Eden nous avons touché à l'arbre de la connaissance, nous avons utilisé notre invariante essence communiste qui nous habite pour nous asservir nous-mêmes : le capitalisme (mais cela est valable pour tous les modes de production) " utilise une positivité déjà présente, une forme d'humanité non accomplie et dévie celle-ci en parachevant son aliénation ". De même qu'il fallait que notre liberté d'essence divine se réalise, fut-ce contre nous mêmes, de même il fallait que notre humanité soit " déviée " pour qu'elle se parachève. Contrairement à tout ce qui peut être dit sur l'histoire profane, l'histoire divine, quant à elle, a un sens et même un sens que contient son origine dans l'invariante entité humaine.
Reprenons. L'aspiration universelle et intemporelle définit l'Homme, mais premier mystère ce n'est qu'une tendance. Ce qui entraîne le deuxième mystère, celui de la chute (Ecce Homo). Ce qui nous amène au troisième mystère celui de la rédemption. Le capitalisme parachève l'aliènation. Comme nous ne savons pas, autrement qu'au travers du mystère de la chute, pourquoi il y eut " aliénation ", nous sommes amené à penser qu'il n'y eut aliénation que pour pouvoir en sortir, de toute façon l'aliénation est dépossession donc procès d'un sujet unique dont la scission n'est que le processus de son unité. Notre humanité, pourtant si invariante, intemporelle et universelle, n'était qu' "une forme d'humanité non accomplie ", il fallait qu'au travers de la chute elle se donne la forme de son accomplissement. Laissons le nouveau mystère de l'universalité et de l'intemporalité non accomplie dans le temps, d'autant plus que même non accomplie et l'aliénation non parachevée il est " bête " de vouloir " démontrer l'impossibilité du communisme à un moment donné... ". Nous voilà averti l'humanité non achevée a été l'obstacle à la réalisation de la tendance de l'intemporel, mais aurait tout aussi bien pu être le lieu de la réalisation de l'intemporel de la tendance. La tendance procède-t-elle de l'intemporel ou de l'universel ou encore des deux et inversement ? L'intemporel va toujours mieux quand il s'achève, l'aliénation est parachevée, les temps sont accomplis. Mais dans sa liberté absolue, le désir invariant qui pouvait s'accomplir avant même l'accomplissement de l'humanité, pourrait ne pas s'accomplir avec l'humanité accomplie dans le parachèvement de son aliénation. Même si la Terre Promise demeure Promise et si l'attente du Messie remplace le Messie, ce n'est pas en vain que nous aurons errer dans le désert, il nous est possible d'apercevoir à nouveau la lumière, l'aliénation n'était que le dévoiement nécessaire de notre divinité, celle-ci ne s'y est perdue qu'en demeurant elle-même car " le monstre " n'est pas arrivé à étouffer totalement l'étincelle : " à englober la totalité physique et mentale de l'entité homme ". Car " monstre " il y a, il faut bien nommer l'innomable.
Le monstre est un phénomène singulier, un prodige, une chose incroyable, un être dont la conformation diffère de celle des êtres de son espèce. Nous attendrons pour savoir si les patrons comme les Indiens ont une âme, s'ils sont eux aussi des Hommes aspirant à la communauté humaine. Y aurait-il eu et y aurait-il toujours parmis nous des monstres dont la conformation n'est pas identique à celle des autres hommes tendant essentiellement à la communauté, ou alors est-il advenu un prodige, une chose incroyable déviant notre humanité ? Il n'advint rien de tout cela, le monstre est le nom de l'innomable, de l'impensable, il est l'hybris, il a sur son front la marque de la bête : la chimère conceptuelle mi tendance mi invariance.
Mes frères, la tendance à la communauté caractérise toute l'histoire humaine, elle exprime la meilleure part de nous-mêmes, levez votre regard du monde profane où le servage succède à l'eclavage et précède le salariat. A moins qu'un franciscain coupant la parole au dominicain : mes frères, la tendance à la communauté caractérise toute l'histoire humaine, la dure condition que vous endurez n'est que l'existence de cette tendance, il faut qu'elle se parachève sans éteindre la lumière qui est en chacun de nous. Arrive le jésuite hégélien : mes frères, la tendance à la communauté caractérise toute l'histoire humaine, la communauté c'est la société dans laquelle vous vivez, elle est totalement la communauté parce qu'elle est le mouvement qui prépare sa venue. Enfin, le janséniste clôt le débat : " La révolution est plus que jamais au désordre du jour, je parie évidemment sur elle comme beaucoup d'autres, mais je ne me fais pas d'illusion : ce ne sera jamais qu'un pari... " (p. 15)
Pour le croyant la clé du devenir n'a pas à être cherchée, elle est toujours déjà là, c'est le besoin universel et éternel de la communauté humaine toujours là tel qu'en lui-même de toute éternité tout comme son objet, la communauté. Même si les voies de la tendance intemporelle sont impénétrables, Saint Méthode évangélisant les Slaves avec son compère saint Cyrille a dit que c'est pêché d'orgueil que de vouloir en chercher la clé dans le devenir puisqu'elle est dans l'être. Mais les temps se faisant attendre, il a bien fallu que l'entité homme vive de sa vie profane. Aux temps anciens des révoltes d'esclaves, des hérésies et jacqueries médiévales, du millénarisme a succédé l'âge de fer : " le bilan du mouvement communiste contemporain (19eme et 20eme siècles) n'est ni mitigé ni désolant, il est désastreux et catastrophique... ". Nous pouvons nous consoler en abjurant le nestorianisme refusant l'unité christique de l'Homme et de Dieu, de l'ouvrier et de l'invariant intemporel et tendanciel et d'accepter les conclusions du concile d'Ephèse sur l'ouvrier-prolétaire, l'Homme sous les espèces du prolétaire est totalement Dieu et totalement Homme : " Le mouvement communiste a une dimension à la fois classiste et humaine. Il repose sur le rôle central des prolétaires ouvriers sans être un ouvriérisme et va vers une communauté humaine sans être un humanisme. " (la Banquise n°1, cité p. 5). Notons bien la sacralité du " Mouvement Communiste " : il " repose " sur le " rôle " (central) des prolétaires ouvriers mais il ne saurait se confondre avec eux, car " il va " au delà d'eux au travers de leur " rôle central ". Le mouvement communiste n'est centralement ouvrier que dans la mesure où ceux-ci ont un rôle à jouer dans une intrigue qui les dépasse. Nous frolons l'arianisme, les hypostases ne sont ni égales ni confondues, l'Essence divine n'appartient qu'au Mouvement-Communiste-le-Père et l'Ouvrier-le-Fils n'est que sa première créature. Mais à Ephèse les Pères ont tranché : comme rôle des ouvriers le mouvement communiste est totalement profane, comme mouvement communiste le rôle des ouvriers est totalement sacré. Mouvement Communiste-le-Père ne s'identifie pas à la ousia, l'essence suressentielle existant dans ses hypostases, il la communique totalement à Mouvement Communiste-le-Fils. Voilà sauvé le dogme de la consubstantialité, loin de retenir l'essence unique, universelle et intemporelle, M.C.le Père par périchorèse la communique dans un geste d'effacement à M.C-le-Fils, engendrant par là la création et l'histoire. La consubstantialité et la distinction des hypostases constitue toujours un fragile équilibre. M.C-le Père n'a besoin que d'attribuer un rôle à M.C-le-Fils puisque celui n'est pas au coeur de la contradiction qu'est l'exploitation à laquelle l'aliénation est venue se substituer. M.C-le-Père lui donne un rôle parce qu'il en a besoin pour accomplir les grands desseins qu'il porte en lui et qu'un jour il révèlera au monde, il a juste besoin des mains calleuses de M.C-le-Fils parce qu'elles tiennent les moyens de production nécessaires à l'unification de l'humanité, si l'humanité avait été télépathe M.C-le-Père n'aurait pas eu à s'engager dans tous les embarras de la Trinité.
Pour avoir rejeté le sabellianisme (unité de subtance absorbant la distinction des hypostases), le concile est menacé d'anoméisme : prolétaire-ouvrier-le-Fils risque de devenir fondamentalement différent de M.C-le-Père. " Le prolétariat, depuis le début du 19ème, n'aurait que tenté de reprendre en main le monde capitaliste à son profit " (les exégètes attribue ce verset satanique à Théorie Communiste) cela n'est pas entièrement faux dit le concile d'Ephèse. C'est si peu entièrement faux que dans leurs actes les Pères conciliaires répètent la même chose.
" Dans ce contexte (l'après 68, nda), la théorie du communisme se trouve face à un changement de problématique, elle sort complètement des vieux rêves de gestion ouvrière du capital, (...) "
" On remarque que la Guerre Sociale reste sur l'illusion qu'il suffit aux ouvriers de reprendre en main la production pour que le communisme arrrive... (...) La G.S voit là le communisme comme une simple reprise en main de la production sous toutes ses formes (..). " (p.7)
Cela ne pourrait être que des erreurs de théologiens égarés dans l'arianisme et soutenant l'infériorité de M.C-le-Fils par rapport à M.C-le-Père, il n'en est rien : " Sa croyance (de l' Internationale Stuationniste) aux vertus de l'automation, qu'ils nous suffiraient de détourner pour libérer notre vie quotidienne est à l'image d'une époque (finissant avec Mai 68) où le prolétariat peut être (admirable " peut-être ", nda) pour la dernière fois de son histoire, crût (admirable " crût ", id) pouvoir réutiliser et gérer l'héritage capitaliste (usines, machines, ...) à son profit, et bien sûr (admirable " bien sûr ", id) cela n'a pas marché, comme d'habitude. ".
" Pour la dernière fois de son histoire ", " bien sûr ", " comme d'habitude " : n'est-ce pas, comme avait dit le concile : " trop facile et même bête de faire une relecture de l'histoire pour démontrer l'impossibilité du communisme à un moment donné (...) " ? On peut cependant pardonner à l'I.S, à la G.S et même à " l'époque " son arianisme, son hérésie contre le dogme de la consubstantialité par périchorèse. On peut leur pardonner car ils demeurent des croyants en M.C-le-Père. T.C, en revanche, est impardonnable disent les Saints Pères car TC est athée, cette secte ne reconnait pas l'existence de M.C-le-Père (l'entité Homme universelle immuable intemporelle et tendancielle, achevée et non-accomplie, engendrée et non faite) et en conséquence ils ne reconnaissent pas l'ouvrier jeté dans un monde sans Dieu comme étant M.C-le-Fils (même prodigue) auquel M.C-le-Père, en lui donnant le rôle de sa Puissance, fait boire le calice jusqu'à la lie.
Mais, pour le Concile, ce qu'écrivent ces athées est illisible dans le champ de ses croyances, parce que cela ne rentre dans aucune forme de l'objet de sa religion, parce qu'il s'agit de ses interdits. Ce que ces athées disent est hors du visible défini par la croyance. Leurs textes, refoulés hors du champ du lisible, lorsque leur présence fugitive advient dans des circonstances symptomatiques très particulières, sont l'objet d'une bévue, bévue intérieure à la vue des croyants, c'est-à-dire à ce qu'ils peuvent voir. Les athées parlent du rapport d'exploitation entre le prolétariat et le capital, ils disent que ce rapport est une histoire et que la révolution et le communisme sont des produits historiques de l'action du prolétariat à partir de sa situation définie dans ce rapport d'exploitation. Ils ne posent pas comme fondement de leurs analyses le rapport d'amour ou de haine du prolétaire vis-à-vis du travail, ils disent qu'un certain contenu du rapport d'exploitation (subsomption formelle, première phase de la subsomption réelle) fait que l'activité du prolétariat contre le capital pose ou produit la révolution comme libération du travail. Ils ne s'imaginent pas que si les prolétaires veulent libérer leur activité de l'exploitation c'est parce qu'ils l'adorent dans le cadre de l'exploition (et même après), bien au contraire. Libérer le travail de l'exploitation capitaliste, c'est travailler moins, différement, libérer du temps pour les loisirs, le plaisir et la culture. Si les ouvriers avaient été amoureux de leur travail, ils n'auraient jamais en février et juin 48, en 1871 à Paris, en 1921 à Cronstadt fait de la révolution la libération du travail et de la loi de la valeur l'idéal d'une période de transition les sortant de l'exploitation. Si la révolution n'avait pas été la libération du travail ils n'auraient jamais fait au travers des Conseils et des Soviets de leur situation de travailleurs le levier de leur libération comme travailleurs. Il faut l'imagination délirante du croyant pour lire que la libération du travail est un " amour pour l'exploitation capitaliste " et pour ajouter : les prolétaires ne veulent pas libérer le travail, la preuve ils ne veulent jamais travailler plus pour le patron. Mais il faut aussi sa naïve sincérité pour ajouter que ce qu'il a lu (ou qu'il a recopié chez d'autres qui ont " lu " de trop loin et qui critiquent en se gardant bien de citer et que je ne citerai donc pas) ce n'est pas possible qu'il l'ait lu : " Ni TC, ni personne de sérieux (mais on a appris quelques lignes plus haut que ce que dit TC est " bête ", nda) ne peut affirmer que les prolétaires ont été amoureux de leur travail à n'importe quel moment de leur histoire, ce serait suicidaire de l'affirmer. "
Pourquoi le croyant ne sait pas lire ? Sa croyance lui interdit de savoir lire, il est dans un système totalement clos, quand il lit il traduit, et ce n'est pas ce qu'il lit sortant de sa croyance qui est " suicidaire ", mais sa traduction c'est-à-dire sa lecture. Son système religieux bloque tout. Le besoin du communisme invariant-etc à l'espèce humaine-etc ne peut être " libération du travail ", il le sait de toute éternité de la communauté humaine, il ne peut lire que ce fut une forme de la révolution et qu'historiquement c'est ainsi que l'activité du prolétariat a défini le communisme. C'est pour lui un interdit. Il le traduit donc dans son système pour pouvoir dire que ce n'est pas possible et qu'une telle affirmation est suicidaire. La libération du travail ne peut être un attribut de M.C-le-Fils (incarné dans le rôle du prolétaire-ouvrier, surtout pas de l'ouvrier tout court le prolétaire avec son trait d'union est là pour affirmer la périchorèse et la consubstantialité) qui ne serait plus alors le Fils consubstantiel de M.C-le-Père, Alleluia ! En revanche, le fidèle accepte les " désastres " et les " catastrophes ", c'est-à-dire le silence de M.C-le-P., on sait qu'à ce moment là Blaise se livre à des paris stupides, Kyrie eleison ! (trois fois). Il accepte même que l'élan révolutionnaire qui est un attribut du Fils s'éteigne par moments si c'est le prix à payer pour éviter le crime suprême de l'athéisme vis-à-vis de l'entité-etc : " ces prolétaires s'abstenaient autant de bouleverser le monde que de privilégier le travail (..) ", Sophia ! Orthi !
Quand le théologien lit " impossibilité de l'affirmation du travail ", il ne lit pas " impossibilité de l'affirmation du travail ", il lit " impossibilité du communisme ". Là, il est de retour chez lui car il sait qu'il est impossible que le communisme soit impossible, le besoin du communisme étant immanent à l'espèce humaine de toute éternité, il en a fait un article du credo : " Ce désir est invariant à l'espèce humaine, autrement dit, sans ce désir, il n'y a plus d'espèce humaine ", nous savons que, de surcroit, c'est le meilleur de nous-mêmes, Aghios Athanatos ! Pour lui l'impossibilité c'est toujours par rapport à une norme, il est inutile de lui dire que cette " impossibilité " c'est l'époque suivante qui la théorise et qu'elle n'était pas inscrite dans l'époque précédente au dehors (comme une prédestination) de ce que firent les prolétaires et les capitalistes de cette époque. C'est inutile parce que rien ne change, rien n'advient en dehors de ce qui est dans la Puissance du Père, tout ce qui bouge n'est que contingences, poussière, Aghios Iskhiros ! Admettre que l'histoire ne soit pas contingences, c'est refuser l'invariance-etc, ce serait admettre que l'entité-etc est conditionnée, la conditionner c'est la nier, determinatio est negatio. Nous n'avons aucune illusion, le théologien a toujours dans sa manche la " tendance ", ce qui est dans la totalité de son être déjà dans le devenir de celui-ci, on peut lui répondre que l'histoire n'est alors que réalisation. Si le Concile s'est prononcé contre l'impossibilité du communisme à un moment donné c'est parce qu'il est possible tout le temps depuis que Moïse fit grève en construisant les pyramides, ké nin ké aï, ké is tous éonas ton éonon ! Il est possible tout le temps mais il n'est pas inéluctable dit le concile qui là vire anachroniquement au calvinisme. Ni nos oeuvres, ni notre foi ne nous assurent le salut. M.C-le-P. statue dans son libre choix arbitraire puisqu'il est toujours possible, jamais impossible et toujours déjà le même déjà là, Stomen méta fovou !
Symbole de Nicée, Proskhomen ! : " En fait, nous croyons sincèrement qu'il n'y a aucune garantie, aucun déterminisme pré-établie (ou entièrement prévisible), garantissant le dépassement du capitalisme par une communauté humaine. " Malebranche se demandait " pourquoi il pleut sur la mer, les routes et les sablons ", puisque cette eau du ciel qui ailleurs arrose les cultures n'ajoute rien à l'eau de la mer ou se perd dans les routes et les plages. Pouvons-nous être les jouets de la Providence, d'un déterminisme existant mais non entièrement prévisible ? M.C-le-P. s'enferme lui-même dans le dilemme de l'inéluctable et du possible. Pour avoir déterminé une essence de l'homme intemporelle-etc qui est le désir de la communauté humaine-etc, M.C-le-P. est fondamentalement déterministe et inéluctabiliste dans le mesure où le futur n'existe pas réellement, l'histoire est une mauvaise farce radicalement inexplicable faite à cette essence, farce que M.C-le-P. se fait à lui-même par la procession de M.C-le-F. Mais par là même nous vivons dans un éternel présent qui ne " correspond " pas à l'Esprit, la réconciliation de l'essence et du monde est toujours possible parce que toujours là et jamais présente. Cette idéologie révolutionnaire et pneumatique ne peut que refouler sa conclusion logique qui est l'inéluctabilité et sublimer sa frustration dans la beauté de ce qui n'est que possible, Paraskhou Kyrie ! La question de l'inéluctabilité du communisme n'existe que pour les inéluctabilistes, ceux qui assument et ceux qui refoulent. Ceux qui assument savent que l'Esprit est dans l'Histoire et s'y accomplit, il faut attendre. Ceux qui refoulent, vus leurs présupposés, ont beaucoup de mal à dire pourquoi le communisme n'est pas inéluctable et même n'est pas déjà là. En effet : " la dépossession (souligné par nous, s'il y a dépossession il y a mouvement vers la réappropriation de l'être déjà existant qui s'est scindé) que crée ce monde (une petite merveille le concept de " monde ", nda) engendre simultanément (très important le " simultanément ", nda) sa contestation (pour un athée, ce " monde " est incontestable, nda) ". Rien ne nous retient logiquement puisque nous sommes les Hommes dans le meilleur de leur essence (les autres sont des " monstres ") et que simultanément à notre dépossession nous contestons. Si la parousie n'est que possible c'est qu'on nous trompe, on nous mystifie, on nous " loftstoryvise ", il y a bien longtemps que nous n'espérons plus que l'on nous dise qui est ce " on " et pourquoi il existe. Nous avons peur de découvrir qu'il ne s'agit que de nous-mêmes. C'est le Malin qui sait si bien prendre l'allure engageante de Lohanna pour mieux nous perdre.
Proskhomen : " Répétons simplement que le capital ne sera plus reproductible que le jour où nous arrêterons de le reproduire ". Pourquoi ne l'avons nous pas déjà fait ? Nous contestons en même temps que l'on ( ?) nous dépossède, notre essence est le besoin de communauté intemporel-etc, le surgissement du Communisme est, par Substance, l'Indéterminé, l'Inconditionné. Si les temps ne sont pas advenus c'est que le capital, le monstre que nous reproduisons, bien qu'il ne corresponde pas à notre entité-etc, a " l'emprise " sur " nos vies, pensés, comportements ". Mais nous pouvons résister par " notre imaginaire " et " notre culture " C'est donc nous-mêmes qui nous asservissons, nous voilà revenus au mystère premier celui du pêché originel, définitivement mystérieux. Le monstre provoque en nous " cauchemars ", " désillusions " et surtout la perte de la vertu théologale de l'Espérance révolutionnaire. La patristique nous enseigne que l'Espérance théologale a pour objet la fin ultime (le communisme), elle est surnaturelle puisque fondée sur la révélation de notre nature communautaire universelle-etc, elle est libre puisque nous pouvons la perdre momentanément, certaine puisque nous ne pouvons pas la perdre substantiellement. Asservissement ou libération tout dépend de ce qui se passe dans nos têtes. C'est en s'imposant dans nos têtes que le " monstre " se reproduit, quand on a accepté les prémisses d'Invariance, il faut accepter les conclusions.
Que dit l'athée, jeté dans son petit bout d'histoire ? Un cycle de luttes a été défait, une restructuration du rapport d'exploitation a eu lieu, inéluctablement ce cycle de luttes pose son dépassement de façon nouvelle dans laquelle les questions anciennes sont surmontées et dans laquelle des problèmes nouveaux sont à résoudre. Il refuse le dilemme d'un futur inéluctable ou possible parce que le futur c'est ce qu'il est en train de produire dans la seule chose inéluctable : la lutte des classes. Mais l'athée qui n'a pas reçu l'Esprit Saint à la Pentecôte et ne croit donc pas en l'essence intemporelle et à l'invariant besoin de la communauté humaine toujours déjà là depuis la nuit des temps pense la situation dans laquelle il se trouve et dit : " la lutte de classe dans laquelle je suis inéluctablement embarqué c'est la caducité du mode de production capitaliste ". Mais là où l'athée commet son grand crime c'est lorsqu'il ne voit pas plus loin que son cycle de luttes et qu'il ajoute : " mon cycle de luttes porte tel contenu et telle structure de l'affrontement entre le prolétariat et le capital, et pour moi c'est la révolution communiste, parce qu'il m'est rigoureusement impossible d'en envisager d'autres formes et d'autres contenus ". Le pauvre, alors qu'on le soupçonne d'être sur une " autoroute ", il ne parcourt qu'un chemin vicinal d'où il n'a comme horizon qu'un petit bout d'histoire, n'étant ni hegelien ni père conciliaire il s'en contente, il ne peut pas avoir d'autre idée de la révolution que celle de son horizon. Il agit dans la situation déterminée actuelle et il n'a pas choisi d'agir. Il n'avait jamais dit que le communisme était inéluctable, et encore moins que ce n'était qu'un possible parce qu'il soupçonne le possibiliste, bénéficiant de l'évidence écrasante de la reproduction du capital, de n'avoir jamais à démontrer sa thèse. Son sacrilège est d'avoir relié comme développement historique la situation actuelle et la révolution, de penser la révolution de façon profane à partir de la situation actuelle et de dire " voilà dans la situation actuelle ce qui nous mène à la révolution, parce que le communisme est au présent le contenu de la lutte de classe ". Il ne dit pas que le communisme, dans le futur, est inéluctable ou qu'il est possible, il s'en fout.
Parce qu'il ne croit pas en la divine entité parfaite intemporelle et tendancielle et qu'il considère le futur et sa relation à l'actuel comme production historique présente et donc nécessaire (un présent toujours particulier) et non attente eschatologique de la révélation, le concile qui exorcise ses propres conclusions prononce l'anathème : inéluctabiliste ! D'abord, l'athée ne comprend pas ce qu'on lui reproche, " ce n'est pas mon problème " pense-t-il bêtement, mais les Pères l'ont marqué à jamais du sceau de l'infamie et les catéchumènes s'en vont bégayant.

Irini passi




Fragments de la Sainte et divine lithurgie de Saint Jean Chrysostome.

Kyrie eleison : Seigneur ayez pitié
Sophia ! Orthi ! : La Sagesse ! Debout !
Aghios Athanatos : Vous êtes Saint, ô Immortel
Aghios Iskhiros : Vous êtes Saint, ô Fort
Ké nin ké aï, ké is tous eonas ton eonon : Maintenant, toujours et dans les siècles des siècles
Stomen meta fovou : Tenons-nous avec crainte
Proskhomen : Soyons attentifs
Paraskhou Kyrie : Exaucez, Seigneur
Irini passi : Paix à tous



R.S.
Théorie Communiste









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