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Cellatex

samedi 2 novembre 2002, par Louis Martin


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Il y a 2 contribution(s) au forum.

(1/2) 15 juillet 2005, Jacques Goguy 2, rue du Fief de la Croix 79330 St-Varent

(2/2) 3 janvier 2005, jacques.goguy@tiscali.fr





J'avais rédigé, courant octobre, ces remarques à propos de la lutte de Cellatex et des commentaires publiés dans Echanges n° 94. Beaucoup par négligence, un peu par hésitation devant leur intérêt, je ne vous avais pas fait parvenir ces quelques lignes. Ce sont les commentaires supplémentaires du n° 95 qui me décident à vous les envoyer tel quel et à les faire suivre d'un post scriptum sur ce que j'ai trouvé " choquant " dans le n° 95.

Il faudrait comprendre les conflits violents de cet été dans le cadre général des transformations du rapport salarial. Cellatex (Givet) : " D'une certaine façon, c'était encore, même sous forme de vestiges, une structure industrielle du passé avec des travailleurs pas du tout prêts à accepter les faits et méfaits de la récente flexibilité géographique moderne. (...) Tout ceci peut expliquer pourquoi ces travailleurs ont accepté tant de mesures restrictives " (Echanges, n° 94). " Une attitude quasi suicidaire " (d°). " Faire sauter l'usine si personne ne discutait de leurs revendications, soit pour une reprise de l'usine, soit pour de l'argent et des garanties de reclassement beaucoup plus importante que ce qui est accordé par la loi " (d°). " L'usine est occupée mais apparemment hors du contrôle des bureaucraties syndicales (...) Les bureaux furent totalement pillés et tous les ordinateurs disparurent. Le 10 juillet, la situation est hors des contrôles légaux, les menaces visent à contraindre les autorités à discuter. le 13, discussion au ministère du Travail ce qui avait été refusé devient d'un coup acessible. Le 19, les ouvriers acceptent les propositions : une indemnité beaucoup plus égalitaire et importante que ce à quoi donne droit le régime légal des licenciés économiques. On peut dire que les concessions obtenus par les ouvriers de Cellatex sont plus importantes au niveau national que les longs débats syndicaux sur la réforme de l'indemnisation du chômage (d°), que c'est la réponse ouvrière à de telles palabres.
Cependant de là à dire que de telles luttes " brisent tous les cadres de domination des relations de travail " (d°), ou que l'on se trouve " devant l'affirmation brutale du refus de la globalité du capital " ; il faut raison garder. Quand la lutte se fixe comme objectif la continuation de l'activité de l'usine, de contraindre à des discussions, d'obtenir les meilleures conditions de licenciement possibles, il est hasardeux de dire que " tous les cadres de domination des relations de travail furent brisés ". Dans la foulée de Cellatex : à Forgeval, il est question de plus d'argent et de réembauchage (ils n'obtiennent pas plus que les garanties légales) ; Adelshoffen : les ouvriers ne comprennent pas la raison de la fermeture car " l'usine est viable ". La lutte des ouvriers est ce qu'elle est, selon leurs intérêts du moment, les conditions et les rapports de force du moment, en un mot la situation, il est assez vain d'y plaquer toutes ses espérances idéologiques parce que quelques délégués syndicaux furent momentanément mis hors-jeu ou que le conflit aurait révélé " la véritable nature de l'Etat dans un conflit de classe " (d°).
Beaucoup plus intéressante est la considération selon laquelle Cellatex " était l'histoire de ceux qui ne se reconnaissent pas dans les histoires de la révolution Internet, la croissance florissante et le retrécissement des files d'attente de chômeurs " (d°). Pour Cellatex, je pense que parler de conflit " suicidaire ", c'est se refuser de voir dans une lutte ce qui n'y est pas : " du passé faisons table rase, telle aurait pu être la devise, involontaire, des prolétaires de Cellatex " (d°) ; malheureusement, c'est le capital qui faisait table rase de leur passé, et les prolétaires de Cellatex n'avaient aucun avenir dans la situation présente du rapport de force entre les classes, parce que précisément ce rapport de force c'est celui que met en forme les " palabres " du PARE. Et toute leur lutte s'inscrivait dans les limites de ce rapport de force et de cette situation : obtenir le meilleur plan social possible. C'est la lutte de classe, sans fioriture idéologique et il ne s'agit pas de le regretter sans en avoir l'air. Le prolétaire sait qu'il n'est, pour le capital, que le support d'une marchandise : sa force de travail. Il sait que dès que le capital n'a plus besoin pour se valoriser de la valeur d'usage de sa force de travail, il n'est plus rien. Est-ce que la conscience de cela est imédiatement une situation révolutionnaire comme le laisse entendre les formules utilisées dans le texte d'Echanges (si les mots ont encore un sens) ?
La lutte de Cellatex et celles qui suivirent n'ont pas un sens caché, ce ne sont pas des faits qui " refusent de révéler en clair ce que parfois ils ne contiennent pas directement, mais expriment néanmoins lorsqu'on les replace dans le contexte plus global de résistance au capital dans le monde d'aujourd'hui ". Formule emberlificotée pour dire que si " les faits - tels qu'ils se déroulent - multiformes de la lutte de classe ont la tête dure ", il faut les contourner pour tout de même leur donner le sens qu'on voudrait qu'ils aient et qu'ils ne " contiennent pas directement ". Echanges tombe dans le travers qu'elle dénonce chez tout le monde. Dire que la lutte de Cellatex était " suicidaire ", ce n'est en aucune façon " regarder par le petit bout de la lorgnette ", ou lui enlever toute son importance. Elle est, avec d'autres, un moment très important de ce conflit qui oppose le prolétariat aux nouvelles modalités de l'exploitation, mais, ici, le conflit ne se situait pas à l'intérieur de ces nouvelles modalités mais contre leur installation, c'est en cela que la lutte ne pouvait que demeurer isolée et prendre cet aspect " suicidaire ". " Suicidaire " également, parce que les formes autonomes de la lutte de classe ne sont plus de mise, ayant jeté leurs derniers feux avec les coordinations des années 80 (et encore). La lutte de Cellatex ne fut pas une lutte autonome (à moins d'employer le terme comme synonime d'absence d'encadrement officiel). Elle déborda l'encadrement syndical pour pouvoir affirmer que le prolétariat n'est rien sans le capital, la force de cette lutte fut dans cette affirmation qui ne contient pas l'autonomie du prolétariat mais sa négation. C'est là l'importance de cette lutte.
Le " contre-feux " à de telles luttes ne se trouvent pas dans le " contrôle plus efficace des produits dangereux pouvant servir à l'occasion " ou dans la mise en place de " fusibles d'intervention syndicaux, politiques ou administratifs ", même si cela se fera, mais plus fondamentalement dans des modalités d'utilisation de la force de travail déjà largement mise en place par le capital et que le PARE vient seulement formaliser. Plus qu'au " contrôle des produits dangereux ", c'est sans doute à cela que pensait " le baron du Medef ".
Dans la forme Cellatex peut faire école (la violence est une vieille histoire dans la lutte de classe), mais aussi dans le fond. La dynamique profonde, à l'oeuvre dans ce type de luttes, réside en ce que le prolétariat n'est rien en soi, mais un rien plein de rapports sociaux qui font que, contre le capital, le prolétariat n'a d'autres perspectives que sa disparition.

Octobre 2OOO

J'ai vu dans le n° 95 une sorte de rectification du tir. On peut rectifier des positions, il n'y a rien là de déshonnorant, si ce n'est pour ceux qui pensent avoir toujours raison et détenir la clé de la lutte des classes. Ce n'est pas votre cas, c'est pour cela que cette rectification, pour conserver la posture de celui qui a toujours raison, m'a, je le reconnais, un peu choqué.
" ...l'idée que la seule issue, face à un monde non seulement étranger mais ennemi, était de faire table rase de tout ce qu'on niait ainsi de toutes les réalisations de leur vie ". D'accord, mais n'est-ce pas là la définition d'une action suicidaire, au vrai sens du terme. Dans le n° précédent la " table rase " s'appliquait au passé, c'est-à-dire, dans l'analyse d'alors " tous les cadres de domination du capital " ; c'est tout de même pas la même chose.
Ce qui, quelques lignes plus loin, ne vous empêche pas d'écrire : " ...c'était, au plus profond d'eux-mêmes, sans qu'ils l'expriment ainsi (souligné par moi), le rejet total de leur condition de prolétaire. ". Il me semble que vous tombez, à nouveau, dans le travers que vous dénoncez (avec raison) systématiquement chez les autres. On est ici dans les mêmes contradictions que celles de la phrase emberlificotée relevée précédemment. Mais voilà que, à nouveau quelques lignes plus loin, ces ouvriers qui rejettent, il est vrai sans le dire, leur condition de prolétaire, ne " mettent guère leur menace à exécution (ou si peu) " et ne cherchent qu'une chose " que l'on s'intéresse à eux ". Vous reconnaissez alors (de façon un peu embarrassée) que s'exerce bien ici un chantage, peut-être même " un coup de pouce réformiste ", mais " il n'en reste pas moins que ces méthodes de luttes ponctuelles et / ou récurrentes apparaissent comme une constante d'une violence sociale de classe... ". D'accord, mais vous ne répondez pas à la question posée par la remarque précédente, le " réformisme ", à sa façon, peut également être violent. De toute façon, se poser la question du " réformisme " de la lutte de classe n'a aucun sens, autant reprocher à un ouvrier d'être un ouvrier.
Comment pouvez-vous, aprés de telles considérations, écrire : " on ne peut plaquer sur elles (les luttes) aucune conscience " (ce qui est exact car ce n'est pas la peine) et à la page suivante " nous n'en tirons donc aucune conclusion ou jugement. ". Vous reprochez à la CNT (Vignolles), entre autres " oppositions organisées " critiquées, de se présenter comme " porteuses de ce qui - d'après eux - animait ces prolétaires ". C'est ce que vous n'avez pas arrêté de faire : sans qu'il l'exprime vous savez, vous, " ce qu'il y a au plus profond (souligné par moi) " de chaque ouvrier de Cellatex. En fait ce qui différencie votre analyse de celles de tous ces groupes que vous critiquez, c'est que, avec raison, vous n'avez rien à proposer, ni une meilleure forme de lutte, ni une organisation syndicale à renforcer ou un parti à construire, ni un plus de conscience à apporter. Le problème c'est que vous plaquez directement sur cette lutte vos propres présupposés théoriques. Ce qui vous contraint à certaines acrobaties, mal maîtrisés par la dialectique, entre ces prolétaires qui " brisent tous les cadres du capitalisme " et simultanément " fidèles suiveurs des syndicats traditionnels... ". Après les déclarations enflammées du 94, vous écrivez tranquillement, dans le 95 : " ...l'article d'Echanges développait simplement (souligné par moi) l'idée que ces luttes marquent une évolution dans les rapports de classes en France... et expriment des tendances que l'on doit relier au développement de courants autonomes et à l'affaiblissement des médiations politiques et syndicales depuis vingt ans ".
Les prolétaires de Cellatex n'ont pas " brisé tous les cadres du capitalisme ", ils ont lutté, dans leur situation, avec leurs armes, selon leurs possibilités et l'actualité du rapport social capitaliste qui les définit comme prolétaires. Vous le dites, mais vous avez un tel besoin de vous démarquer de tous les groupuscules et syndicaluscules et de montrer leur impuissance et leur inutilité (parce que vous avez des bases théoriques communes - ce n'est pas le lieu de développer), que c'est à leur insu que vous déclarez les prolétaires révolutionnaires.

Décembre 2000



Louis Martin
Auteur du Journal d'un Gréviste paru en 1996









> Cellatex
3 janvier 2005, par jacques.goguy@tiscali.fr   [retour au début des forums]
Je connais la raison de ces fermetures d'usines

Mon affaire est lier à Cellatex Adelshoffen et d'autres usines si vous êtes intéressé, j'ai des informations concernant ces dossiers amicalement jacques goguy 2, rue du Fief de la Croix 79330 St-Varent

  • > Cellatex
    15 juillet 2005, par
    Jacques Goguy 2, rue du Fief de la Croix 79330 St-Varent   [retour au début des forums]
    Les Cellatex aussi

    Les cœurs des fondeurs de Courcelles les Lens : De ma complainte naïve, je vous écris ces quelques lignes. Oh ! Funeste destin que fut le votre ! A vous mes frères de misère. Mon cœur est avec vous ! Votre galère c'est la mienne. A la mémoire de vos père. A vous les fils qui avez hérité du mépris. D'une société perverse et corrompue. Si ma plume saigne sur cette page, c'est de honte et de dégout. Mes songes quelquefois, me rendent une grande douleur. J'avais une famille, et pourtant je l'oublie. J'avais un fils que je croyais honnête. Celui que j'ai nourri a vendu son âme. Ce fils sans remords, ni conscience. S'est attablé au banquet de la violence. Cet imposteur a usurpé la fortune de mon père Pour votre malheur ! D'un fils facile à séduire. L'abondance de gain, lui a donné le loisir de nuire. Ebloui, par une fortune arrogante. En vue d'une pompe insolente. L'ardeur de s'enrichir, ce qui n'est que fard, erreur, et tromperie. Toute cette escroquerie, n'est que le résultat d'une basse flatterie. Le vice sombre de sa convoitise, quand parait le jour. L'obscur complot qu'il déguise. Avec la complicité de politiques trempés dans cette affaire. Oh ! Dirigeants pervers, aveugles et trompeurs ! De notre pays de cocagne, vous en avez fait une ruine. Courtisants maléfiques. Vous bafouéz les lois de la république. Ma sagacité repeint cette usine. Avec amertume et regret. Son paysage de vie et de prospérité. N'est plus que néant, et nostalgie. Tout est silencieux, et sans vie. Du haut de cette colline qui dominait l'usine. Oh ! Monde tortueux et pervers. A tous les hommes grands, et petits. Quand le jour funeste arrivera, songer à vos âmes. Elle est à l'image de votre vie ! Ma soif de justice, me console, et me soutien. De jacques Goguy un homme en colère qui réclame justice, dans une république bananière. Pour plus d'informations sur Internet avec google faire -goguy-tabourier notaire-suire flic-tribunal de bressuire et d'autres… a diffuser sans modération amitié jacques goguy

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