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Chronique de la restructuration du mode de production capitaliste

samedi 2 novembre 2002, par Louis Martin


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(1/1) 15 avril 2005, morice





L'exploitation de la force de travail : une chronique de la restructuration

ou alors :à propos du PARE et de l'exploitation de la force de travail

1 ) Le PARE : naissance d'une organisation de l'emploi, dans un rapport d'exploitation restructuré, après les mesures de crise dans la montée du chômage de masse dans les anées 80 et 90 .

* Faire de la flexibilité un système général organisé : deux sortes de flexibilité, externe et interne. La première : ajuster ses effectifs à la demande par le recours au travail temporaire, aux contrats à durée déterminée ou enbcore à la sous-traitance. La seconde plus complexe, repose sur l'aménagement du temps de travail. " Chaque système capitaliste génère son propre système de flexibilité sous la pression de l'internationalisation des marchés ".
Le modèle néerlandais est fondé sur la gestion du temps partiel (plus d'un actif sur trois) et sur la modération salariale. le modèle japonais sur la flexibilité interne à travers le reclassement des sureffectifs au sein du groupe ou de ses sous-traitants. La France a choisi de réguler ses besoins en effectifs à l'entrée et à la sortie du marché du travail.
Par l'intermédiaire des CDD et autres statuts précaires, les patrons français ont rejeté sur les jeunes, les femmes et les travailleurs âgés la flexibilité dont le système a besoin, protégeant ainsi cahin-caha, le noyau central d ela population dont on voit que le taus de chômage est en fait très proche des niveaux correspondants aux Etats-Unis. Le taux d'activité des personnes de plus de cinquante ans est passé de 65,5% en 1970 à 27,1% en 1996. Alors qu'il existe un accord implicite de la part des partenaires sociaux et de l'Etat sur ce mode de régulation à l'entrée et à la sortie du marché du travail, les politiques de lutte contre le chômage s'adaptent à en corriger les excès. On distribue des aides pour modifier les " files d'attente ", visant tantôt en priorité les jeunes (c'est le cas des emplois Aubry qui ont l'avantage d'être payés au moins au SMIC), tantôt les chômeurs de longue durée. Mais les tentatives de négocier, au niveau national, des embauches contre une réduction et un aménagement du temps de travail ne suscitent pas l'enthousiasme. L'accord du 31 octobre 1995 visait à établir un lien entre réduction du temps de travail et annualisation. Mais les fédérations professionnelles ne se sont pas ruées sur l'occasion. Sur les 128 branches de plus de 10 000 salariés, 31 seulement ont conclu un accord. Au bout du compte, la plupart des petites et moyennes entreprises françaises font de l'annualisation et de la modulation des horaires sans le dire, mais il s'agit davantage de bricolage que d'organisation fondée sur une réflexion stratégique. Les astuces ne manquent pas, mais tout cela se passe, au mieux, dans un cadre dérogatoire prévu par la loi. Cette inertie va à contre-courant des besoins des entreprises sur le terrain, des accords d'entreprise se développent de plus en plus, l'opposition au 35 heures ne fait pas l'unanimité du patronat. A défaut de parvenir à des compromis au niveau national, les accords dérogatoires dans l'entreprise finissent par devenir la règle. (18 11 97).
* Faire de la flexibilité un système général, c'est, en France, modifier aussi toute la politique salariale. La détérioration de la situation des travailleurs peu qualifiés touchent tous les pays de l'OCDE. Mais en France le phénomène est plus profond que dans les pays de niveau de développement comparable. En 1989, 27% des Français entre 25 et 64 ans peu qualifiés n'étaient pas recensés come ayant un emploi, en 1994, cette proportion est pasé à 38%. Cette dégradation est le coût payé pour une stabilité relative de l'écart entre hauts et bas salaires en France. Mais en comparant la France aux pays à écart croissant entre hauts et bas salaires, on ne compare pas ce qui est comparable. On ignore la baisse du revenu de ceux qui perdent leur emploi en France (mais qui ne l'auraient conservé dans un pays plus flexible comme la Grande-Bretagne), alors que l'on tient compte de la baisse du salaire de ceux qui continuent d'être employés dans un pays flexible (mais qui auraient été mis au chômage en France) ; Reste la question de la cause générale de cette dégradation globale. Les importations des pays pauvres n'ont qu'une incidence modeste sur les emplois peu qualifiés des neuf pays les plus riches de l'OCDE. La réponse est dans le progrès technique qui détériore la situation du travail peu qualifié dans tous les secteurs à la fois. (Ce profeseur considère comme allant de soi que le progrès technique - en tant que tel - détériore la situation des travailleurs peu qualifiés).
Le progrès technique on s'y adapte par la flexibilité de chaque travailleur, cette flexibilté, pour ne pas être synonime de baisse des salaires doit s'accompagner de l'acquisition de nouvelles compétences. La flexibilité de l'économie française s'est, certes, acrue depuis quelques années. mais elle est introduite avec de telles réticences et de telles résistances qu'elle en devient très coûteuse en distorsions et inégalités. Elle repose très largement sur les jeunes générations et ceux qui entrent pour la première fois sur le marché du travail. Reposant surtout sur le renouvellement des générations, la flexibilité française est lente à se propager. Du coup, elle a du mal à tenir compte des compétences des jeunes générations : il y a une baisse constante des salaires (de 1% à 2% par an)pour des jeunes de plus en plus qualifiés. Ce dernier aspect est dévastateur.
La France a un urgent besoin de mise à plat. L'apparente stabilité des disparités salariales est un leurre qui cache des inégalités croissantes dans la répartition des efforts et des privilèges entre générations. Il y a un lien entre salaire minimum et emploi, une hausse du SMIC réduit l'emploi. " Quand laissera-t-on le marché du travail agir comme un vrai marché sans intervenir sur les salaires ou les embauches ". (2 9 97).

* L'application renforcée de la " préférence nationale " (défendue par le président d'IG Metall) se heurte à des difficultés considérables : pour transférer à des Allemands le million d'emplois supposé, il faudrait priver de travail des milliers de personnes déjà salariés depuis un certain temps en Allemagne. Des efforts commencent à être faits en ce sens. L'agence fédérale pour l'emploi peut désormais priver les chômeurs allemands de leurs allocations s'ils refusent d'occuper tel ou tel poste qu'ils estiment dégradant et qui sont souvent occupés par des étrangers. (1 4 97). (le travail obligatoire).

* Etats-unis, l'aide sociale se mérite. entrée en application le 1er janvier 1997, la réforme du Welfare répondait à une nécessité sociale et politique. Son objectif est triple : elle vise à simplifier le principe de l'aide sociale en remplaçant de nmbreux programmes par une allocation unique. Elle tend à optimiser les coûts en suprimant des programmes. Elle cherche enfin à " moraliser " le principe d ela solidarité : place à la famille traditionnelle et aux citoyens américains et haro sur les adolescentes enceintes et les immigrants ; La loi transfère aux Etats la responsabilité de définir le contenu des diverses allocations. Elle institue enfin le principe d ela conditionnalité, ce qui signifie que toute personne bénéficiant d'une aide sociale devra le mériter. Celle-ci n'est plus un droit, elle doit avoir une contrepartie : son bénéficiaire devra exercer une activité salariée, effectuer une tâche d'intérêt général, ou recevoir une formation. Tout adulte dont la famille perçoit une aide devra, dans les deux mois, effectuer un travail d'intérêt général. Le principe d'universalité et d'automaticité du versement de l'aide sociale est ainsi supprimée. Chaque Etat est libre de distribuer à sa guise le montant de l'enveloppe qu'il percevra du gouvernement fédéral. Avec cette condition : en 2002, les Etats doivent être en mesure de prouver qu'environ 50% de leur " clientèle " du Welfare est au travail. Sinon, ils perdront une portion non négligeable de la dotation fédérale. Entre janvier 1993 et novembre 1996, 2,5 millions de bénéficiaires du welfare ont été rayés des registres. En supposant que les deux tiers des bénéficiaires d'aides sociales trouvent du travail et que les Etats maintiennent leur niveau de financement, ce sont, avec la nouvelle loi, 2,6 millions de personnes qui vont tomber en dessous du seuil de pauvreté (32,4 millions d'Américains, soit 13,5% de la population entrent déjà dans cette catégorie). On imagine aisément les conséquences d'un brusque ralentissement de la croissance économique. Le test du succès de la réforme est donc moins dans la réduction du nombre d'abonnés de l'aide sociale (le principe de la conditionnalité à un effet dissuasif) que dans la capacité de l'économie à leur fournir des emplois permanents. De quels emplois s'agit-il ? De nombreuses entreprises ont répondu à cet effort de solidarité nationale en mettant en place des programmes dits welfare-to-work. (13 5 97).

* La formation en alternance, les dispositifs ont été empilés sans jamais construire un véritable processus de qualification. le 26 octobre 1983, les partenaires sociaux signent un accord sur la formation en alternance. pour le patronat, faire de la formation un investissement. Pour les syndicats, montée du chômage oblige, ils acceptent de reconnaître à l'entreprise un rôle dans la formation et l'insertion profesionnelle des 16-25 ans. L'accord prévoit trois types de conventions : un stage de qualification en entreprise (contrat de travail combiné à une formation pour au moins 25% de la durée totale du contrat) ; un stage d'adaptation à l'emploi (contrat de travail avec une rémunération égale à 80% du minimum fixé pa la convention collective) ; enfin, les SIVP (aucun contrat de travail mais une pratique dans l'entreprise pour un durée de trois à six mois. L'acord est présenté comme une rupture avec ce qui se pratiquait auparavant : prendre les choses du oint de vue " qualitatif " de la formation. Auparavant, la politique en direction d e " l'insertion des jeunes " s'était organisée entre 1977 et 1981 autour de trois " pactes pour l'emploi des jeunes " basés sur des exonérations de cotisations patronales. En 1986, le gouvernement lance son " plan d'urgence " pour les jeunes ; depuis 1983, les dispositifs n'ont guère eu les effets qualitatifs annoncés. Renouant avec la logique incitative des plans conjoncturels des années 70, le " plan d'urgence " greffe le levier des exonérations de cotisations sociales à la mécanique initiée en 1983. Stimulée, la logique des chiffres bat son plein. Dès 1987, l'ensemble des mesures d'alternance touchent 255 000 bénéficiaires (473 000 avec l'apprentissage tout juste rénové). Il s'agit plus d'un promotion de l'emploi des jeunes - en agissant sur le coût du travail - que du choix à plus long terme de " construire des formations qualifiantes. En 1992, le dispositif des SIVP est abandonné, " ce dispositif était uniquement destiné à fournir aux entreprises une main-d'oeuvre à bon marché ". tous les dispositif relèvent d'un mélange permanent entre les logiques de qualification, d'insertion et d'abaissement des coûts. (" Alternatives économiques " 14 5 97) ;
Faut-il rappeler que les partenaires sociux allemands cogèrent la formation professionnelle depuis la fin des années 60, alors que leurs homologues français n'ont engagé cette démarche qu'en 1983. Les apprentis sont payés un tiers du salaire ; la logique de l'apprentissage est indissociable du fonctionnement du marché du travail et assure les flux d'embauche.

* Les plans sociaux. Les trois quart des licenciements économiques sont prononcés sans plan social, dans des entreprises de moins de 50 salariés qui se séparent de moins de dix salariés. En revanche, dans les grandes entreprises comme Renault, Peugeot ou le Crédit Lyonnais, les supressions d'emplois débouchent rarement sur le chôage grâce aux préretraites, aux temps partiel ou aux aides au reclassement. La réforme des plans sociaux lancée par Martine Aubry en 1997 implique que l'inspecteur du travail n'a plus à se prononcer sur la justification économique des suppresions d'emplois, mais seulement sur l'équilibre des mesures sociales mises en oeuvre.

* Grande-Bretagne, réforme de l'Etat-providence. Remettre au travail ceux qui sont à la charge de la société. Projet très proche des conceptions américaines. Ce programme, basé sur la discipline, la responsabilité et le refus de " toutes exigences irresponsables ", sera accompagné d'une baisse des impôts sur le revenu de 10% pour les plus pauvres et du rétablissement du salaire minimum, afin de rendre le retour au travail plus attrayant financièrement que l'allocation chômage ou le RMI. Gare donc à ceux qui voudront abuser du système. (1 10 97) ; très proche des dernières mesures prises par Fabius, promouvoir la croissance du taux d'emploi, plus que réduire le taux de chômage.

* L'illusion du plein emploi en Grande-Bretagne. La relative faiblesse du taux de chômage britannique (5,5%) tient à la diminution du taux d'activité des travailleurs d'âge actif, surtout des hommes ; L'idée d'un chômage maqué est corroborée par l'explosion du nombre des bénéficiaires des prestations d'invalidité permanente (2,5 millions en 1995). Pour avoir une idée plus juste du chômage britannique, il faudrait donc mesurer la population active au sens large, en incluant par exemple les gens qui ne recherchent plus d'emploi, ou ceux qui travaillent à temps partiel.

* La relation entre RMI / assurance-chômage / précarité (le rapport Belorgey) : aux origines du dysfonctionnement du RMI se trouvent les transformations du travail qui ont ébranlé fortement notre système de protection sociale assis sur la stabilité de l'emploi du travailleur et de sa famille ; le durcissement des conditions d'entrée à l'indemnisation du chômage fait jouer au RMI un rôle d'indemnisation couvrant les jeunes adultes en attente d'un premier emploi, ou pour les chômeurs ayant épuisé leurs droits ou ayant occupé des emplois de trop courte durée. Le RMI " dernier filet de sécurité " dérive vers une couverture chômage particulière. Face à la monté de l'intérim, le rapport propose la création d'un " droit de la mise à disposition ", assurant aux intérimaires des droits équivalents à ceux des salariés de l'entreprise qui les utilise. Au dévelopement des temps partiels et des contrats à durée déterminée, le groupe de concertation répond par " la mutualisation de l'emploi au sein de groupements d'employeurs ". Les auteurs plaident également pour une meilleure protection des passages fréquents par le chômage. Ils préconisent également d'étendre à tous les minima sociaux le système d'intéressement qui permet aux allocataires du RMI de reprendre un emploi. (fin fev 00). Les modalités de l'emploi font système mais les " superstructures " institutionnelles et juridiques craquent et sont totalement inadaptées quand on passe de mesures de crise, prises sur la base de l'ancien sytème d'emploi, à une situation où les éléments, apparus dans la crise, ne peuvent plus être saisis comme la crise de l'ancien, l'ancien faisant référence, mais comme nouvelle structuration du rapport salarial. Il s'agit de réorganiser tout le système d'emploi / mobilité / formation / chômage. Le rapport attaque le paritarisme : " C'est à l'Etat via sa représentation nationale de définir les objectifs politiques généraux de l'indemnisation du chômage, les partenaires sociaux étant les gestionnaires du régime en tant que service public délégué " ; La menace d'une nationalisation du régime d'assurance-chômage.

* Première séance de négociations, vendredi 17 mars 99, sur l'Unedic. Pour le Medef, plus d'indemnisations " à l'aveugle " ; lier étroitement recherche effective d'emploi, indemnisation et formation, redéfinir les droits et les devoirs des bénéficiaires d'allocations considérés come des " clients ". Michel Jalmain (CFDT) : " des pistes intéressantes ".Jacqueline Lazare (CGT) : " C'est toute l'architecture du contrat de travail salarié en France qui risque d'être affectée. C'est suffisament important pour que l'Etat soit partie prenante. Il faut un débat public ". (19 3 99).

* Cagnotte de l'Unedic. Pour les syndicats : amélioration de la couverture d'indemnisation (seulement 40ù des chômeurs sont couverts), la CFDT propose de conserver les 4 mois d'activité mais sur une période plus longue (actuellement 8 mois). Pour le Medef, il faut lier le problème de l'indemnité au retour à l'emploi (en 92, la CFDT avait accepté la dégressivité en disant que c'était une façon d'inciter au retour à l'emploi). Le patronat expose un paquet global : le CARE (contrat d'aide au retour à l'emploi), présenté le 17 mars aux partenaires sociaux : personnaliser le rapport entre le demandeur d'emploi et le régime d'assurances-chômage. Ce dernier s'engagerait, après un bilan de compétences, à proposer un emploi ou une formation à ses allocataires, qui pourraient perdre leurs indemnités après plusieurs refus. De fait le Medef encourage une intervenytion plus active d el'Unedic sur l'emploi et souscrit ainsi, de manière plutôt astucieuse, à une vieille revendication d ela CFTC et de la CFDT. Pour AC ! (Claire Villiers) : " Dans le schéma évoqué, l'ANPE, qui relève du service public, risque de paser sous la tutelle de l'unedic, organisme paritaire où le Medef peut imposer ses vues. cela signifierait que le patronat prendrait le contrôle du placement des chômeurs et pourrait imposer l'adaptation de la main-d'oeuvre à ses propres conditions. ". Jusqu'au 30 juin pour trouver un terrain d'entente. (5 4 00).

* Le Care : la substitution d'un traitement économique du chômage à un traitement social jusqu'ici en vigueur. La perspective du " plein-emploi ", loin de le gêner, l'y aide. Aujourd'hui, la vieille marotte du Medef qu'est la mise en place d'un système plus incitatif et plus contraignant à la recherche d'emploi à plus de chance d'être " vendable ". En finir avec la norme du CDI en proposant un contrat à durée indéterminée... à durée maximum de cinq ans. pour les syndicats, il faut trouver un compromis car il faut maintenir le Medef dans le jeu, sinon c'est le paritarisme qui s'effondre, et ne pas se faire subtiliser les excédents par l'Etat (cf. le rapport Belorgey). (5 4 00).

* Nouvelle réunion " refondation soc ", mardi 4 avril. Chaque demandeur d'emploi se verrait proposer un contrat individualisé. " Nous financerons à votre intention un inventaire de l'ensemble de vos aptitudes professionnelles et de vos compétences " comparées ensuite " aux offres du marché du travail ". " Nous vous proposerons, dans la période qui suivra la signature du contrat, soit une ou plusieurs offres d'emploi (...), soit une formation. " Une allocation vous sera versée dès la signature du contrat de retour à l'emploi, sous réserve que vous respectiez vos engagements ". Le refus d'offres d'emploi adaptées aux compétences du chômeur et " rétribuées au salaire normalement pratiqué dans la profession ou la région " aurait " des conséquences sur les modalités de l'indemnisation, qui devront être revues ". Sauf la CGT, les syndicats se sont montrés intéressés. Certains au gouvernement sont sur la même ligne : " apporter une valeur ajoutée à l'indemnisation " (Michel Jalmain, CFDT) ( 6 4 00).

* Rapport du CAE ( Conseil d'analyse économique, organisme Matignon) : " Les variables institutionnelles (structure du marché du travail, réglementation, négociations salariales, salaires minimum, qualifications...), lorsqu'elles sont considérées isolément, n'apparaissent pas jouer un rôle déterminant sur l'évolution du chômage ". " Rien ne permet d'associer, au sein de l'Europe occidentale, des niveaux élevés de flexibiité des marchés du travail à des performances élevées en matière de création d'emplois ou de recul du chômage ". MM Fitoussi et Passet invoquent la politique macroéconomique : un " policy mix " plus expansionniste et, notamment, des conditions monétaires plus souples. Malinvaud n'est pas d'accord. Position de Fitoussi intéressante car elle permet de dépasser une simple position quantitative et de saisir les modifications du rapport salarial non comme la simple progression quantitative de l'exploitation, mais comme une rupture qui répond à une nécessité d'accroitre l'exploitation mais pas seulement, de modifier le rapport d'exploitation pour l'accroitre. (1 6 00)

* Mercredi 14 juin, protocole d'accord sur le PARE (qui remplace le CARE). Plus que trois syndicats (CFDT, CGC, CFTC). Le Medef a accepté la suppresion de la dégressivité des aloocations chômage pour les nouveaux chômeurs à compter du 1er janvier 2001 (sous réserve de l'équilibre financier d el'Unedic). Obligation pour le chômeur de se soumettre à un parcours de réinsertion et régime de sanction. Les dispositions, y compris les nouveaux contrats, forment un tout indissociable. La durée d'affiliation nécesaire passe à quatre mois dans les quatorze derniers mois, au lieu de 8 actuellement. Baisse importante de cotisation pour le Medef (les employeurs récupèrent entre 36 et 42 milliards sur 3 ans ; les salariés entre 25 et 30 milliards ; CGT et FO pourraient être exclues des conseils d'administration des Assedic et donc de toute la gestion du nouveau système d'indemnisation.
" Nous sommes infiniment tristes. Le système d'indemnisation des chômeurs a vécu. Nous sommes passés à un système d'organisation de l'emploi " (Claude Jenet, FO)
Le contrat individuel remplace l'asurance collective.
Le demandeur d'emploi devra se présenter à l'examen des capacités professionnelles ou à tout autre action d'évaluation éventuellement demandée.
Suspension au 2ème refus, suppresion au 3ème.
Historique de l'assurance-chômage depuis la fondation d el'Unedic en 1958. On voit nettement le pasage progresif d'un système dans lequel le rapport travail / chômage est considéré comme exclusif et accidentel, extérieur à l'emploi à une relation interne entre le chômage et l'emploi. Histoire de la séparation entre l'indemnisation et l'assistance, évolution des déficit ; jusqu'à l'aboutissement du Pare qui n'est plus un système d'indemnisation du chômage, mais une organisation de l'emploi sur une nouvelle base intégrant le chômage comme une de ses déterminations. (15 6 00).

* Le défi du retour à l'emploi, qui suppose une croissance forte, constitue un pari contraignant pour les entreprises et les branches professionnelles. Il ne suffit pas de prévoir la suppression des allocations pour qui refuserait quatre emplois ; encore faut-il être capable de présenter autant d'offres (Alain Lebaube oublie que la situation est prévue et qu'elle entraîne l'obligation d'accepter n'importe quoi, par rapport aux " compétences " et au niveau de salaire équivalent aux indemnités ; n'empêche que la remarque de départ est parfaitement justifiée si l'on reconnaît que cette croissance inclut une restructuration du rapport salarial). Quant à la question des sanctions, une loi de 1992 de Martine Aubry en accorde déjà la possibilité, il est difficile d'imaginer que cette arme ne reste pas entre les mains de L'ANPE. (27 6 00).

* Le refus, " sans motif légitime ", d'un chômeur de s'engager dans le projet d'action personnalisé, de se présenter à un entretien d'évaluation, ou de suivre " avec asiduité " une formation provoquera la suspension du versement des allocations. De même, le refus d'une embauche entrainera la première fois une lettre de rappel, puis une réduction de 20% des allocations, enfin leur suspension ou leur suppression. La mise en oeuvre de ces dispositions devra faire l'objet d'une convention entre l'Unedic et l'Etat. Abaissement des cotisations, mais des " mesures de sauvegarde pourront être prises par les partenaires sociaux signataires " depui le réajustement des contributions jusqu'au " rétablissement de la dégressivité " des allocations. (30 6 00).

* " Le Medef, persuadé ou faisant semblant d'être persuadé que le plein-emploi était proche, a voulu domestiquer les ayants droits et initier un régulateur de l'emploi qu'il dominerait. Au demeurant, lorsqu'on s'inquiète de cette notion de plein-emploi, il semble admis - et admissible - qu'il s'agit d'un plein emploi avec 5% à 6% de chômage frictionnel, ce qui repréente encore 1,2 millions de chômeurs. On est donc loin du compte. Pour ce faire, il lui fallait imposer des conditions de salariat et surtout s'opposer aux éventuelles revendications salariales dans une économie en croissance, d'où l'organisation de ce que j'ai appelé le travail obligatoire.(...) Est-ce que l'Unedic a été créée pour alimenter le chiffre d'affaires des cabinets d'audits, spécialistes des bilans de compétences, voire des entreprises de travail temporaire, qui sont déjà à l'affut d'un nouveau marché. " (Marc Blondel). Il n'y a pas grand chose à rajouter à l'analyse de Blondel (si on laisse de côté sa proposition alternative d'un grand service public de l'emploi, mais tout de même paritaire, jouissant d'une relative autonomie - le beurre et l'argent du beurre - ). Blondel oublie cependant de prendre en compte que croissance de l'emploi et du chomage ne sont plus exclusives l'une de l'autre, c'est la raison fondamentale qui justifie le PARE et la situation qu'il met en forme institutionnellement. il y a également autre chose. Le PARE est destiné dans ses modalités d'application et dans sa logique a préserver, institutionaliser, l'effet du chômage sur les salaires et la situation des salariés. (2 8 00)

* Espagne : Vincente Boceta Alvarez (secrétaire général du Circulo de empresario - réunis les dirigeants de deux-cents des plus importantes entreprises du pays - ). " Décentraliser la discussion des conventions collectives au niveau des entreprises. Les emplois précaires datent des années 80 quand il a fallu faire face à un grand chômage. Aujourd'hui, les conditions ont changé. En Espagne, il y a des régions qui sont pratiquement au chômage zéro pour le travail masculin, comme la Navarre, les Baléares ou Valence. Mais s'il y a encore beaucoup de contrats temporaires, c'est que les emplois fixes, indéfinis, sont trop couteux. Je verrai un début de solution à cela si l'on instituait un licenciement à moindre coût et surtout à coût variable. (...) Pourquoi ne pas imaginer un système progressif où le licencié obtiendrait, admettons, cinq jours par année et ainsi de suite, avec comme maximum 20 jours pour, admettons, dix années de travail ? Après tout ce ne serait que s'aligner sur la moyenne européenne qui tourne autour de 20 jours je crois " (il aligne le maximum sur la moyenne, c'est pas bête) ; (...) D'ici dix anns nous aurons besoin de l'immigration. (17 10 00).

* Espagne. Mise en oeuvre d'une nouvelle réforme du marché du travail, destinée à compléter l'important accord confédéral sur la stabilité de l'emploi souscrit en 1997. Accord qui a permis la transformation de deux millions d'emplois précaires en emplois fixes. L'emploi précaire représente encore 33% de l'emploi espagnol (témoignage d'une employée de l'hôtellerie sur la " précarité organisée "). Les entreprises détournent les lois en enchaînant contrat sur contrat ou en abusant de la sous-traitance. Pour le patronat, il faut créer un nouveau type de contrat : les entreprises réclament un moindre coût de licenciement ; Les syndicats réclament une insertion sans discrimination des femmes qui représentent 41% des travailleurs temporaires et 58,3 des chômeurs (augmenter le taux d'emploi). Un troisième accord national de formation continue prenant en compte les besoins réels des entreprises est à l'étude. Immigration : beaucoup de patrons se font les avocats de la création de contrat de travail déterminés (avec billet de retour incorporés) discutés dans les pays d'origine des futurs travailleurs immigré. Des centres, montés avec la collaboration des pays de départ recevant et aidant les nouveaux arrivants (proposition de Alvarez, voir supra). (17 10 00).

* la ville de Sheffield a été choisie par le " New Labour " pour expérimenter ce " New Deal ", un des principaux éléments du programme socila des travaillistes. Il s'agit d'arracher à l'inactivité tous les jeunes de 18 à 25 ans chômeurs depuis au moins six mois. Ils se verront offrir quatre options : d'abord un emploi, pour lequel l'employeur recevra pendant six mois une subvention de 60 livres par semaine plus une dotation de 750 livres pour assurer la formation ; ensuite une formation qualifiante d'une durée de dix mois ; enfin, et ce sont les troisième et quatrième options, un travial soit dans le secteur de l'économie sociale, soit dans celui de l'envirronement, rémunéré au niveau du revenu minimum, plus une prime. " Il n' y a pas de cinquième option ". En clair, les jeunes chômeurs qui refuseraient le " New Deal " ne toucheraient plus le revenu minimum de 38 livres (380 francs) par semaine. malgré les proclamations, il sera difficile de fair een sorte que les entreprises ne mettent à la porte leurs stagiaires au boût de sixmois, pour en reprendre d'autres et toucher à nouveau la subvention. De toute façon, l'idée n'est pas de créer des emplois, mais de l'employabilité. (21 4 98).

* En dix ans, plus de trois millions de personnes sont passées par le RMI. Le RMI est extrêmement mouvant (il n'est pas l'allocation figée, repliée sur la misère de ses bénéficiaires, qu'une critique rapide se plait à décrire). Depuis sa création, 3,4 millions de personnes y sont entrées, 2,3 millions en sont sorties. La grande majorité des allocataires demeurent " proches de l'emploi " qu'ils obtiennent sous ses formes les plus dégradées. (1 12 98).

* Plus de la moité des allocataires sortent du RMI vers un emploi précaire avant dix-huit mois de présence et un tiers le quittent même avant six mois (à l'inverse, un tiers y reste quatre ans). dans un cas sur quatre, l'emploi qui a permis de quitter le RMI dure moins de six mois. Ces premiers emplois, très précaires, ont alors cédé la place soit à un autre emploi, soit à l'allocation-chômage, soit à un retour au RMI. Les CES ou CEC (Contrats Consolidés) et tous les types d econtrats aidés représentent un tiers des emplois trouvés par les Rmistes sortis de l'allocation. (4 2 98).

* Depuis plusieurs mois, on asiste à une multiplication des radiations de chômeurs (+ 33% en un an) ; " Nous n'avons pas de consigne, mais quand on lance un nouveau programme comme le nouveau départ pour l'emploi (proposition d'un suivi personnalisé, d'un stage ou d'un emploi aux jeunes avant le sixième mois de chômage et aux adultes avant le douzième mois), on multiplie les convocations, et on a plus de risques que certains n'y répondent pas ", explique le directeur général de l'ANPE, Michel Bernard. (1 4 99).

L'Etat face au PARE

* Problème pour le gouvernement plus que deux organisations syndicales signataires. Jospin et Aubry partisans de mesures coercitives de retour à l'emploi, mais le dispositif du Medef ne leur convient pas ; Techniquement inapplicable et réduction d el'ANPE à une fonction d'assistance aux chômeurs les plus en difficulté. Aubry contre la mise en place d'un système à double vitesses. (17 6 00).

* " Unedic le gouvernement dit non ". Pour le gouvernement, le pasage de huit à quatre mois de travail dans les quatorze derniers mois aboutiraient à 30 000 entrées supplémentaires par a n soit une augmentation de 0,2 point seulement du nombre de chômeurs indemnisés. Le nombre de chômeurs indemnisés a baissé de plus de 11 points depuis 1993. La convention ne garantit pas les moyens financiers : 71milliards de francs sont consacrés à des baisses de cotisations (en priorité celles des employeurs). Aucune enveloppe spécifique n'étant prévue pour le PARE, celui-ci ne serait financé que par des radiations et des suppressions d'allocation. Pour le gouvernement, les sanctions contre les chomeurs sont normales, mais doivent rester du ressort de l'Etat. En outre, aucun système équivalent de substitution n'est prévu aux conventions de conversion. Ces conventions sont utilisées pour les salariés licenciés économiques employés dans des PME qui n'ont pas obligation de bâtir des plans sociaux. Il en va de même pour l'allocation de formation reclassement (AFR) dont la disparition est elle aussi programmée. En bref, pour le gouvernement, le PARE n'est pas assez le plan social permanent général, le Medef et la CFDT ont trop voulu agir à l'économie, et puis à un tel niveau de gestion de la reproduction sociale, on ne peut mettre l'Etat sur la touche. (25 7 00).

Sur le fond, il n'y a pas tant d'opositions entre le gouvernement et les signataires de la convention que ça. L'Etat s'oppose au projet surtout pour des raisons financières. Si la réforme se fait, la CFDT en sortira renforcée. Et même si elle est bousculée aujourd'hui, elle est bien asise sur le cours des choses. (Libe, 27 7 00).

* La ministre de l'emploi s'est dit " tout à fait favorable au PARE, dans sa philosophie ", s'il s'agit de " mieux accompagner les chômeurs ". " La nationalisation de l'asurance-chômage n'est pas à l'ordre du jour ". (Libe 27 7 00).

* Refus de Martine Aubry et de Laurent Fabius d'agréer la nouvelle convention Unedic. les signataires se disent prêts à ouvrir la discussion dès que possible. Le point principal est la clarification financière des relations entre l'Etat et l'Unedic. Il y a également le thème du " système à deux vitesses d'aide au retour à l'emploi ". Pour les signataires, un tel système existe depuis 20 ans (la séparation entre indemnisation et assistance). Précisément le PARE aurait entre autres pour finalité de suprimer en partie cette distinction (ce qui serait tout à fait en accord avc sa logique). Tout ou partie du dispositif PARE peut s'étendre aux allocataires du régime de solidarité (prestations financées par l'Etat) et pas seulement aux chômeurs indemnisés par l'Unedic, aux chômeurs en fin de droit, aux employés précaires ou sans expérience professionnelle ; point suivant : le contrôle de la recherche d'emploi et les sanctions, il s'agit de savoir qui exercera les sanctions ; enfin, crainte de voir s'instaurer une concurrence dans le suivi entre l'Unedic et l'ANPE. (3 8 00).

* Le gouvernement conteste le montage financier du PARE, qui ne rend pas crédible le contenu de l'accord (sur 75 milliards de francs d'excédent, 71 sont consacrés à la baisse des cotisations). (25 8 00).

* Pour Nicole Notat un accord est possible avec le gouvernement. Pour ce dernier l'équilibre financier du projet n'est pas assuré à cause de la baisse des cotatisations, essentiellement patronales. Il faut pour les signataires que le gouvernement n'impose pas par décret une autre convention. Pour le Medef, il s'agit d'adaptations sur les détails. (8 10 00).

* Unedic : dernière bataille sur le financement entre le gouvernement et les signataires. Le dossier tourne à l'histoire de gros sous. Le débat se concentre sur la baisse des cotisations et sur le niveau et les modalités du reversement de l'Unedic à l'Etat dans le cadre de la clarification des relations financières ; Il ne s'agit donc plus ici de discuter du niveau d'indemnisation des demandeurs d'emploi : le gouvernement estime que cette question relève des seules attributions des partenaires sociaux, à qui il renvoie la balle. (12 10 00).

* Les syndicats tentent d'infléchir le patronat sur le financement de l'Unedic. Le gouvernement cherche à récupérer l'argent qu'il a versé, dans les moments difficiles, à l'Unedic. (13 10 00).

2 ) Le PARE met en forme un contexte .

a ) Baisse de la part des salaires dans la valeur ajoutée
(Il faut classer cela avec la plus-value absolue)

* OCDE, une baisse tendancielle du salaire minimum en termes relatifs, politique volontaire de modération du Smic. (7 7 99)

* Le nombre de salariés payés au Smic a augmenté de 50% en quatre ans (jeunes, femmes). (25 8 99).

* Tableau des contreparties salariales aux 35h (21 9 99).

* Le problème des retraites est un problème de répartition des gains de productivité.(6 10 99).

* Enorme succès de la journée de grève dans les transports urbains de province sur la retraite à 55 ans et sa généralisation. A n'en pas douter, le recours massif aux préretraites depuis plus de 20 ans, dans les plans sociaux, en arrive à agir à la manière d'une drogue à laquelle on se serait accoutumé. Au rythme des restructurations, la cessation anticipée d'activité à pris la forme d'une revendication pour les salariés et s'est transformée en outil de gestio pour les chefs d'entreprise. Lors des grèves de novembre-décembre 95, l'âge de la retraite fut l'un des déclics du mouvement, de même pour le conflit des chauffeurs-routiers de décembre 96.
Du côté patronal, les entreprise du bâtiment demandent le soutien de l'Etat pour se délester de 30 000 ouvriers agés (soutien refusé). PSA et Renault réclament une aide pour organiser la préretraite à 50 ans de 40 000 travailleurs en contrepartie de l'embauche de 14 000 jeunes. L'idée du retraite à 55 ans s'inscrit dans l'air du temps.
Comment une revendication ouvrière entre dans la reproduction du capital.

* Faute de pouvoir utiliser l'arme des taux de change, depuis la mise en place de la monnaie unique, les pays de la zone Euro n'auraient plus d'autres recours que d'user de la flexibilité salariale pour maintenir leur compétitivité et favoriser l'emploi. partout chute de la part des salaires dans la valeur ajoutée. Les marges augmentent mais les investissements ne suivent pas.

Même article : la modération salariale liée aux 35 h, limitant la progression du pouvoir d'achat, encourage, dans une situation relativement favorable à l'emploi, la recherche d'un second travail au noir. (15 2 00).

* Il n'y a pas de problème des retraites, partage des gains de productivité et de la valeur ajoutée (16 2 00).

* Retraites. En France, modèle fondé sur les cotisations sociales des employeurs et des salariés (idem Allemagne, Italie). E.U, G.B, Pays-Bas, retraite minimale fournit par l'Etat et financée par l'impôt, chacun complète ensuite selon une formule privée par capitalisation. Partout des régimes complémentaires financés dans le cadre de l'entreprise. C'est un troisième terme, la capitalisation individuelle, qui se renforce dans le monde (pilier de base des retraites au Mexique, Chili, Kazakhstan). La Banque Mondiale l'a introduit en Am latine et en Europe centrale et orientale (Hongrie, Pologne). La France, pas de fonds de retraites, est une exception. Dans presque tous les pays augmentation de l'âge de la retraite. (23 300).

* Les 35 h, l'INSEE : les allègements de charges et les gains de productivité font plus que compenser la hausse du coût horaire du travail (la P° horaire du travail a augmenté de 2, 75% et absorbe les surcoûts liés au 35 h). (1 4 00).

* Taux d'intérêts et chômage : la politique de hausse des taux de la BCE fondée sur la doctrine du " taux de chômage naturel ", prendre les devants de toute augmentation des salaires. Toute réduction du chômage en dessous d'un certain seuil relancerait l'inflation ; 3Il était important d'indiquer aux partenaires sociaux que la BCE fera tout pour maintenir le taux d'inflation sous cette barre de 2% à moyen terme " (un responsable de la BCE, après le troisième relèvement des taux). Lors du deuxième : " En ce qui concerne l'avenir, il s'agit d'un sigal au marché du travail " (Wim Duisenberg). En 2 ans, les salaires ont cédé 8 points de valeur ajoutée aux entrepreneurs et aux rentiers ; Or, la montée du chômage et les niveaux très élevés des taux d'intérêt en sont la principale explication. Les taux d'intérêt prélevant une rente plus importante sur les fruits du travail le chômage en dégradant pasablement le rapport de force des salariés sur le marché du travail ; (16 5 00).

* Actionnariat salarié. 7000 000 salariés actionnaires en 97, un million aujoud'hui. 88 milliard dans les Fonds Commun de Placement (FCP) - ne pas confondre avec l'épargne salariale, ce n'est qu'une composante de l'épargne salariale (participation, interressement...) les salariés bénéficient de conditions préférentielles d'a chat ; aujourd'hui l'actionariat salarié passe surtout par les FCPE, il peut être alimenté par l'intéressement, la participation, des versements volontaires, des abondements patronaux ; les sommes sont bloqués pour 5 ans pour bénéficier d'une défiscalisation ; concerne 42% des entreprise ; un nouveau projet de Fonds à long terme 10 / 15 ans -. Combat entre organisations syndicales et associations de salariés actionnaires, pour les premières danger d'un nouveau pouvoir installé dans l'entreprise. Entre les deux, les frontières ne sont pas nettes. La fédération des Associations réclame que l'élection des membres du conseil de surveillance des FCP ne fassent pas uniquement sur des listes syndicales (14 6 00).

* Actionnariat salarié. " L'actionnariat salarié veut nous faire travailler à crédit, puisque le système reporte dans le futur (dix à quinze ans) le paiement du travail effectué " (" Echanges " n° 94, p. 43). Mais on travaille toujours à crédit. L'actionnariat salarié constitue pour l 'entreprise des fonds de roulement, mais ce n'est jamais le capitaliste qui fait l'avance, qui paierait les salaires avant d'avoir vendu la production réalisée par les salariés, car il a vendu la production précédente. C'est toujours le salarié qui fait l'avance de son travail. Ce n'est pas là une simple remarque relative à de la comptabilité, mais cela met en jeu la conception même du rapport de production qu'est le capital. Le capitaliste ne devient pas tel parce qu'il dispose d'un " fonds d'entretien ", mais par la séparation du travail et de ses conditions et le renouvellement constant de cette séparation. (K,t1,p.177 et surtout K t3, p 11). Une telle critique qu'Echanges reprend d'Aternatives économiques ne dépasse pas les illusions de la circulation et la formalité du contrat d'achat-vente de la force de travail, le juridisme de la relation entre un ouvrier et un capitalistez, mais pas la relation entre la classe ouvrière et la classe capitaliste. Elle est bien le type de critique que le démocratisme radical adresse au capital (cf. " Etre contre le PARE).

* Les préretraites équivalent, par le remplacement par des jeunes, à un processus de déqualification du travail (même si ces jeunes sont objectivement plus qualifiés).

* " Aux EU, quiconque veut un job le trouve, mais peut-être pas au salaire désiré " (William T. Dickens, économiste à la Brookings Institution - Washington - ) : " le plein-emploi c'est le taux de chômage naturel en dessous duquel il n'est pas possible de descendre sans que le taux d'inflation se mette à augmenter ". Nous voilà prévenus sur l'organisation du marché du travail et les politiques de main-d'oeuvre : réduire le chômage tout en conservant l'effet structurel du chômage ce n'est pas un but tactique, c'est l'organisation même du marché du travail et du rapport salarial issu de la restructuration. pas de contrat à durée déterminée aux EU, car l'employeur peut mettre fin au contrat de travail du salarié quand il le souhaite. La montér des emplois emporaires est une caractéritique importante du plein-emploi actuel ; la mobilité de la main-d'oeuvre américaine est plus importante que jamais. Dégradation de la situation des travailleurs non-qualifiés : la désyndicalisation du secteur privé, passé d'un taux de syndicalisation de 35% - 40% à 8% aujourd'hui, or les syndicats assuraient des bons salaires aux travailleurs non-qualifiés ; le deuxième facteur est l'internationalisation : l'immigration et la libéralisation du commerce international ont valorisé les emplois qualifiés et dévalorisée les emplois non-qualifiés. Enfin les changements entraînés par la technologie, qui ont transformé la manière dont le travail est organisé, ont rendu les qualifications beaucoup plus précieuses. Ce dernier facteur a joué un rôle plus important à cet égard que l'internationalisation. les salaires des emplois qualifiés ont augmenté, à peu près au même taux que celui de la productivité. (5 9 00).

* Allemagne : La retraite par répartition est sauvegardée, mais le montant des pensions passera de 70% à environ 64% du salaire d'ici à l'an 2030. La capitalisation viendra s'y ajouter. Chaque salarié pourrait investir jusqu'à 4% de son salaire pour sa retraite. (6 9 00).

* L'épargne salariale. Le groupe PS veut supprimmer la sortie en rente. Un plan partenarial d'épargne salariale volontaire avec les mêmes exonérations fiscales et sociales que que le plan d'apargne entreprise actuel, les salariés auraient le choix entre une sortie en rente ou en capital. Pour les députés opposés offrir le choix d'une sortie en rente c'est rouvrir la voie aux fonds de pension (retraite par capitalisation). Cependant, à titre individuel, un salarié pourra toujours s'adresser à un assureur pour convertir son capital en rente. (21 9 00).

* L'épargne salariale, une fraction du salaire est transformé en capital-argent, au lieu d'être utilisé comme moyen de circulation éphémère (ce qui s'inscrit dans un mouvement ancien d'intégration du salaire au mouvement du capital). A partir de 1984, Maubeuge Construction Automobile, filiale de Renault, introduisait : " La participation du personnel aux besoins de financement de l'entreprise ". Au début de 1985, la Régie Renault prend le relais avec la création d'un fond salarial alimenté par une contribution obligatoire des ouvriers. Le 22novembre 1996, l'Assemblée nationale adopte une loi pour la création des plans d'épargne-retraite. La mise en place de ces plans s'ajoute à toutes les mesures de paupérisation croissante du salariat ; Les CDD, smicards, intérimaires et abonnés aux petits jobs sont les premieres cibles, ils toucheront une retraite de misère. (" Echanges " n° 83).

* Les députés autorisent la constitution d'une épargne salariale à plus de dix ans. La sortie du plan pourra se faire de manière fractionnée. Ce plan " n'a rien d'un fonds de pension, son plafond et sa durée sont insuffisants" (un député socialiste). Sur la durée : dix ans au moins, rien n'empêche donc les entreprises de mettre en place des plans sur vingt ou trente ans. Sur la sortie : le PCF a obtenu la suppresson du terme de rente, mais le salarié qui le souhaite peut sortir " de manière fractionnée ", c'est-à-dire...sous forme de rente. (6 10 00).

* Lester Thurow (profeseur d'économie au MIT). A la question : " le capitalisme global est-il facteur d'inégalité et d'exclusion ? ", il répond : " C'est évident. Il faut cependant noter qu'il y a aussi un phénomène d'égalisation. C'est simple : si un américain n'a pas plus de qualification qu'un Chinois, il doit être payé comme un Chinois. C'est le marché global. Il est normal alors que les salaires des personnes les moins qualifiées aux Etats-Unis diminuent et que les salaires des personnes qualifiées en Chine augmentent. Il y a une réduction des inégalités à l'échelle de la planète. L'écart entre la Chine et les Etats-Unis se réduit Dans le même temps se crée une société qui se rapproche du tiers-monde. Aux Etat-Unis, les inégalités s'accentuent très fortement.
Le problème consiste à déterminer si cette accentuaton a pour cause principale la concurrence des pays à bas salaires (Thurow) ou le pogrès technologique (Paul Krugman, prof au MIT). Il semblerait que David Spector fasse plutôt partie du clan Krugman.

* Si le chômage est aujourd'hui presque éradiqué aux Etat-Unis (4,9% de la population active), la stagnation -voire, selon certains calculs, la régression - de la majorité des salaires réels des Américains depuis 1989 a favorisé un phénomène difficile à chiffrer mais suffisament répandu pour que l'on puisse en plaisanter couramment : celui de la multiplicité des emplois occupés par un même individu. Quand Bill Clinton se vante d'avoir créer 10 millions d'emplois, la blague la plus en vogue est de répondre : " Oui, je sais, d'ailleurs moi j'en occupe trois. " (17 9 97).

* Etats-Unis. Depuis 1989, le revenu moyen des ménages n'a recommencé à augmenter qu'en 1996. Cependant, la catégorie des " très pauvres ", qui vivent avec un revenu inférieur à la moitié du seuil de pauvreté, a même augmenté, passant de 13,9 millions en 1995 à 14,4 millions en 1996. Parallèlement, le nombre de gens non couverts par une asurance maladie a augmenté de 1,1 million, pour atteindre 41,7 millions d'Américains. La tendance à la hausse du revenu moyen des ménages ne permet pas encore de rattraper le niveau de 1989, antérieur à la récesion ; il lui est encore inférieur de 2,7%. (4 10 97).

* Interview de Hans-Olaf Henkel, président du patronat allemand. " Vous remettez en cause le système alemand de négociations salariales par branches, qui a permis d'éviter, depuis la guerre, les conflits salariaux dans les entreprises. Pourquoi ? ".
- " Ce modèle était valable il y a 20 ans, quand in y avait des grèves ininterrompues en Grande-Bretagne, en France et en Italie. Aujourd'hui, tous ces pays connaissent la paix sociale sans ce système de négociation, qui n'a plus de sens. Nos accords salariaux sont beaucoup trop généraux. Les augmentations sont les mêmes dans une entreprise informatique ou dans la machine-outil, dans une PME ou une multinationale, dans les régions sinistrées par le chômage ou celles qui connaissent le plein emploi. Il faut autoriser la conclusion d'accords salariaux au niveau de l'entreprise ".
" La bourse flambe, l'Allemagne regagne des parts de marché sur les marchés internationaux. Ne peut-on pas accorder des hausses de salaires dans les multinationales de nouveau rentables ? "
- " Ces profits proviennent pour l'essentiel de l'étranger et sont réalisés par des salariés étrangers. Les syndicats allemands n'ont donc pas le moindre fondement moral à demander des hausses de salaires pour les travailleurs allemands au prétexte que les entreprises réalisent des profits à l'étranger. Au contraire. La condition pour pouvoir recréer des emplois en Allemagne est de s'en tenir à la modération salariale. Il ne suffit pas d'avoir une industrie allemande internationalisée prospère. Les PME, qui composent 95% du tissu industriel allemand et n'ont pas les moyens d'aller à l'étranger, doivent rester, elles aussi, compétitives ".(19 4 98)

* Pour ne pas compromettre les négociations sur les 35 h, le gouvernement a décidé de se montrer rigoureux sur le SMIC. La doctrine est que, sans effort financier des salariés, de nombreux chômeurs resteront encore longtemps à la porte des entreprises. La modération salariale est une des clés de la réussite des 35 h. (23 6 98 ). En liaison avec le taux d'emploi. ;

* Allemagne. Signe que des emplois naîtraient si le coût du travail était plus faible, les entreprises ont recours massivement à des travailleurs " officiellement au noir ", payés moins de 620 marks (2OOO francs) par mois, pour 15 heures de travail par semaine maximum. Ces emplois dont le nombre varie selon les estimations entre 1,2 et 6 millions, ont l'immense avantage d'être exemptés de charges sociales ce qui les rend " rentables "
D'autre part en Allemagne également, apparition du débat sur les emplois à salaire combiné : l'Etat verserait au chômeurs de longue durée un complément de salaire, de telle sorte qu'il gagne au moins 35% de plus en travaillant qu'en restant chez eux, encourageant ainsi à embaucher des chômeurs à des salaires de misère. (15 8 98 ).

* Le secteur du nettoyage industriel conclut un accord pour paser aux 35 h. les salaires des personnes passant de 39 à 35 heures sont maintenus grâce à l'instauration d'une prime qui diminuera au fur et à mesure que les salaires minima augmenteront. Les nouveaux embauchés sur la base de 35 heures seront rémunérés 35 heures, sans l'aide dégressive. Les horaires ne sont pas annualisés mais seront néanmoins calculé sur une base semestrielle avec une amplitude horaire comprise entre 0 et 44heures. De plus, le contingent d'heures supplémentaires, qui est actuellement de 130 heures sera porté à 190 heures, soit davantage que dans la métallurgie et le textile. (11 11 98).

* Hausse du chômage, internationalisation des entreprises : les employeurs se sont trouvés en situation de force. Mettant en concurrence leurs sites industriels en Europe, ils ont pu imposer modération salariale et flexibilité. En 1996, le gouvernement belge a plafonné la hausse générale des salires pour les deux années à venir à la hausse moyenne des pays limitrophes de la Belgique. En Italie, les patrons affirment qu'on ne peut plus redistribuer la productivité, car l'Euro ne permet plus les dévaluations compétitives que l'Italie a longtemps utilisées. Ils acceptent seulement d'indexer les salaires sur l'inflation. (15 12 98). Cette notion de compétitivité, cf. Etcetera se ramène en définitive au taux de pl.

* Accord 35 heures , chez Charles Jourdan (chaussures) à Romans. Les 570 salariés du site vont passer à 35 heures payés 37 h 45, et non 39. Cela ne concernera que 203 d'entre eux, rémunérés à moins d e48 francs de l'heure. Pour les autres salariés qui gagnent légérement plus, ce sera 35h payées 37 h 30 : " C'est une baisse de pouvoir d'achat d'un mois de salaire, de 5200 francs ", reproche la CGT. Le treizième mois doit quasiment disparaître. Les salaires sont gelès sur deux ans. L'annualisation se fait avec, par jour, des creux de 0 heure à des pointes de 8 h 45, il n'y a plus d emajoration pour les heures supplémentaires en dessous de 41 heures ni de repos compensateur. Les nouveaux embauchés ne bénaficieront pas de ce régime. FO et la CGC ont signé. (16 2 99). On serait presque tenté de dire " tant mieux pour eux ", si l'on était sûr que ce sera pire.

* Rapport Charpin sur les retraites : porter les cotisation à 42 ans et demi au lieu de 39 ans, actuellement dans le privé. (26 2 99).

* Alain Lipietz à propos du rapport Charpin. Un mérite pour Lipietz, il " élimine la fausse fenêtre de la capitalisation. Les retraites, toujours plus lourdes, seront toujours payées sur une part du produit national d'une année donnée, en fonction de droits acquis vingt, trente ou quarante ans auparavant.
Reste le problème de fond : l'allongement de la vie humaine. Il représente une forme automatique d'accroissement du temps libre dans la vie humaine, donc une hausse du prix de l'heure travaillée. Selon l'OFCE, cet allongement plus la charge du " papy boom " ne demandent qu'une hausse de 0,5 point par an des cotisations de retraite (ce que confirme le rapport Charpin, qui précise que, si le régime général garde le même taux de cotisation, sont déficit ne se creusera que de 11% en quarante ans. Un demi point, alors que la croissance de la productivité sera au moins de 2% par an, quatre fois plus ! Bref, il suffirait de consacrer à la retraite un quart des gains de productivité annuels pour régler le problème. " (6 4 99).

* Retraites. Suivant le niveau d'emploi, la charge pesant sur les actifs sera totalement différente. Ainsi, selon les calculs faits par le commissariat général du Plan, dans l'hypothèse d'un chômage à 6% à partir de 2005, le ratio de dépendance élargie qui mesure la charge économique totale que fait peser l'ensemble des inoccupés sur les occupés passerait de 1,63 en 1995 à 1,73 en 2040 ; Où est le choc tant annoncé ? Mieux même, nous serions dans une situation plus favorable en 2020 (1,52) et quasi identique en 2030 (1,64). En outre, les hypothèses retenues par le rapport en matière de gains de productivité et de croissance sont même inférieures aux niveaux atteints pendant les années de crise. L'acharnement contre la répartition correspond à la volonté de modifier le " partage de la richesse produite avec une paret encore moindre consacrée à la masse salariale au sens large du terme. (2 5 99 ).

* Allemagne. Suppression de l'exonération de charges sociales pour les emplois payés à moins de 630 marks. les entreprises allemandes étaient tentées de " saucissonner " des emplois normaux en petits emplois afin de na pas avoir à verser de cotisations sociales. Le président du patronat refuse lui-même une subvention durable des bas salaires ; il semble également qu'il y ait eu conflit entre le chancelier (Schröder) et son ministre du travail ; Schröder, favorable à une extension du dispositif jusqu'à des salaires de 1500 marks. (12 5 99).

* Depuis 1984, l'Etat néo-zélandais a entamé un processus de privatisation, restructuration, laminage du welfare, dérégulation, plus tardivement qu'en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis, mais quand cela est arrivé, ce fut particulièrement brutal. (" Echanges " n° 83). En décembre 90, après le retour au pouvoir du " Parti National ", le budget prévoit la réduction de 5% à 27% (selon les cas) des prestations sociales (allocations-chômage, retraites, pensions d'invalidité et de veuvage), la santé et l'éducation supérieure cessent d'être gratuites (" Le Monde Diplomatique ", avril 1997).

* Australie. Les élections de mars 1996 amène au pouvoir un gouvernement " libéral " : dérégulation du marché du travail, accroissement du chômage, programmes divers d'emplois subventionnés, coupes dans le systéme social. Des grèves ont atteint certains secteurs industriels clés (laines mines, ports, sidérurgie) plus touchés par la réforme des contrats de travail : transformation des contrats collectifs en contrats individuels et réductions de salaires. En août 1996, les pourparlers entre gouvernement et syndicats sur ces réformes de lois sociales ayant été rompus, une manifestation est organisée dans la capitale, Camberra : les syndicats et les flics débordés ne peuvent empêcher 25 000 à 30 000 manifestants d'envahir le Parlement, d'en piller l'intérieur avant d'être chassés par la contre-offensive policière ; (" Echanges ", n° 84).

b ) Intégrer la formation

* Automobile : se séparer des vieux (au frais de l'Etat) embaucher des jeunes ; dans le cadre des négociations 35 h ; les salariés usés dont la formation n'a pas suivie les mutations technologiques. (20 7 99)

* Idem dans la métallurgie, l'allocation aux " travailleurs usés " (Martine Aubry) pris en charge par l'Unedic. (23 7 99)

* Question de la formation (point qui normalement devrait être crucial dans le fonctionement du Pare en tant que système de l'emploi et de la rotation de la force de travail, mobilité, et de la modification du taux d'emploi - l'élasticité -) : en liaison avec les modalités d'application des 35 h. Dévelopement de la formation freiné par la raréfaction du temps, partie de la formation sur le temps libre du salarié ; conduire l'entreprise à se décharger du fardeau sur le salarié. Renault (accord) : inversion de la logique traditionnelle faisant de la formation une obligation de dépenses pour l'employeur et donc un droit collectif pour les salariés. Désormais Renault crée un droit individuel à la formation dont une partie s'exerce en dehors du temps de travail effectif. Ce droit est organisé dans un " plan épargne-formation " pour chaque salarié dans le cadre du plan de formation. Il s'agit d'un " effort partagé " entre l'entreprise et ses salariés pour devancer les changements technologiques annoncés et développer l'employabilité de la main-d'oeuvre. La demande de formation est ainsi considérée comme le fruit d'une réflexion commune hiérarchie-salarié. On ne peut comprendre le Pare que dans le cadre du développement de la flexibilité générale et de la précarité, mais cela comme système ordinaire. Le Pare est une modalité française (histoire des relations sociales en France : paritarisme, représentativité, rôle de l'Etat), la substance est la même de ce que l'on voit en Grande-bretagne, aux Etat-Unis, en Espagne. (15 2 00).

* Retraites / formation / travail. La division du cycle de vie en trois temps cède la place à des formes plus diluée d'organisation du parcours des âges. L'enjeu du débat sur l'avenir des retraites est de procéder à une meilleure redistribution sur le cycle de vie des périodes d'éducation, de travail et d'inactivité. Finir d'utiliser la retraite comme instrument d'une politique d'emploi (abaissement à 60 ans en 82 et les dispositifs de préretraites). La chute d'activité après 55 ans est une exception française. L'obsolescence rapide des connaissances impose un effort de formation réparti sur toute la vie. Le temps de travail plus discontinu et plus disséminé sur le cycle de vie. Des formes plus flexibles de départ à la retraite. (21 3 00).

* Le dilemme capitaliste : " Nous aurons à la fois une pénurie de main-d'oeuvre et beaucoup de personnes qui ne sauront pas faire ce que l'on voudrait qu'elles fassent. " (un dirigeant de la banque néerlandaise ABN-AMRO). IBM-France recrute des jeunes par centaines et propose à ses quinquagénaires d'être payés pour rester chez eux. L'immigration de salariés déjà formés qui retourneraient chez eux à l'âge de la retraite est également une solution. Problème de la formation et de " l'employabilité ". Rapport d'un séminaire tenu à Luxembourg (20-21 mars 00) : " Les nouveaux métiers dans la société de l'information ". Un représentant de Nokia a présenté le travail commun de sept multinationales (Siemens, Microsoft, IBM, etc.) : 9 !, technologies de l'information, 9 millions d'emplois en Europe mais 500 000 vacants (1/18) ; prévisions 2002, 12,3 millions de postes, mais 1,8 risquent de ne pas trouver preneur (1/8) ; " les resources humaines sont devenues un goulot d'étranglement ". Pour ABN, plus que l'immigration il faut insister sur la " formation tout au long de la vie. En permettant à certaines formations de s'effectuer hors du temps de travail, la loi Aubry sur les 35 h s'inscrit dans cette logique de l'employabilité. Cette logique touche toutes les professions, par exemple un des principaux métiers appelés à se développer est celui de chauffeurs-routiers (e-commerce), toutes les professions liées au service à la personne. Ces nouveaux métiers, compétences et qualifications encore mal définies.
Le Danemark, moins de 5% de chômeurs, est en train d'individualiser les parcours de formation dès l'école primaire.
Le savoir est de moins en moins dans les universités et les laboratoires publics et de plus en plus dans les entreprises. La très forte augmentation des universités d'entreprises aux E.U le prouve. (24 3 00).

* Stabiliser les emplois saisonniers dans le tourisme. A Tignes, une maison des saisonniers a été inaugurée en 1996 : une formation de langues étrangères, un espace multimédia et des aides à la rédaction de curriculum vitae. Exemple d'une type d'action que peut généraliser et institutionaliser le PARE. (23 7 00).

* Le Medef s'apprête à ouvrir un autre dossier " poids lourd " : la formation professionnelle, le 20 décembre 2000 (la refondation sociale comprend également : l'assurance-maladie, les retraites complémentaires, la santé au travail, la négociation collective). (14 11 00).

* Toutes les branches, en particulier les banques, tentent de profiter du temps libéré par les 35 h pour exclure une partie de la formation continue du temps de travail (ce que le PARE réalise de façon systématique). (4 8 98).

* le PARE arrive sur un fond de rflux persistant du nombre des demandeurs d'emplois. Signe des temps les entreprises semblent recurir de moins en moins au chômage partiel, qui accuse une chute de 66% sur un an. Le directeur général d el'ANPE, Michel Bernard, présente jeudi 7 décembre les grandes lignes d'une coopération renforcée avec l'AFPA pour répondre aux problèmes d epénurie d emain-d'oeuvre et d'insertion des personnes les plus en difficulté ; " Il y a deux ans nous présentions 10 000 chômeurs à l'AFPA pour des opérations de formation ; aujourd'hui nous en adressons 130 000 ". (1 12 00).

c ) Transformer les formes de la négociation (c'est la question de l'identité ouvrière).

Pour le Medef : remettre en selle les syndicats dans un nouveau type de rapport et de fonction.

-  Réforme du syndicalisme.

Dans la restructuration actuelle du rapport d'exploitation la fonction et la place dévolues aux syndicats n'est pas évidente. Les attaques brutales contre les fonctions syndicales se multiplient dans les pays les plus avancées dans cette restructuration (pays anglo-saxons, là où les syndicats avaien précisément la fonction contractuelle de négociation et de représentation de l'identité ouvrière la plus solide) :
Grande-Bretagne avec tout l'arsenal anti-syndical mis en place depuis Thatcher (on pourrait tout simplement y voir une répression de toute lutte revendicative, mais ce serait passer à côté de l'aspect spécifiquement anti-syndical de cette répression). En 1906, le parlement avait adopté le système des " immunités " qui protège non pas le gréviste mais celui qui appelle à faire grève. Dès 1980, celles-ci ne concernent plus les actions de solidarité, ni les gréves destinées à protéger le closed-shop. En 1982, ce sont les organisations syndicales elles-mêmes qui perdent leur immunité. De même, un salarié licencié pour fait de grève ne peut poursuivre son employeur en justice que si celui-ci n'a pas licencié tous les grévistes. Si le licenciement a été systématique, le recours est impossible puisqu'il n'y a pas eu de discrimination. En 1984, la loi impose aux syndicats qui veulent organiser une grève de consulter leurs adhérents par un vote à bulletins secrets organisé trente jours avant le déclanchement de l'action. La grève est illégale si une maorité d'adhérents ne l'approuve pas. Le préavis doit être déposé sept jours avant le début de l'action envisagée. Quatre jours avant le déclanchement, le syndicat doit dire à l'employeur qui fera grève et préciser comment l'action sera menée. 1988 marque une nouvelle étape : un salarié peut attaquer un syndicat s'il n'a pas respecté la procédure de consultation. Enfin, en 1990, une loi rend la pratique de la grève très risquée pour tout salarié qui n'est pas syndiqué. Tout repose sur la " loi commune ", qui veut que l'on considère qu'un salarié qui fait grève rompt son contrat de travail. En 1995, 21% des salariés du secteur privé et 61% des salariés du secteur public étaient, malgré tout, syndiqués. (11 9 97)
Nouvelle-Zélande. Après l'arrivée au pouvoir des travaillistes (1984), " les syndicats furent décimés (spécialement par une loi vicieuse sur les contrats de travail, qui sapa le pouvoir syndical et supprima le salaire minimum) ... ". (" Echanges " n° 83). En fait la " libéralisation " de l'économie néo-zélandaise, largement initiée par les travaillistes (libéralisation des marchés financiers, vente des entreprises publiques, suppression des subventions aux agriculteurs, abandon à la banque centrale de la conduite de la politique économique, retard de cinq ans de l'âge de la retraite, évaluation / promotion / révocation des fonctionnaires à " l'efficience ") est achevée après le retour au pouvoir du Parti National en 199O qui reconnaît le travail accompli par les travaillistes. Cependant, le ministre " national " des affaires sociales commente en 1997 : " Mais ils n'avaient pas touché ceux qui les soutenaient : les programmes sociaux n'avaient pas été remis en cause, les syndicats bénéficiaient de privilèges. C'est nous qui avons libéré le marché du travail, réduit le niveau des prestations sociales, vendu les forêts et permis la création de prisons privées ". (" Le Monde Diplomatique ", avril 1997). Le 15 mai 1991, la loi sur les contrats de travail entre en vigueur, supprimant tous les acquis des syndicats, réglementant le droit de grève, allignant la législation sociale sur celle du privé. En quatre ans, le nombre de syndiqués chute de 45% ; celui des jours de grève est divisé par dix.
Etats-Unis : vaste offensive à l'époque de Reagan.

* Contrairement à la situation aux Etats-Unis, où les contrats collectifs ne concernent pratiquement que les grandes entreprises et une minorité de travailleurs, " En Europe de l'Ouest, une réglementation étroite du travail et l'intervention obligatoire des syndicats laissaient le champ à une défense pied à pied devant la même offensive du capital qui va durer des années alors qu'aux Etats-Unis tout va se faire très rapidement " (à propos de la grève d'UPS, " Echanges " n° 85). Si, comme lors de la grève de Phelps Dodge (industrie du cuivre), des syndicats d'entreprise (les " locals ") s'opposent à cette offensive contre les conditions de travail et d'emploi, ils sont " décertifiés ", c'est-à-dire perdent toute possibilité d'activité dans les usines du trust. " On n'en finirait pas de décrire la longue litanie des grèves des quinze dernières années, dans lesquelles la combativité des travailleurs en révolte contre les diktats des firmes s'est épuisée pendant des mois, voire des années, le plus souvent sous l'impulsion des " locals " syndicaux et contre une hostilité croissante des bureaucraties syndicales, qui émasculaient toute velléité d'action radicale, freinant toute solidarité et réussissant finalement à entériner des défaites plus ou moins spectaculaires par des accords cédant sur les conditions patronales mais préservant leur " présence " dans l'entreprise. Les noms rappelleront sans doute à chacun de longs affrontements plus ou moins tombés dans l'oubli : Hormel (1985-1986), Greyhounds (1990-1993), Carterpilar (1991-1992, 163 jours de grève, Staley (1993, 40 mois de grève), Wheeling Pittsburg Steel Corp (1996, 8 mois de grève), Détroit Newspaper (1997) " (d°).

* Aux Etats-Unis, des textes précis donnent au gouvernement la possibilité d'intervenir directement dans les conflits pour les tuer dans l'oeuf : une loi de 1926, le " Railway Labor Act ", donne au président des Etats-Unis le pouvoir de décider l'arrêt d'une grève dans les chemins de fer s'il juge qu'elle menace gravement " l'intérêt " du pays. Elle a été utilisée treize fois depuis 1963 dont une fois dans le ...transport aérien. La loi Taft-Hartley de 1947 permet d'imposer une période de " refroidissement " dans toute grève, avec reprise immédiate du travail. Une décision de la Cour suprême de 1938, toujours en vigueur, permet aux firmes d'embaucher des " travailleurs de remplacement ", ces jaunes bénéficient du statut de travailleurs permanents, si aucun accord n'est conclu, les grévistes se retrouvent dehors et perdent leur emploi. C'est cette disposition que Reagan utilisa en 1981 contre les contrôleurs aériens. L'utilisation de ces mesures et leur efficacité actuelle résultent d'un rapport de forces de plus en plus défavorable aux travailleurs depuis pratiquement la fin de la deuxième guerre mondiale. Depuis la guerre un tel mouvement résulterait de l'intégration des syndicats américains (et en Europe, après la guerre) dans l'appareil de gestion du capital et en conséquence d'une longue période de mise en tutelle du mouvement de lutte. Une telle explication est intéressante mais elle fait disparaître la rupture qui a lieu fin des anées 70 / début des années 80. Ce qui comptent c'est leur utilisation massive actuellement. En outre, ces mesures deviennent alors non seulement " anti-luttes " mais encore " anti-syndicales ". (" Echanges " n° 85).

* Le mouvement de dérégulation s'est amorcé aux Etat-Unis, c'est-à-dire " dans le pays où il n'avait pas été nécessaire de changer fondamentalement le système des relations de travail antérieures, qui étaient restées plus ou moins réglées sur le plan des conventions d'entreprise et non sur le plan national ". (" Echanges " n° 85).

* Un " renouveau syndical " aux Etats-Unis ( Peter Rachleff " Echanges " n° 78, juillet-décembre 1994) : " Organiser les inorganisés, donner plus de paroles, (...) pas seulement un renouveau syndical, mais un futur mouvement, plus une orgnisation de mouvements sociaux qu'un syndicalisme conventionnel ". En Californie, les Mexicains, développement du syndicat des travailleurs des services, solidement basé sur des cultures ethniques spécifiques ; Los Angeles, signature de contrat avec les firmes de nettoyage. L'AFL-CIO a encouragé l'organisation de l'Asian Pacific American Labor Alliance. comme avec les BWJ (Blacks), organisation des communautés et des lieux de travail. " Ces organisations préfigurent de nouvelles structures syndicales par la liaison entre les lieux de travail et les communautés. Brisant avec les formes standart de l'activité syndicale ". " Au même moment, des progressistes, dans le mouvement ouvrier plus traditionnel ont trouvé dans ces efforts des sources d'inspiration et d'éducation pour leurs propres adhérents ". A l'intérieur des syndicats se met en place un réseau indépendant d'organisateurs mais surtout d'organisatrices développant une approche différente des réunions : par petits groupes en tenant compte de l'heure et de la journée. Depuis la fin des années 70 et le début des années 80, le " contrat social " entre le monde des affaires et les syndicats a volé en morceaux. Il s'agit de promouvoir l'organisation de syndicats démocratiques, germes du mouvement ouvrier du futur, en introduisant de nouvelles forces dans le mouvement et établissant la jonction entre lieu de travail et communauté.
Ce " nouveau mouvement ouvrier qui émerge doit affronter les bureaucraties, les leaders qui prônent la conciliation et la coopération ".

* Etats-Unis. " Le rôle des syndicats change peu à peu et la médiation offerte par les syndicats est entrain d'être - sans autre forme de procès - complétement larguée - et pas à une petite échelle - parce que les patrons américains sont asez confiants dans le fait qu'ils peuvent vivre sans. mais comme le développement de la violence dans le travail le montre, le fait de ne pas avoir d'organes de médiation et d'intégration peut entrainer un retour de flamme. " " Dans un climat pesant de pression et de chasse aux sorcières syndicales, des travailleurs en nombre limité, mais croissant, le dos au mur, en viennent à commettre des actes de désespoir individuel, des revanches individuelles, qui, tôt ou tard, peuvent conduire à des explosions colectives. " (" Echanges " n° 80). La revitalisation de la plus-value absolu met l'ancien compromis syndical sur la touche, met en avant de nouvelles formes syndicales et se résout en affrontements directs plus violents et une résurgence diffuse d'actions théorisées comme refus du travail. La communauté, convergence de l'individuel et du social, apparaît comme un espace de repli et de reproduction.

* Les 35 h, repenser l'ensemble de la négociation collective, encourager l'évolution plus réformiste du syndicalisme en particulier CGT, l'ancienne forme de représentation pas problématique tant que les conventions étaient des conventions d'amélioration, or maintenant " sacrifices partagés ". Il s'agit de coincer les nouveaux syndicats et de faire le tri entre les anciens ; mettre fin au décalage entre représentativité juridique et représentativité réelle. La CGT approuve les aménagements proposés par Aubry. (3 7 99).

* En privilégiant les négociations d'entreprises, la loi sur les 35 heures va leur poser un redoutable problème de représentativité réelle. En acceptant ce type de négociations et d'accords, les syndicats prennent le risque de voir un gouvernement généraliser la pratique du référendum dans les entreprises, ou autoriser les comité d'entreprise à signer des accords avec les directions. (24 10 97).

* La CFDT entend promouvoir l'actionnariat salarié et les fonds d'épargne salariale : nouveaux droits collectifs, moyens d'intervention, les fonds de pensions des partenaires stables. La question : quels salariés les syndicats veulent défendre. (23 10 99).

* Le 15 nov 99, invitation du Medef aux cinq organisations syndicales représentatives pour définir les conditions d'une " nouvelle constitution sociale. L'ouverture des négociations dans l'assurance-chômage est liée au respect des accords de branche sur les 35h. Seillère : " Les syndicats ont tout à gagner à s'engager dans un dialogue social avec les entrepreneurs. " un proche de Seillière : " Avec 5% de syndiqués dans le privé, les syndicats sont morts s'ils ne font rien ; (...) C'est un coup de poker, ils vont venir pour voir, et pour eux ce sera un moyen de se refaire une santé. " Sur l'assurance-chômage : le Medef, pas de nouvelle convention, tant que les accods de branche aux modalités rendues illégales par la seconde loi sur les 35h n'étaient pas étendus par le ministère. (17 11 99)

* Nicole Notat face à la menace de désertion du patronat. Désertion qui déboucherait sur l'abandon de toute politique contractuelle aux niveau des branches ou interprofessionel. la négociation cantonnée au niveau de l'entreprise se fera au gré des rapports de forces locaux, sans principe de cohérence, " nous serions dans un système anglo-saxon ". " Notre système est à bout de souffle. Il est désormais souhaitable de considérer que les organsations qui engagent les salariés doivent être majoritaires. ". (1 12 99).

* Menace du patronat de se retirer des organismes sociaux. Pour Denis Kessler : " L'entreprise, qui a été bien avant l'Etat pourvoyeuse de sécurité sociale, devient le lieu unique de négociations. " ; Il affirme, dans la revue Commentaire, que : " les marchés apparaissent plus sûrs aujourd'hui que certains dispositifs collectifs. " ; Fini le temps où le patron estimait devoir siéger dans les caisses " pour veiller au grain " et surveiller les augmentations de cotisation. Il est convaincu aujourd'hui que la mondialisation rendra plus difficiles de telles hausses. Le fordisme c'est bien fini. (1 12 99).

* Appel de la CGT à une journée nationale d'action sur les 35h. Au moment où de nombreux conflits se poursuivent sur leurs modalités d'application (La Poste, FNAC, Galeries Lafayette etc.) (1 12 99).

* Le Medef convoque les syndicats dès Fev pour remettre à plat les relations sociales.
Medef : que les allocations soient suspendues dès qu'une personne aurait refusé plusieurs propositions d'emploi. Simultanément le Medef paraît décider à attaquer la représentativité des syndicats. (20 1 00).

* La métallurgie " révise " son accord sur les 35 h : changement d'attitude de la CFDT qui n'exclut pas de signer. L'accord avait accepté les 35 h en augmentant tout simplement le volant d'heures sup. Aucun changement, sauf pour les techniciens et agents de maîtrise : passent au statut cadre, leur temps de travail sera forfaitisé sur l'année. (30 1 00).

* Collectif chômeurs CGT, " Nicole Notat a déclaré la guerre aux chômeurs ". La CGT ne s'associe pas à la déclaration ; (20 5 00).

* La CFDT. Elle ne fait que suivre un mouvement qui a commencé en 1979, dès le congrès de Brest et l'adoption de la doctrine du recentrage : syndicalisme contractuel, réalisme économique, régulation sociale. Prendre appui sur l'Etat pour négocier un cadre général, puis on laisse de la place pour les négociations au niveau de chaque entreprise. la CFDT aspre à travailler dans un envirronement européen, dans laquel la contractualisation de l'échange l'emporte sur la régulation. Tous les pays d'Europe suivent cette évolution, y compris l'Italie et l'Espagne, des pays marqués par de traditions étatistes et communistes. Partout ailleurs en Europe, l'Etat continue à intervenir, mais seulement en dernière instance, quand il y a des accrocs au contrat. La CFDT milite pour un rapprochement vers le modèle syndical nordique.
Sur le fond, il n'y a pas tant d'opositions entre le gouvernement et les signataires de la convention que ça. L'Etat s'oppose au projet surtout pour des raisons financières. Si la réforme se fait, la CFDT en sortira renforcée. Et même si elle est bousculée aujourd'hui, elle est bien asise sur le cours des choses. (Libe, 27 7 00).

* Les pièges de la " refondation sociale ". Le Medef pris au piège de sa propre alternative : remise à plat complète des relations sociales ou sortie de tous les organismes paritaires. la refondation sociale a déstabilisé l'ensemble des acteurs dont elle se proposait pourtant de renforcer le rôle. Pour la CGT : la centrale affirme la fin du tout protestataire, renvoyée à un quas-tête-à-tête avec FO. Fo s'est autoproclamée chef de l'opposition au PARE, mais incohérences dans les prises de positions. La CGC : un discours syndical musclé et des pratiques de terrain plus accommodantes. Le Medef : la bataille de légitimité avec l'Etat ne tourne pas en sa faveur, le PARE a relancé le débat sur la notion d'accord majoritaire, qu'il ne prise guère. (20 9 00).

* Dans le cas des accords sur les 35 heures, du côté syndical, la prudence commande. Du coup, les référendums se multiplient. Chez Mécatronic, sous-traitant mécanique dans l'Isère, le vote sur un accord défensif - il ne crée pas d'emplois mais en " préserve " - a été organisé par la seule CGT. " En tant que syndicat, nous devons prendre nos responsabilités, mais nous voulons vérifier que le personnel était d'accord avec nous " , commente Philippe Benoit, le délégué. Ici, les vingt à trente licenciements secs ont été annulés mais le travail posté introduit pour 90% du personnel. (16 4 99).

* Sur les 35 h , des acords ont été signés dans 4076 entreprises. La CFDT et la CGC sont les syndicats qui ont manifesté la plus forte propension à les ratifier, mais la CGT a aussi joué le jeu puisqu'elle les a paraphés dans 86,5% des entreprises où elle est présente. (21 5 99).

* La seconde loi sur les 35 heures stipule que, pour que les entreprises bénéficient des aides publiques à la réduction du temps de travail, les accords devront être signés par des syndicats majoritaires ou validés par une consultation des salariés. Cette disposition, qui ne concerne pas les branches professionnelles, modifiera profondément les règles françaises de la représentativité syndicale. (22 6 99).

* Espagne, à propos de la réforme des contrats de travail de 1997. " Mais aussi la réforme concède un avantage aux organisations syndicales. Leur participation à la gestion des licenciements, mais surtout la possibilité pour elles d'intervenir dans les nouvelles embauches, comme dans les cas du secteur chimique, donneront encore plus de vigueur au clientélisme caractéristiques des agissements des appareils syndicaux. Il y a ici une autre ligne d erupture entre les vieilles institutions du mouvement ouvrier, pleinement intégrées à l'appareil institutionnel de l'Etat capitaliste, et la nouvelle société prolétarisée qui a des desiderata que les yndicats ne sont nullement en condition d'entendre. L'imposition de la réforme du travail est une conséquence de la désagrégation de la population salariée qui a suivi la restructuration du capital commencé'e à la mort du Dictateur ; et, dans le même temps, elle accentue la tendance à une modification de la force de travail dans un sens toujours plus éloigné des vieilles formes et institutions du mouvement ouvrier antérieur.
C'est aussi un procesus qui montre que c'est dans l'extension des contradictions à la société prolétarisée qu'il faudrait rechercher les nouvelles formes d'organisation sur la base desqueles l'intervention politique du nouveau prolétariat puisse être mise sur pied ; car il est de plus en plus difficile de les inscrire dans les catégories et dans le champ de la vieille lutte de classes, où elles seraient totalement récupérée et subordonées à l'initiative des gestionnaires du capital.
Qu'on le veuille ou non, la nature des problèmes qui concernent nos conditions de vie rendues précaires excède les limites et les resources propres à notre seule condition de force de travail, et ils se rapportent directement à d'autres exigences de lutte dans lesquelles les relations capitalistes n'apparaissent pas exclusivement comme un simple mode de production de marchandises, mais plutôt comme un modèle de reproduction sociale reposant sur cette production. " ( C.V. in " Echanges ", n° 84).

* Espagne, réforme du travail, 1997. " En réalité ce qui s enégociait était la fonction des syndicats dans le nouveau ca dre délimité par les relations actuelles du travail. Car, face à certains courants néolibéraux qui croient le moment venu de se passer de la médiation syndicale, une fois confirmé la désintégration de la clase ouvrière accomplie par ce qu'on a appellé la transition démocratique, d'autres fractions de l'appareil d'Etat et du patronat considèrent que ladite médiation syndicale revêt encore une relative utilité quant à l'encadrement et au contrôle des salariés. (...) De leur côté, les syndicats, dont l'existence matérielle dépend des fonds reçus directement du gouvernement et de leur participation à la gestion des fonds européens destinés à la formation et à la promotion de l'emploi parmi les couches défavorisées (femmes, jeunes, chômeurs de longue durée), ne peuvent pas non plus s'opposer radicalement au gouvernement, précisément à cause de cette dépendance financière ". (C.V. in " Echanges " n° 84) ; N'est-ce pas plutôt parce que les syndicats, stucturellement, ne peuvent s'opposer au fonctionnement du capital, qu'ils reçoivent ces fonds ? L'inverse laisse supposer qu'ils sont simplement " achetés ".
" L'action syndicale était possible lorsque l'axe de la négociation était la productivité ; la notion de productivité se rattache directement aux rapports entre force de travail et capital. Il était encore possible d'exercer un " contrôle ouvrier " sur la productivité ; la négociation de type syndical était donc, aussi, encore possible. Tout ce qui impliquait la relation capital / travail se limitait aux murs de l'usine, du bureau, etc (cela n'a jamais été le cas). Tandis que la compétitivité est une catégorie de nature distincte de celle de productivité. Cette dernière entre dans la notion d ecompétitivité, mais comme facteur aléatoire, non déterminant. (...) C'est-à-dire que les mécanismes de la compétitivité échappent à toute possibilité de négociation et de contrôle que les salariés seraient susceptibles d'exercer à partir de leur milieu de travail ". (d°). L'entreprise ne fut jamais isolée. L'ère de la " compétitivité " marque seulement la fin d'une forme de compromis qui était possible sur une aire nationale, fondé sur le " partage des gains de productivité ". Les syndicats, dans la période précédente, avec les organismes paritaires en charge des modalités de la reproduction sociale de la force de travail avaient bien une intervention sur ce qui est appelé ici " compétitivité ". En fait ce dont le texte tente de rendre compte c'est de la concommitence de la disparition de la péréquation du taux de profit sur une aire nationale et du fait que dans le mode d eproduction spécifiquement capitaliste ce sont toutes les combinaisons sociales qui concourrent à la définition du taux de plus-value et à la péréquation du profit. Cela ne met pas ipso facto hors-jeu les syndicats, mais en redéfinit la fonction. ce qui est bien devenu hors-jeu c'est le " contrôle ouvrier " comme contenu de la lutte de classe.

* Le genre de positions idiotes sur les syndicats. " Il est temps maintenant de considérer les syndicats tels qu'ils sont : des entités de gestion et de représentation ayant une fonction bien définie dans le cadre des relations capitalistes, tout comme les compagnies de voyages ou d'assurances, qui bien que rendant des services jugés utiles à l'intérieur des sociétés capitalistes, n'ont rien à voir avec un quelconque projet d'émancipation de la classe prolétarisée. " (C.V. in " Echanges " n° 84, à propos de la réforme du travail en Espagne en 1997).
A propos de la grève de l'UPS (Etats-Unis), critique de la volonté d'un groupe trotzkiste d'oeuvrer à une réforme démocratique des syndicats : " on peut rapprocher ce courant de celui qui se fait jour, sous des formes diverses, dans le mouvement syndical français, en particulier après la grève de la fin de 1995, tant il est visible que l'inadaptation des structures présentes à la fonction fondamentale du syndicat donne naissance à des organisations de base pouvant, pour un temps, masquer le dilemme de la fonction syndicale d'intermédiaire dans la relation travail-capital - celle-ci ne pouvant être accomplie qu'avec un certain degré de confiance des travailleurs de base ". (" Echanges " n° 85) Vision purement instrumentaliste. Toujours cette idée que les syndicats peuvent encore jouer un rôle d'intermédiaires. Ils le pourront toujours, jusqu'à la révolution, car leur existence est une détermination de l'existence de la classe ouvrière.
A propos de la grève UPS (" Echanges " n° 85, p. 20). Les syndicats, comme partout, " rouages dans la gestion de la force de travail " et, en tant que tel : " partie intégrante du système ". " Le problème de leur déclin dans cette fonction à laquelle ils ne peuvent échapper est de savoir comment ils peuvent, alors que le niveau d'accumulation reste faible, obtenir quoi que ce soit pour leurs membres et éventuellement l'ensemble des travailleurs. Il est bien évident que pendant les presque trente années qui viennent de s'écouler, ils n'ont guère pu répondre aux attaques du capital qui, non seulement ne pouvait rien concéder, mais reprenait ce qu'il avait pu concéder antérieurement. Il est tout aussi évident qu'aucun syndicat, rouage du système ne peut, sous peine de disparaître en tant qu'institution dans le système, adopter une attitude radicale et doit au contraire, en face d'une attitude radicale des travailleurs lors d'un conflit, faire l'impossible (indirectement ou même directement par tous les moyens - y compris la force ou l'auxiliaire de la force publique) pour stopper cette radicalité et lui substituer un compromis qui mette fin à la lutte et qui, même présenté comme une victoire, n'en est pas moins une défaite. Face à une telle situation, il est toujours apparu des courants, issus souvent des groupes politiques d'extrême gauche, qui pensent que le syndicat peut devenir un organisme de lutte et qu'il suffit pour ce faire de secouer la bureaucratie en place ou de la remplacer. Ils inversent la réalité sociale : ce n'est pas par défaut d'une " volonté de lutte " que les syndicats ne peuvent être dynamiques voire " révolutionnaires " ; ce ne sont pas les militants " actifs " et radicaux qui font la lutte de classe, c'est cette lutte de classe, dont le niveau est le pur produit des réalités socio-économiques de l'exploitation, qui détermine l'activité " possible " de ces militants. De tels courant existent partout, surgissant généralement lorsque des luttes ont été reprises en mains par lesdites bureaucraties. Aux Etats-Unis, les années de pression capitaliste que l'AFL-CIO ne pouvait et ne voulait endiguer ont vu le développement, dans les vingt dernières années d'une tendance pour une " démocratisation " des syndicats animée le plus souvent par des éléments appartenant ou ayant appartenus aux divers courants léninistes. Cette montée d'un " renouveau syndical " est facilitée par l'inertie de la vieille garde et un mélange d efaillite d'organisations n'ayant plus les ressources nécessaires pour entretenir un train de vie proprement scandaleux de ces bureaucrates, de fusions, de regroupements ". (d°).
Mise à part la critique générale à faire de la conception des syndicats que l'on trouve ici, il y a deux remarques particulières à effectuer (liées cela va de soi à la critique générale). Premièrement, il y a eu d'autres situations de crise où le capital ne pouvait pas lacher grand chose et où pourtant les syndicats se sont renforcés : la crise de 29 et les années trente. Avec une vision purement instrumentaliste on laisse de côté toute appréhension historique de la lutte de classe dans ses transformations qualitatives. Le syndicat est purement et simplement un instrument, une médiation, il n'est pas alors saisi comme détermination de l'existence de la classe dans la reproduction du capital, on passe alors à côté de l'histoire. Il est bien sûr un " rouage " de ce système, mais la force de travail aussi. Tant que l'on ne comprend pas cela, on balance sans cesse entre les deux caractéristiques censées rendre compte des syndicats : " rouage du système " ; nécessité d'avoir la confiance des travailleurs. On n'a plus pour solution (" synthèse ") que la manipulation. Deuxièmement, la critique du volontarisme démontre ici le contraire de ce qu'elle voulait prouver. Il est tout à fait exact que jamais aucune activité militante n'a " provoqué " la lutte de classe, mais si l'on dit que c'est la lutte de classe qui détermine l'activité possible des militants, il en résulte que, dans une période de lutte de classe intense, ces militants peuvent " secouer le syndicat " ou même, pourquoi pas, " fonder le parti révolutionnaire ". Les léninistes sérieux n'ont jamais dit autre chose. La critique ne peut que porter sur ce que fait le militant en tant que tel, la mise en forme de la lutte de classe que son activité produit : la séparation d'un cours objectif et de la volonté, de la conscience, de sa propre compréhension. Car si aucune activité militante n'a jamais " fait " la lutte de classe, il n'empêche que cette dernière comporte quasi nécessairement la première comme une détermination interne (le rapport de force - la situation - qui est activités apparaissant comme économie, objectivité à modifier par la conscience et la volonté) cela impliquant des contradictions à l'intérieur de la lutte de classe.

* Dans la grève de l'UPS, les caisses des teamsters étant à sec, c'est l'AFL-CIO et d'autres syndicats qui décident de prêter de l'argent pour payer les indemnités de grève : 500 francs par semaine. L'organisation de la grève semble être restée aux mains du syndicat. (" Echanges " n° 85).

-  Les conventions collectives

* Les 35 h, repenser l'ensemble de la négociation collective, encourager l'évolution plus réformiste du syndicalisme en particulier CGT, l'ancienne forme de représentation pas problématique tant que les conventions étaient des conventions d'amélioration, or maintenant " sacrifices partagés ". Il s'agit de coincer les nouveaux syndicats et de faire le tri entre les anciens ; mettre fin au décalage entre représentativité juridique et représentativité réelle. La CGT approuve les aménagements proposés par Aubry. (3 7 99)

* Les négociations et les accords sur les 35h démolissent la notion même de convention collective.(14 8 99)

* Déclaration du Medef (colloque à l'assemblée nationale sur la " refondation sociale ") : " Il faut privilégier le dialogue entre partenaires sociaux sous forme de contrat et il faut que ce dialogue se fasse au plus près des problèmes, au niveau de l'établissement ou de l'entreprise. ". La CGT : " Là où c'est l'entreprise qui prime, comme au Royaume-Uni, c'est le plus de flexibilité qui l'emporte. ". (1 4 00).

* En Suède. l'Etat-providence a revu ses prestations à la baisse. Les négociations se sont décentralisées. L'individualisation progressive des salaires a fait son apparition dans les entreprises. Les syndicats sont toujours aussi forts, le taux de syndicalisation est de 85% (les syndicats gèrent les caisses d'assurance-chômage). En 1985, les négociations salariales ont été transférées aux branches (plus au niveau national), prendre en compte la diversité des secteurs. Lorsque les employeurs ont voulu faire passer les négociations au niveau de l'entreprise, les syndicats ont bloqué, entraînant des grèves plus ou moins dures en 1995. Quoi qu'il en soit, une tendance progressive à la décentralisation.

-  Le paritarisme

* Le patronat a ouvert la chasse au paritarisme, une espèce qui a fait l'originalité du paysage social français depuis cinquante ans, mais qui est menacée d'extinction lente. particulièrement visé, le paritarisme impur (sécurité sociale, pouvoir discrétionnaire de l'Etat). Le patronat est sorti de la commision des accidents du travail (AT) pour protester contre le refus du gouvernement de réduire les cotisations, refus justifié par les charges indues que font peser les AT sur la branche maladie en raison d 'une sous-déclaration systématique des maladies professionnelles ; d'autre part, refus de toute augmentation des cotisations de la Caisse nationale d'assurance-vieillesse. Les organismes paritaires minés par : la faible légitimité des partenaires sociaux, la fiscalisation croissante du financement de la protection sociale à travers la CSG, l'intervention systématique de l'Etat lors des crises financières de l'Unedic, la pression du marché dans les domaines de la retraite et de la santé.
L'aile la plus libérale du CNPF, qui plaide pour que la régulation des relations salariés-employeurs pase davantage par les lois du marché, a pris un poids considérable dans l'institution patronale depuis le début des années 90. Aux institutions paritaires nationales, les libéraux souhaitent substituer progressivement des régimes de protection sociale dont la gestion, qui pourrait associer les syndicats, serait plus proche d el'entreprise et des réalités économiques, qu'il s'agisse des retraites avec les fonds de pension ou de la santé avec la fin du monopole de l'assurance-maladie. " En France, le pacte social a, en définitive, consacré la non-inclusion des syndicats dans les domaines économmiques et une formidable intégration de ceux-ci dans le domaine social " (Denis Kessler, vice-président du CNPF). sans marquer la fin de ce Yalta qui en 1945, a confié la gestion des grands risques sociaux aux ârtenaires sociaux sans leur donner de poids dans l'entreprise, l'élection de M. Seillière pourrait représenter un tournant. (17 12 97).

* La sécurité sociale devient un budget de l'Etat (historique, CSG, etc.), renforcé avec la création de la CMU. Les partenaires sociaux, gestionnaires de l'Unedic, refusent que l'assurance-chômage soit mise à contribution. Le Pare intervient dans une redistribution des cartes entre partenaires sociaux et Etat (en définir le sens). (17 9 99)

* pour les 35h, 18 milliards devront être apportés par l'Unedic (22 9 99).

* Le paritarisme : le " vrai paritarisme ", accord conventionnel entre les acteurs sociaux (retraites complémentaires asurance-chômage, formation professionnelle) ; le " pseudo-paritarisme ", les différentes branches de la sécu, renforcement du contrôle de l'Etat ; les juridictions paritaires, conseils de prud'homme. (4 1 00)

* En fait, tout commence par la scène de rupture qui se joue le 10 oct 97 à Matignon quand le patronat - le CNPF à l'époque - comprend que la force revient à la loi. une guerre des tranchées s'ensuit qui va conduire au remplacement de Jean Gandois par Ernest-Antoine Seillière et au changement de nom, le Medef se substituant au CNPF. De proche en proche, voilà le paritarisme remis en question, et pas uniquement à la Sécurité sociale ; puis maintenant, voici que le prétexte des circonstances amène à ouvrir sur une année entière l'immense chantier d'une " refondation sociale " qui promet de tout réformer. (15 2 00).

* Premier juin, protocole d'accord sur l'assurance-chômage, la CGT isolée. CFDT, FO, CFTC, CGC, ont plutôt bien accueilli l'esprit du texte. Le principe du CARE est acquis, préciser les modalités. Une clause surprenante a par ailleurs été introduite par le patronat qui promet aux " organisations signataires " de l'accord des compensations financières pour leur participation au fonctionnement de l'Unedic. Une telle mesure signifierait une mise à l'écart radicale de la CGT. Pour le patronat, le CARE est un dispositif obligatoire, les syndicats avaient espéré qu'il serait facultatif. Les nouveaux contrats d'une durée de dix-huit mois à 5 ans demeurent. FO s'est décidé car ele conserve l'ARPE (Allocation de remplacement pour emploi). (2 6 00).

* La ministre de l'emploi devra se prononcer sur le texte du 20 juin adopté lors d'une nouvelle réunion le 29 juin. Il revient aux Assedic (régime privé) de conclure un PARE avec chaque demandeur d'emploi, la collecte et la diffusion des offres restent du domaine public (ANPE propose des postes ou une formation), ce sont les Assedic qui contrôle le déroulement du projet d'action personnalisé. (30 6 00)

* Le Medef et la CFDT ont engagé une bataille de légitimité avec l'Etat (25 7 00).

Le Medef : la bataille de légitimité avec l'Etat ne tourne pas en sa faveur, le PARE a relancé le débat sur la notion d'accord majoritaire, qu'il ne prise guère. (20 9 00).

-  Plus d'Etat keynésien

* Le budget 2001, pas du tout keynesien. Depuis 97, les budgets ne se calent plus sur la croissance de la richesse nationale. Plus 0,3% de croissance en volume des dépenses de l'Etat, quand la croissance de l'économie est sur une pente de 3,5%. Quant au 7500 emplois de fonctionnaires en plus, rapporté au 500 000 emplois générés par l'économie marchande, ils ne change pas la tendance de fond : le poids des emplois publics dans l'emploi total en France continue de décroître. (15 7 00).

3 ) La revitalisation du mode absolu d'extraction de la plus-value

a ) flexibilité

* Dans le cadre du passage aux 35 heures, la FFB (bâtiment) et la FNTP (travaux publics) souhaitent pouvoir organiser des semaines de travail de zéro à 48 heures sans majoration pour heures supplémentaires et recourir à la semaine de six jours, remettant ainsi en cause les deux jours de repos consécutifs actuellement prévus par les conventions collectives des deux branches. (16 9 98).

* Des centaines de salariés transférés d'une entreprise à une autre : en termes techniques, cela s'appelle de l'externalisation ou de l'outsourcing. Il s'agit de la cession à des prestataires extérieurs de pans entiers d'une entreprise ; Après le gardiennage, la restauration et l'archivage, les sociétés transfèrent leurs services informatiques. Dans les pays anglo-saxons, où le phénomène remonte à une dizaine d'années, il gagne d'autres centres vitaux de l'entreprise comme les services financiers ou la gestion administrative des ressources humaines. L'externalisation a des conséquences sociales lourdes en termes d'emplois, de rémunérations, de conventions collectives... (2 10 98).

* Aujourd'hui, près de 15% des chômeurs cumulent revenus d'activité et allocations-chômage ou minima sociaux. La frontière entre emploi et inactivité est devenue incertaine. (4 11 98).

* Discussions acord 35 heures chez PSA Peugeot Citroën. Le texte, qui concerne 92 000 salariés, tourne autour du tryptique : rajeunisement des effectifs, emploi et flexibilité. Le projet exclu du temps de travail effectif les temps de pause (deux fois onze minutes par jour), ce qui fait passer la durée hebdomadaire de 38 h 30 à 36 h 40 ; Autre élément : pour la première fois en France, le texte vise à calculer le temps de travail sur trois ans ; La CGT contre, la CSL a annoncé qu'elle signera, la CFDT s'est félicité que l'acord s'inscrive dans une logique de création d'emplois, FO a pris acte d'avancées. (24 1 99).

* L'accord PSA est rejeté. En dehors de la CGT, les organisations syndicales avaient mis l'accent sur les " avantages " obtenus. Mais depuis les salariés ont signifié leur refus de la banalisation du travail le samedi et de la flexibilité des horaires. A l'origine de ce refus, l'annualisation du temps de travail, qui implique la perte du paiement des heures supplémentaires, et la généralisation du travial le samedi. (31 1 99). Le succès croissant des deux débrayages quotidiens - qui ont réuni chacun entre 700 et 1000 salariés selon les syndicats, et de 500 à 600 personnes selon la direction - a surpris la CGT, jeudi 28 et vendredi 29 janvier, qui avait appelé à cesser " provisoirement " l'activité et n'en espérait pas autant. Au pooint que l'entente FO / CFTC / CFE-CGC a pris acte à son tour de cette grogne. (31 1 99).

* Renault ouvre les négociations sur les 35 heures. dabs ce cadre, " la réduction du temps de travail effectif ", dont Renault souhaite qu'elle soit " significative ", doit permettre " une meilleure adaptation de l'entreprise ", comprenant " l'utilisation optimale des instalations, la réactivité à la demande des clients et une réduction des délais, a expliqué le directeur des ressources humaines du groupe. La direction souhaite rajeunir les effectifs, ce qui supose l'embauche de jeunes et le départ d'anciens. (4 2 99).

* Intérim. Deuxième marché mondial de l'intérim derrière les Etats-Unis, la France est le principal champ de bataille entre les deux géants mondiaux : Adecco et l'américain Manpower.
" Avec les clients, nous sommes passés à une offre de management de projets, ce qui est très proche du principe d'externalisation de la gestion des ressources humaines. Nous proposons des équipes de personnes, y compris le management, capables de résoudre des problèmes très spécifiques ". (Klaus Jacobs, coprésident du groupe Adecco). (20 4 99).

* Les immigrés, premières victimes des grandes vagues de licenciements. Ils ont permis d'amortir tous les chocs, d'engager les mutations du processus de production, en particulier la généralisation de la flexibilité. Les immigrés sans-papiers ont été les premiers a expérimenté les nouvelles formes du travail précaire. Aujourd'hui, le recours aux CDD, à l'intérim et aux " petits boulots " par des catégories de plus en plus larges de salariés français affaiblit la complémentarité entre nationaux et étrangers.(1 4 97).

* 35 h, la contrepartie, la flexibilité, annualisation, productivité. (29 7 99)

* GB : législation, protection de l'emploi quasi inexistante et conventions collectives au niveau de l'entreprise concernent un nombre de plus en plus réduit de salariés. Un quart des travailleurs à temps partiel et 50% des contrats durent moins de 15 mois, pertes de revenus liée à la rotation d'un emploi sur l'autre, environ 25%. 12 millions de personnes (1/5 état de pauvreté relative). (7 9 99).

* Jospin au Japon : " les 35h, une organisation nouvelle et plus souple du travail. " (18 12 99).

* Etats-Unis : " Quelques industries-clés, comme (...) sont en train de remodeler le paysage économique mondial et elles sont en train de transformer fondamentalement le contrat de travail (...) " prélude au grand chambardement économique des années 90, les années 80 ont vu des pans entiers de l'industrie manufacturière américaine partir à l'étranger et le secteur des services prendre le relais, comme employeur principal. " Ce à quoi nous assistons à présent, c'est la transformation de la nature même de l'emploi, avec la montée de l'emploi à temps partiel, de l'emploi temporaire, de l'emploi ponctuel. Or l'ensemble du contrat social aux Etats-Unis (l'assurance médicale, l'assurance-chômage, la rémunération, etc ; ) repose sur un lien fixe et permanent entre salariés et employeurs. Nous avons donc une nouvelle économie qui change la manière dont les gens travaillent, mais avec une infrastructure sociale du XIXème s. " (Amy Dean, responsable régionale de l'AFL-CIO pour la Silicon Valley). A peine un tiers de la main d'oeuvre californienne occupe des " emplois traditionnels " définis par l'Institut (Université de Californie) comme un emploi par personne, quotidien, à plein temps, à durée indéterminée, et rémunéré directement par l'employeur sur le lieu de travail. Pour elle, les syndicats doivent fournir aux salariés le lien permanent abandonné par les entreprises en leur fournissant assurance maladie etc. " La nouvelle économie est une économie de changement, à nous d'y trouver la réponse appropriée ". Le Pare est plus une organisation de l'emploi et du contrat de travail qu'une organisation du chômage. (25 1 00)

* Les soutiers d'internet : travail répétitif et précarité, surqualifiés et sous-payés. (9 2 00).

* Les entreprises passées au 35 h misent davantage sur l'intérim (étude réalisée par Manpower). 43% des entreprises ont adopté les 35 h contre 7% en 1998. La majeure partie d'entre elles considèrent que l'annualisation du temps de travail est " une opportunité utile ". Les 35 h incitent à recourir davantage à l'intérim ; 64% ont développé le temps partiel. Recours à l'intérim : 65% des entreprises françaises rencontrent actuellement des difficultés d'embauche (ouvriers qualifiés). BTP (95% des entreprises), transport (81%)), industrie (71%)

* Les agences d'intérim. Les agences d'intérim se sont mises sur les rangs pour participer au PARE. Elles proposent de constituer un réseau spécialisé pour réaliser les entretiens d'évaluation auxquels tous les demandeurs d'emploi seraient obligés de se soumettre. Les signataires ont prévu de consacrer 6 milliards de francs par an au traitement des dossiers individuels des chômeurs. la profession était bien représentée aux négociations sur l'assurance-chômage puisque Pierre Fonlupt, directeur général du groupe Plus et administrateur du syndicat des entreprises de travail temporaire, était membre de la délégation du Medef. M Fonlupt a même piloté le groupe de travail sur la précarité dont est sortie l'idée d'un nouveau contrat de cinq ans pour les salariés. Le gouvernement craint une privatisation rampante du système : le rôle de l'ANPE est totalement contourné. (25 7 00).

* La mise en oeuvre de la législation sur les 35 h, encourageant la flexibilité interne, n'a pas ralenti le recours à l'intérim. Les entreprises ont aujourd'hui intégré l'intérim dans la gestion de la flexibiité, d'autant plus que les 35 h les ont conduites à repenser leur organisation et, dans ce cadre, elles ont pu engager une réflexion sur leur différentes sources de fléxibilité (la précarité " intégré " dans la stabilité).
36% des intérimaires intérrogés en juin 99 sont salariés en CDI ou CDD, 1 an après. Ce taux s'est amélioré depuis 95-96 (28%).
Manpower vient d'annoncer une opération de formation destinée à former plus de 1000 personnes d'ici à la fin de l'année, à des postes pour lesquels les entreprises rencontrent actuellement des difficultés de recrutement. Un éclairage sur ce que le PARE se fixe en grand comme objectif. (7 11 00).

* Tous les grands constructeurs et équipementiers fonctionnent avec un volant permanent d'intérimaires (jusqu'à 20-25% chez les constructeurs, bien davantage chez les équipementiers. La bonne tenue de la conjoncture ne réduit pas le phénomène. les usines s'appuient sur cette réserve de main-d'oeuvre jeune, souvent plus diplomée que le personnel permanent, et donc plus poyvalente, payée au SMIC quel que soit son niveau de qualification, et de surcroît non-syndiquée, jamais absente ni malade ou du moins immédiatement remplacé. Le but est de créer un vivier de personnel de production potentiellement embauchable. Que toute la force de travail disponible soit potentiellement embauchable (le taux d'emploi) : le PARE. (7 11 00). En liaison avec la croissance du taux d'emploi.

* Industrie nucléaire. A Chinon, lors des plus grosses opérations de maintenance, la centrale accueille jusqu'à 2000 salariés d'entreprises extérieures dont les trois quart sont " directement affecté à un travail sous rayonnement ". En période d'arrêt, on compte jusqu'à 300 personnes vivant des caravanes à proximité de la centrale. Souvent les salariés ne voient pas la couleur des idemnités " grands déplacés " versées par EDF aux entreprises. EDF multiplie les contrats au forfait ce qui provoque une sous-traitance en cascade ; Beaucoup de nomades du nucléaire se transforme pendant l'hiver en nomades de l'amiante. (23 1 97).

* Aujourd'hui 8 embauches sur 10 relèvent de contrats précaires (contrat à durée déterminée, missions d'intérim, contrats aidés...). Selon l'Insee, les emplois précaires ont représenté environ 9% de l'emploi salarié en 1996, contre 5,7% en 1991 et moins de 2,8% en 1984. Ces chiffres cachent une tendance plus essentielle encore : la précarité est devenue, en un peu plus de dix ans, la règle dominante des flux d'emplois en France. Autour d'un noyau dur de salariés en contrat à durée illimitée (CDI), le marché du travail se renouvelle chaque année - environ 4 millions d'embauches en 1996 - sur la base de flux de main-d'oeuvre dont l'essentiel est constitué d'emplois précaires. Des populations de CDD et d'intérim qui varient entre 15% (Bolloré Technologies) et 5O% (Ateliers et chantiers du Havre) de leurs effectifs. Depuis des années, l'usine Citroën d'Aulnay-sous-Bois emploie entre 200 et 1200 intérimaires, pour 5000 salariés en CDI. (19 2 97).

* Historique de l'aménagement du temps de travail (ATT) en France.
L'ordonnance du 16 janvier 1982 fixe la durée légale hebdomadaire à 39 heures, elle introduit plusieurs mesures de flexibilité, dont la modulation dite de type I ; Par le biais d'un accord d'entreprise ou de branche étendu, la durée hebdomadiare du travial peut atteindre 48 heures, à condition que, sur un an, elle n'excède pas en moyenne les 39 heures. En clair, la logique de l'annualisation est entrée dans les textes. L'ordonnance reprend les grandes lignes de l'acord-cadre interprofessionnel du 17 juillet 1981 que la CGT n'avait pas signé. Cette ordonnance qui autorise en matière d'ATT les accords dérogatoires, ouvre une énorme brèche que gouvernements et partenaires sociaux ne cesseront d'élargir au fil des ans. Malgré l'échec de la négociation interprofessionnelle de 1984, la loi Delebarre assouplit encore les règles d emodulation. Un an plus tard, la loi Séguin reprend le flambeau : un accord d'entreprise suffit pour faire varier la durée hebdomadaire jusqu'à 44 heures (48 par accord de branche étendu). En 1993, le gouvernement Balladur avec la loi quinquennale, dite d'annualisation, la durée du travail peut varier jusqu'à 48 heures par le biais d'un simple accord d'entreprise, à condition que la durée moyenne anuelle soit réduite. La loi ne précise pas de combien. Le droit d'opposition pour les syndicats, qui était la règle jusqu'alors pour les accords dérogatoires diparaît. Cependant, au regard de cette impressionnante batterie d'outils, le nombre des accords paraît faible, seule 47 branches sur 330 diposaient d'un accord d emodulation étendu (au 31 décembre 1996). Les entreprises, dans un contexte économique incertain, ne souhaitent pas s'ngager sur un volume d'heures annuels. Aussi préfèrent-elles recourir à de sdispositifs de flexibilité plus classiques et encore plus souples, tels les heures supplémentaires et le chômage partiel ; sans parler du temps partiel qui a connu un boom depuis 1982. L'incitation financière versée aux employeurs en faveutr du temps partiel apparaît en 1982 (abattement sur les charges patronales de 50% pour les contrats compris entre 19 et 30 heures par semaine. Aucun contrôle sur le dépassement des heures complémentaires. Des salariés à temps partiel effectuent u temps plein, une partie du salaire étant réglée au noir. Autre outil de flexibilité individualisé utilisable sans accord collectif : le temps partiel annualisé (la loi quinquennale) : l'employeur n'a qu'à indiquer sur le contrat les périodes à l'intérieur desquelles il pourra faire appel au salarié. On peut avoir des contrats à mi-temps assortis de périodes de disponibilité de onze mois sur douze. En outre, la modulation " sauvage " s'est dévelopée : astreintes non encadrées, dépassement de la durée maximale hebdomadaire ou journalière, modulations sans accord, ou par le biais d'accords conclus avec des élus du personnel et non avec les syndicats. (19 2 97).

* Grande-Bretagne, près de 6 millions de personnes travaillent à temps partiel, il y a 1,5 million de travailleurs temporaires. Organiser une grève ou cesser le travail est très risqué. (11 9 97) ;

* Espagne, mais plus général. " Enfin, il faut noter ce fait que les formes d'emplois temporaires et précaires ne sont pas uniquement des armes économiques sans dimension politique profonde, dans la mesure où elle contribuent à aggraver la faiblesse structurelle de la classe laborieuse. Il s'agit effectivement de mesures qui visent à empêcher la consolidation des liens et des rapports au sein de la force de travail, à tuer dans l'oeuf toute possibilité d'association des salariés dans le lieu de travail. La dislocation formelle de la classe ouvrière saute aux yeux, ne serait-ce que dans le fait que la réforme du travail affecte les nouvelles embauches. La vieille fraction des salariés (avec un taux plus élevé d'affiliation syndicale) conserve sa stabilité et quelques-unes des conquêtes du passé, tandis que la fraction jeune, installée dans la précarité, est celle qui se chargera du pire. " (" Echanges " n° 84) Flexibilité et identité ouvrière.

-  Problèmes de la flexibilité

*Des interrogations sur la relation négative entre flexibilité et productivité, le modèle britannique remis en question ; cf ; les accord patronat / syndicats en Espagne. (7 9 99)

* Jean-Louis Beffa : " Le droit du travail doit évoluer en reconnaissant la diversité "
Trois modèles : la stabilité polyvalente (40%), personnel stable capable de s'adapter vite et polyvalent (changement de tâches), les syndicats ont là toute leur place ; la profession, le savoir faire des collaborateurs ; la flexibilité de marché (caissières, vigiles, serveurs) le modèle qui se dévelope le plus, pas de formation lourde, une fois que les nouvelles techniques sont installées il n'y a pas de relèvement de compétences. Cet éclatement du travail, à partir de 83 avec la stabilité monétaire, l'ouverture, l'Europe. Cela a entrainé la réorganisation du travail et la réorganisation des firmes. " Les firmes qui jouent sur le renouvellement rapide des salariés n'ont pas intérêt à les former. Voilà qui appelle une intervention des pouvoirs publics afin de concilier mobilité des salariés et amélioration continue des compétences. C'est un moyen de réduire les inégalités, mais aussi les risques d'instabilité économique et sociale dont l'entre-deux-guerre montre les dangers. (...) Il faut une réinstitutionalisation des relations sociales. Il est urgent de mieux intégrer les formes salariales différentes du modèle classique (stabilité, polyvalence), et notamment celle de la flexibilité, qui devient le schéma qui se développe. Pour cela le droit du travail doit évoluer, non pas en imposant des règles proches du modèle classique, qui n'aboutiraient qu'à rigidifier l'ensemble, mais en reconnaissant la diversité. Il s'agit de repenser le droit du licenciement et les fameuses coupures entre contrat à durée indéterminée et contrat à durée déterminée. " C'est la philosophie du Pare : institutionaliser, organiser le changement, la mobilité, et la formation. (7 9 99) Il s'agit d'intégrer, dans une régulation globale de la reproduction de la force de travail, les formes salariales différentes du modèle classique.

* Les limites de la flexibilité. Hormis l'habillement et le textile, en chute structurelle, tous les secteurs d'activité voient leurs effectifs croître, y compris - le renversement date du début de l'année - dans les grandes entreprises. les demandeurs d'emploi préfèrent attendre un CDI plutôt que de se précipiter sur un CDD ou un intérim. Il y aurait un lien entre " pénurie de main-d'oeuvre " et précarité. " Les modes présents de gestion des ressources humaines touchent sûrement leurs limites ". (26 9 00). C'est justement face à cela que le PARE réagit en l'intégrant.

*Tyota abandonne le " toyotisme "
Toyota ne réussit pas à recruter ou à retenir le nombre de jeunes nécessaires, ceus-ci se détournant du travail proposé en raison de sa dureté. Les salariés en place ont résisté, à travers le syndicat, à un nouvel accroisement des heures supplémentaires. Les chefs d'équipe et les contremaitres, piliers du système, ont été de moins en moins en mesure d'assurer le plan de production, en raison des manques d'effectif et de la trop grande diversité de la production. Il en a été de même chez les founisseurs. A force de tendre vers la production " au plus juste ", le système s'est privé de toute élasticité. Un comité conjoint direction-syndicat a été constitué pour " humaniser le travail ". le principal inventeur du " juste à temps ", l'ingénieur de Toyota Taiichi Ohno, a oublié de rappeler dans ses écrits qu'il avait couplé cette méthode de disparition progressive des causes des arrêts de flux avec le système de rémunération : le salaire dépendait à 60% de l'effort fait mensuellement par chaque équipe pour diminuer ses temps de production, ce qui menaçait à terme son propre effectif.
Comment obtenir durablement des salariés qu'ils réduisent in fine le temps de travail nécessiare à une production donnée, sans garantir leur emploi en particulier ni le niveau de l'emploi en général ? L'adhésion obtenue des salariés ces dernières années résulte plus de la crainte du chômage et de l'affaiblissement syndical que d'une acceptation raisonnée et relative du système, comme cela a pu être le cas du personnel de Toyota jusqu'à la fin des années 80. Quand les salariés constatent que leur implication conduit à des réductions incessantes d'effectifs, et non à la construction d'un engagement réciproque sur l'emploi et les salaires, alors les nouvelles organisations peuvent s'écrouler comme des chateaux de cartes, ainsi que le laissent penser certains conflits de ces derniers mois. (15 1 97). Vers un nouveau compromis, à travers la lutte des classes.

* Un accord bizarre au Havre : Paix sociale sur les quais depuis l'accord de 95 qui avait réduit le nombre de dockers de moitié et réserver les emplois au fils de dockers ;

* La flexibilité investit l'emploi dit " stable ". Dans l'industrie automobile allemande, le syndicat IG Metall a fait les concessions qu'il fallait. Les patrons ont échangé une garantie de l'emploi contre une flexibilité et une compétitivité accrues. (16 11 97). On ne peut opposer flexibilité et même précarité et stabilité, c'est la stabilité elle-même qui est redéfinie.
C'est par la croissance de la plus-value sous son mode relatif que se développe sa croissance sous son mode absolu, c'est la première qui fournit les bases et impulse la seconde.

* Extrême hétérogénéité du système de salaires et de l'emploi (temporaire, précaire et autres) au Japon. Dans le secteur de la distribution, une " hyperflexibilité intégrée " qui se traduit par une organisation parfaitement cohérente des différents types d'emploi.
Le système de transfert temporaire d'employés vers d'autres entreprises, un marché de l'emploi interentreprises (à l'intérieur ou non d'in conglomérat), constitue un instrument de régulation de la main-d'oeuvre sur le court ou le long terme, sans avoir à recours à un plan social. un tel système de mobilité dont la pratique s'intensifie, constitue un exemple de mélange de flexibilité et de stabilité qui caractérise les méthodes de gestion nippones.
De son côté le système d esous-traitance est en train d'évoluer vers une plus grande indépendance. (19 11 97).

* 20% des salariés japonais travaillent à temps partiel.
Ils touchent des rémunérations inférieures d'un tiers à celles des employés à temps complet.

-  Croissance " riche en emploi et en chômage "

* Si l'emploi s'améliore, c'est que le contexte macroéconomique général a considérablement changé en Europe : ce facteur joue un rôle bien plus important que toutes les réformes structurelles engagées par les gouvernement en place. la hausse du dollar depuis 1995 améliore la compétitivité extérieure des économies européennes ; le " tour de vis " budgétaire n'est plus aussi contraignant ; la baisse des taux d'intérêt en Europe, rendue possible par l'approche de l'euro, soutient fortement la croissance.
La croissance est sans doute plus porteuse d'emplois que ce que l'on avait tendance à penser. Le lien entre croissance et emploi s'est affermi avec le développement des contrats à durée déterminée et le développement du temps partiel. Il semble que les Européens continentaux, à la manière des Anglo-Saxons, parviennent désormais à réduire la durée du chômage : la probabilité à la fois de perdre et de retrouver un emploi est plus forte. Une situation qui amène les économistes libéraux, comme ceux de l'OCDE, à encourager les Européens à s'attaquer de manière plus ambitieuse à leur " chômage structurel " par une réforme de fond de leur Etat-providence. Pour s'attaquer à ce chantier, les Européens sont confrontés à des choix de société douloureux, tant en matière de salaire minimum que de flexibilité du marché de l'emploi ou de calcul des allocations sociales. (12 6 98 ).

* La croissance génére de l'emploi dès lors que la hausse de l'activité est supérieure à 1,5% (contre 2,5% au début des années 90). Ce phénomène d'enrichissement de la croissance en emplois s'explique par le dynamisme du secteur tertiaire, le développement des CDD et de l'intérim, la baisse du coût du travail peu qualifié, et surtout l'explosion du temps partiel, qui concerne désormais plus de 15% des salariés du privé. Le temps partiel c'est plus de gens pour faire le même nombre d'heures de travail. le temps partiel remonte au début des années 90 avec la mise en place de baisses des cotisations sociales très incitatives. Les aides publiques sous diverses formes ont permis aux entreprises d'abaisser le coût du travail des salariés peu qualifiés et à faible rémunération. (30 1 99). Quand on dit que l'mélioration de l'emploi provient essentiellement de la croissance, il faut prendre cela avec énomément de précautions : d'une certaine croissance, c'est-à-dire d'un certain mode de valorisation du capital dans ses modalités d'exploitation de la force de travail historiquement spécifiées.

* Espagne. Croissance de 8% en deux ans et plus fort rythme de création d'emplois de la zone Euro. Des réformes structurelles du marché du travail (1997). Un nouveau contrat permanent, assorti de coûts de licenciement réduits, facilite la possibilité de licenciements individuels pour des raisons économiques. Entre janv 98 et oct 99, près de 2 millions de ces nouveaux contrats permanents ont été signés. La proportion des salariés sous contrat à durée déterminée est toujours voisine de 33% (inchangée depuis 97). Les deux centrales syndicales (Commissions ouvrières et UGT) se félicitent de leur choix et d'avoir pris leurs distances avec la gauche. Hausse annuelle importante des syndiqués (taux de syndicalisation de 19%). (7 3 00).

* Espagne (" Echanges " n° 84). La réforme suppose un abaissement notable du coût de la force de travail, étant donné qu'en moyenne le salaire d'un salarié temporaire est la oitié de celui d'un engagé à durée indéter minée (non touvhé par la réforme). Les mécanismes mis en oeuvre par la réforme débouche sur une diminution absolue du coût de la force de travail ; (" Echanges " n° 84). Le texte met le doigt (sans s'en apercevoir) sur une nouvelle forme de compromis, sur la base de revification de la plus-value absolue. " En ce sens la réforme du travail peut s'entendre comme une stratégie qui, en renonant à une diminution réelle du chômage, se propose une forme de distribution du travail disponible. En rendant les relations de travail plus flexibles, l'aspect temporaire de celui-ci s'étend de telle manière qu'un poste de travail peut être partagé par plusieurs personnes grâce à un dosage du temps de travail. (...) La stabilité des nouveaux contrats les différencie bien peu des contrats temporaires, étant donné qu'ils sont devenus précaires, vidés de tout contenu et de tout droits. (...) Le modèle d'embauche fixe est devenu un modèle précaire.

* France. L'emploi renaît mais il s'acompagne de la multiplication des statuts (temps partiel, intérim, travaillleurs indépendants). (14 3 00).

* " Une croissance plus riche en chômage ". Ce titre fournit la meilleure clé d'approche du Pare. " La multiplication des formes et des statuts d'emploi, avec ce que l'on nomme le dévelopement de la précarité, rend le volume des chômmeurs moins élastique. Des catégories entières d'actifs, par centaines de milliers, balancent continuellement de l'emploi vulnérable au chômage. A tel point que l'on peut prétendre que la croissance plus riche en emplois, saluée comme une excellente évolution, s'accompagne d'une croissance plus riche en chômage. Précisément parce que la réussite de l'une se nourrit de l'autre. Pour les mêmes raisons le taux de 8,5% (envisagé comme plein-emploi) signifierait que les phénomènes à l'oeuvre depuis des années ont pris plus d'ampleur avec la bonne santé économique retrouvée. De fait le travail temporaire a par exemple augmenté de 11% au premier semestre 1999, par rapport au premier semestre 1998. Tant et si bien que l'on invoque maintenant un taux de chômage, structurel cette fois, en dessous duquel la croissance se traduit difficilement par une baisse du chômage. On peut se demander, à cette aune, comment se débrouille les Etats-Unis, avec leur taux de chômage à 4%. " Les Etat-Unis se débrouille en ayant poussé le système de la précarité bien plus loin qu'en Europe (cf. Echanges sur les Etats-Unis, grève UPS). Ce qui est évident dans cette analyse, et qui est capital, c'est que chômage et " prospérité " ne s'opposent plus de façon exclusive. Le Pare est le premier dispositif sur le chômage, depuis 25 ans, qui ne soit pas un dispositif de crise mais le dispositif d'une nouvelle forme de " plein-emploi " (21 3 00).

* Pays-Bas : taux de chômage, 10% en 83, moins de 3% en 99 ; le temps partiel concerne 21% des salariés contre 12,7% en France ; le point de départ : les " accords de Wassenaar " : modération salariale, diminution des prélévements obligatoires, les patrons s'engagent davantage sur l'emploi. Une fois les deux premiers termes posés, il est évident que le troisième n'est plus une concession mais une conséquence. Belle illustration de la situation présentée au paragraphe précédent. (21 3 00).

* L'intensité du travail (pl abs). Le pourcentage de salariés dont le rythme de travail dépend de " normes ou délais à tenir en moins d'un jour " a cru de 19% à 43% entre 1984 et 1998. La proportion de salariés qui doivent " répondre immédiatement à la demande des clients ou du public " est passée de 29% à 54%. Et la part des salariés cumulant ces contraintes est passée de 4% à 26%. Cumul des contraintes industrielles et marchandes (le procès de valorisation parcourt...) entraîne une intensification du travail. Parallèlement, les nouvelles formes de management ont accru l'autonomie des salarié. Le calcul des effectifs " au plus juste " et la mobilisation permanente de la main d'oeuvre transforme tous les rapports du travail et du temps. Les horaires journaliers et hebdomadaires sont moins stables. Le morcellement des périodes travaillées et l'incertitude sur les horaires à venir se font plus fréquents. Les parcours professionnels sont plus chaotiques. (...). La recherche de flexibilité dans les affectations, le recours à la sous-traitance et aux contrats temporaires, provoquent une instabilité des collectifs de travail et des itinéraires personnels (...) entre la culture de l'urgence et le besoin de maîtriser, individuellement et collectivement, les situations de travail, les antinomies deviennent visibles. Dans les sciences de la gestion, la systématisation des réductions d'effectifs, le dogme du flux tendu, les déséquilibres dans la relation de sous-traitance, font aujourd'hui l'objet d'analyses critiques. (4 4 00). Il y a un rapport structurel et qualitatif, et non simplement la nécessité toujours existante de tirer le maximum de pl (la baise du taux de profit devient un rabachage sans intérêt), entre la revification de la pl abs et le rapport salarial dans la restructuration : l'appropriation des forces sociales du travail dans le procès de production immédiat et dans son articulation au procès de circulation. La restructuration est dépassement des modalités qui portèrent la baisse du taux de profit : la création d'une force de travail de plus en plus sociale et collective et les modalités de l'appropriation de cette force. Dépasser cette situation c'est considérer que cette force sociale de travail est constamment l'objet de l'exploitation capitaliste. La revification de la pl abs est une détermination de la disparition de l'identité ouvrière : le moment productif se dilue dans le cycle de vie et et soumis au nécesité de la rotation du capital.

* " A coup et à coût de CDD de travail à temps partiel, d'intérim et d'exonérations de charges, la croissance crée aujourd'hui beaucoup plus d'emplois qu'hier. (2 7 00).

* La diminution du chômage profite dans la même mesure aux femmes et aux hommes. La situation des jeunes de quinze à vingt-quatre ans s'est notablement améliorée. L'enquête de l'Insee montre que, si le nombre global de personnes privées d'emploi diminue, la proportion des chômeurs qui le sont depuis longtemps a tendance, elle, a augmenté. (En fait, il y a distinction dans les chômeurs entre un stock de personnes difficilement employables et un flux de personnes passant de l'emploi au chômage). Cependant, à noter que les demandeurs d'emploi de catégorie 1 (plus d'un an d'ancienneté) passe de presque 1 200 000 en 1998 à 800 000 en 2000 (chiffres donnés dans le sup éco du 5 9 00).
Le " plein-emploi " s'obtient au détriment des conditions de vie des salariés ; Sur 710 000 personnes de plus au travail entre janvier 1999 et mars 2000, le nombre des contrats à durée déterminée est de 230 000. le temps partiel non-désiré concerne 36% des personnes travaillant de cette manière. D'où la thèse d'une détérioration du contrat de travail : au sortir de la crise, non seulement la situation globale des salariés ne serait pas améliorée, mais, pour tous ceux qui se situent au bas de l'échelle, elle serait pire qu'elle n'était dans les années 70. (5 8 00).

* " Une société non pas sans chômage mais où le chômage ne dure pas " Depuis fin 1997, la croissance a été au rendez-vous, sans aucun doute, mais cette explication ne suffit pas : l'économie française a créé dvantage d'emplois au cours des adernières années que dans les années 60, où la croissance était deux fois plus forte, où à la fin des anées 80, Où elle était plus élevée de près de 1 point. En clair, la croissance s'est enrichie en emplois, c'est-à-dire qu'à un niveau donné, elle crée plus d'emplois qu'elle ne l'avait jamais fait. Et cela, selon M Pisani-Ferry (membre du Conseil d'analyse économique rattaché à Matignon et auteur du rapport sur le " plein-emploi "), grâce aux politiques de l'emploi menées depuis dix ans. Les allégements de cotisations sur les bas salaires ont largement participé à cette évolution. Les entreprises ont ainsi été incitées à substituer du travail peu qualifié au capital. La réduction du temps de travail et la création des emplois-jeunes ont également participé de ce mouvement, ainsi que le développement du temps partiel ; cependant tous ces éléments, avec le temps, devraient perdre leur efficacité. cela signifie que les gains de productivité par tête devraient se redresser (l'Insee envisage que les gains de productivité reviennent sur une tendance de 2% par an, à comparer à 1,2% par an sur la période 1996-2000). Il faut que cette évolution se fase en douceur. " Il ne faut pas tourner prématurément la page de la croissance riche en emplois ; Y mettre fin rapidement, en particulier pour satifaire des aspirations salariales, impliquerait de se fixer des objectifs de croissance plus élevé encore ". La modération salariale, qui prévaut en France depuis trois ans, a permis aus entreprises de consacrer pus de moyens à l'embauche qu'aux augmentations de salaires. Ce partage entre emplois et salaires, reviendra, lui aussi, sur une tendance plus normale.(6 12 00)

b ) Le taux d'emploi.

* Un décret d'application assouplissant les modalités en vigueur du cumul de quatre minima sociaux, dont le RMI, avec des revenus tirés d'une activité professiosnelle est paru, samedi 28 novembre 1998 au Journal officiel. Ce cumul dégressif de quatre minima sociaux avec une reprise d'emploi figur ait dans la loi contre les exclusions promulguée le 29 juillet 1998. pendant trois mois, les bénéficiaires pourront cumuler leur salaire avec l'intégralité de leur allocation. Puis, les neuf mois suivants, le montant de l'allocation sera réduit de 50% du montant du salaire. Ce mécanisme d'interressement était auparavant limité à 750 heures, soit moins d equatre mois à plein temps. Il s'agit de faciliter le passage des minima aux emplois à temps partiels ou à durée déterminée et non de réaliser un relèvement des ressources qui concernerait aussi bien le smicard à mi-temps que le Rmiste. (1 12 98).

* L'activité féminine " est sans doute le facteur le plus dynamique de la croissance dans les modes de production contemporains " (Béatrice Majnoni d'Intignano). Le volume de travail n'est pas prédéterminé il augmente avec l'activité féminine. S'il veut stimuler la croissance, l'Etat doit donc promouvoir le travail des femmes. (6 3 99). La même, dans une revue patronale (" La revue des entreprises ", n° 600, avril 98, site internet du Medef) proclame : " Oui l'emploi est extensible ". " Il faut cesser d'avoir les yeux braqués sur le taux de chômage et considérer le taux d'activité (...) Tous les pays anglo-saxons ont des taux d'activité très élevé et cela va toujours avec un chômage bas. Ainsi aux Etats-Unis, où le chômage est le tiers du nôtre, le taux d'activité a progressé quatre fois plus vite depuis 1970. L'Amérique compte plus de jeunes et de femmes au travail, et a fourni un job à plus d'imigrés que l'Europe. Surtout plus d'Américains ont un emploi : 85% des hommes de 15 à 65 ans, contre 75% en France, et 72% contre 61% pour les femmes. (...) Contrairement à toutes les idées reçues, les Etats-Unis apparaissent comme le pays qui a réellement partagé le travail. (...) Dans nos pays occidentaux, l'Etat-providence permet de vivre sans travailler. La combinaison de ces deux facteurs (la substitution du capital au travail au lieu de la " mobilisation de la main-d'oeuvre " - sic - et l'Etat-providence) entraîne une faible offre de travail non qualifié. (...) Et du côté des entreprises, la demande est basse à cause du coût du travail généré par l'Etat-providence. (...) La dissociation du revenu d'activité et du revenu de subsistance est une très belle idée, et ce serait une simplification considérable. Chacun disposerait d'un revenu minimum, joint au salaire, mais non payé par l'employeur. Du point de vue théorique, la formule relève à la fois de l'ultralibéralisme et de l'utopie marxiste (sic). Pour le salaire, on laisserait le prix du travail s'équilibrer sur le marché suivant la productivité de chacun, et on pourrait supprimer le Smic. Pour le revenu minimum, c'est la répartition chère aux sociétés communistes : à chacun selon ses besoins. (resic) (...) Déjà les Suédois, les Danois, les Anglais cherchent des formules pour obliger les jeunes à se former ou à accepter un travail. Faute de quoi, ils suppriment les minima sociaux. La société française est-elle prête à cela, cest-à-dire à supprimer la trappe à pauvreté ? La dissociation entre revenu d'activité et revenu de subsistance est probablement la seule manière d'introduire la flexibilité. (...). Depuis la révolution industrielle, l'histoire de l'emploi est celle d'un " déversement ", selon l'expression d'Alfred Sauvy, des activités anciennes vers des activités nouvelles ; (...) La difficulté est que dans les grands pays européens où les règles de la social-démocratie s'appliquent assez généralement, les citoyens-consommateurs sont fremement partisans du libre échange, de la concurrence internationale, de l'ouverture des marchés. (...) Et puis les mêmes citoyens européens, en tant que travailleurs, aspirent encore aux règles de l'organisation du travail de la société communiste. Ils rêvent que les entreprises, et surtout l'Etat, soient obligés de leur fournir des emplois stables, des statuts, des revenus élevés, plus une protection sociale avancée, ils souhaitent garder l'interdiction de licenciement (quand une telle chose a existé en Europe occidentale ?) etc. L'Européen est écartelé entre son rêve de consommateur, en quoi il est proche de l'Américain, et son rêve de travailleur, en quoi il est quasi soviétique. " Et le bouquet final : " En France, celui qui prend le risque maximum, le créateur d'entreprise, est le plus mal protégé. Il est mal vu par les banque, mal financé, mal épaulé, et a des difficultés à embaucher des collaborateurs qualifiés car les stock options, pour les intéreser à la réussite de l'entreprise, restent coûteuses et peu utilisées. S'il réussit, il se fait plumer par le fisc. Et s'il échoue, il n'a pas d'allocations de chômage et son entourage dira qu'il a fait faillite. "

* Etats-unis : les working poor, 12 millions . " Cette situation que je considère comme inadmissible est la conséquence directe de cette flexibilité accordé aux entreprises et pas aux salariés (...) alors que dans d'autre secteurs où il y a pénurie de main-d'oeuvre, les entreprises sont prêtes à offrir de très bons salaires. Il faut organiser des stages de reconversion qui permettront à ces travailleurs d'accéder à une meilleure situation. C'est possible, cela demande entre six mois et un an ; " (Robert Reich). Et donc faire baisser les salaires. (7 9 99)

* Etats-Unis : Greenspan doute que l'élasticité du marché du travail soit infinie : " Si nous étions certains que la croissance économique pouvait être nourrie que par des gains de productivité et une croissance de la population en âge de travailler, y compris l'immigration, nous ne serions pas inquiets de distorsions inflationnistes potentielles. ". La période de souplese monétaire touche à sa fin. Mettre en place de façon permanente cette élasticité du marché du travail.(15 1 00)

* Etats-Unis : tensions sur le marché du travail dans l'ensemble des activités, Greenspan pour une révision des lois sur l'immigration. (30 1 00).

* Une situation de dépendance migratoire de la vieille Europe.(pas de date)

* Le nouveau CDI (5ans). Inspirés des anciens " contrats de chantier " (BTP). Il s'agit de rompre avec l'organisation taylorienne du travail (la fixation à un poste dans une entreprise). Ce qui dégage de nouvelles sources d'extraction de plus value sous son mode absolu : au niveau de l'intensification et de la globalisation de l'utilisation de la force de travail comme force de travail sociale disponible par le capital global. La plus-value absolue est relancée non seulement dans le procès de production immédiat mais encore au niveau de la relation de la force de travail globale et du capital total. " S'adapter aux exigences de la nouvelle économie ". La brèche a été ouverte avec les emplois-jeunes (Martine Aubry).
Une manière déguisée de contourner le droit du licenciement en cas de plans sociaux (obligation de la justification économique et de reclasement des salariés). la relation se fait de gré à gré, elle n'est plus collective (pas de justifications économiques, pas de reclassement). En fait, c'est le plan social permanent. L'accès à ce nouveau type de contrat " serait subordonné à un accord d'entreprise ", niveau où la présence syndicale est la plus faible. Vider de sa substance le CDI, qui reste la norme dans le Code du travail ; retour à une individualisation des relations sociales. Aglietta : " on rationalise l'insécurité ". Ce n'est pas en décalage avec les tentatives de fidélisation américaine : la flexibilité y est la norme, la sécurité, un bien rare accordé à titre de gratification. Une longue marche, c'est en 1979 que la loi avait codifié, pour la première fois, le recours à des contrats à durée déterminée. (11 4 00).

* Le Medef soutient que le taux de chômage national n'a plus aucun sens, étant données les disparités régionales (il faut contraindre la main-d'oeuvre à se déplacer). Il faut qu'à ce taux national soit substituer des indicateurs par " bassins d'emploi ". A partir de là, chaque demandeur d'emploi entrerait dans un nouveau système de " droits et de devoirs " formalisé dans un contrat d'aide au retour à l'emploi (CARE) individualisé. Les offres d'emploi pourrait émaner directement de l'Unédic (substitution à l'ANPE). Mettre fin au monopole de l'ANPE, mise en concurrence avec des prestataires privés. Si l'offre se situe hors du " bassin d'emploi ", le système prendrait en charge le coût de " délocalisation-relocalisation du nouvel embauché " (sic). Les chômeurs ne pourraient plus refuser, sauf à perdre leurs allocations ;
Même pour les persones difficilement " employables ", qui bénéficieront d'une formation de six mois en liaison avec une entreprise, les allocations pourront être dégressives, voire suspendues au bout de dix-huit mois en fonction de leur " comportement ". Pour Nicole Notat, le " principe est bon, mais pas forcément tous les détails ". (3 5 00).

* L'éducation nationale se mobilise pour " vendre " ses emplois-jeunes. Des forums de recrutement organisés par les grandes entreprises, signataires d'un accord-cadre national avec la rue de Grenelle. Localement des accords sont signés entre les entreprises et les rectorats. " Sélectionnés par les rectorats, ils ont appris à travailler, ont le sens de l'horaire et de la hiérarchie " (le responsable des aides-éducateurs au ministère). (23 5 00).

* Les " travailleurs pauvres " : dévelopement des emplois précaires et du temps partiel. En France, le seuil de pauvreté : 3650 F net par mois en 1997, en 97, 10% des salariés rémunérés en deça de ce seuil. Ce boom du temps partiel en partie imputable aux allégements de charges patronales décidés par les pouvoirs publics à partir du début des années 90. La catégorie des " Working poors " s'est dévelopée sur le front des politiques de lutte contre le chômage. La fondation Saint Simon favorable à un complément de ressources aux salariés dont le niveau de vie est inférieur au SMIC. Ainsi les bénéficiaires de minima sociaux seraient incités à se représenter sur le marché du travail. Une telle mesure risque de stimuler l'emploi précaire et à temps partiel. (31 5 00).

* Le CARE ne repose plus sur une logique d'assurance collective, où les cotisations des salariés ouvrent droit à des allocations, mais sur une tout autre relation, individualisée et assortie de sanctions. Sont concernés les chômeurs indemnisés par l'Unedic, 41% des demandeurs d'emploi. S'impliquer dans une action de formation. Aide spécifique pour déménagement. Que tout aille bien, et le CARE se traduira par un " aménagement de la dégressivité des allocations " en faveur du chômeur. En revanche, que celui-ci ne se conforme pas aux prescriptions du contrat, et tout ira mal. Dès le premier refus, l'indemnisation se réduit. Au bout du compte, le chômeur doit " accepter un emploi " non plus relié à ses compétences, mais qui lui garantit " un salaire au moins égal à son indemnisation ou égal au SMIC pour un emploi à temps plein ". (6 6 00). Briser les classifications par qualifications.

* Enquête INSEE (Insee première n° 717, mai 2000) sur les immigrés. 44% des immigrés sont ouvriers, contre 26% en général. La part des femes immigrées augmente dans cette catégorie. Qualifications relativement faibles. Plus fréquemment salariés du privé (78% contre 63%). Des emplois plus vulnérables et précaires, en contrat à durée déterminée, en intérim ou en temps partiel. Tous ces éléments se retrouvent logiquement dans une plus grande exposition au risque du chômage. Alors que, en 1999, pour les ouvriers et les employés confondus, le taux de chômage était de 14%, il montait à 21% pour les immigrés présents dans ces catégories. Il n'est pas sûr que la croissance revenue profite autant aux immigrés qu'aux autres Période délicate quand cohabitent euphorie et frustration ou que le chômage maintenue risque de se confondre pour une part avec l'immigration. (14 6 00).

* L'immigration. Accélération de la reprise économique ; gouvernement, économistes, milieux d'affaires se montrent davantage préocupés par les pénuries de main-d'oeuvre et les anticipations de plein-emploi. Le Medef a lancé une consultation après de ses fédérations régionales pour recenser les pénuries de main-d'oeuvre. " Il faut poser la question des migrations de travail " (Patrick Weil). Aux Etats-Unis, une corrélation très nette a pu être établie entre 1973 et 1996 entre croisance d ela population active et de l'emploi (la dynamique démographique est une composante active de la croissance). C'est en 1965 que les EU rejette, pour la première fois le système des quotas d'immigration par origine nationale, donnant un élan décisif à l'immigration latino-américaine et asiatique. En 1986, légalisation de 2,è millions d'immigrés clandestins. Cette politique d'immigration a ouvert la voie à la plus grande vague d'immigration de l'histoire américaine : 27 milions de personnes, soit environ 10% de la population actuelle se sont installées aus EU depuis 1965 ; Le plafond de l'immigration légale a été relevé de 40% en 1990 et l'immigration économique multiplié par trois. la confédération AFL-CIO a récemment opéré un virage à 180° sur la question, réclamant la légalisation des imigrés clandestins : c'est aujourd'hui la main-d'oeuvre immigrée qui peut lui permettre d'espérer renouveler sa base.
L'immigration est un moyen de flexibiliser le marché du travail, les imigrés fraîchement arrivés sont moins regardant sur les salaires et les conditions de travail. Hésitations de Martine Aubry (malgré le rapport Jayet - Université de Lille - ), en cas de récession les immigrés sont les premiers et les plus touchés par le chômage (mais est-ce parce qu'ils sont immigrés ou de par les types d'emplois qu'ils occupent ? ). (20 6 00).

* Jean-Claude Trichet ; " Dessérer les goulets d'étranglement dans le domaine de l'emploi en libéralisant les heures supplémentaires et en renforçant l'éducation-formation. (...) Il y a une bonne lecture du mot d'ordre " enrichir la croissance en emplois " : c'est encourager la création massive des emplois de faible qualification qui nous manquent ; en particulier dans les services aux ménages. Et une très mauvaise lecture qui consiste à faire l'éloge des faibles gains de productivité. Il trouve le Pare très bien : un moyen de dessérer la contrainte de rareté du travail que nous éprouvons aujourd'hui. (30 6 00).

* David Spector ( français, profeseur au MIT). Il ne faut pas réduire la demande de travail (temps partiel, abaissement de l'äge de la retraite, etc.) mais encourager l'offre. on encourage la sortie du marché du travail. Ce qui compte ce n'est pas le taux de chômage mais le taux d'emploi, c'est-à-dire la proportion d'emplois rapportée à la population totale (double avantage : pl abs - le multiplicateur - ; peser sur le rapport de force en faveur des employeurs ; A côté du chômage, il y a le non-emploi (jeunes qui retardent leur entrée, personnes découragés, préretraites) ; Aux EU, le nombre d'heures travaillées par habitant est plus élévé de 40%. Sur ces 40% : 15% du fait que les américains travaillent plus longtemps, 25% d'un taux d'emploi plus élevé qu'en France ; Encourager financièrement le retour à l'emploi en versant une allocation aux salariés les plus pauvres, de manière à compenser au moins partiellement la perte du RMI ou des alocations chômage. On espère que le PARE ira bien dans ce sens. En Europe la crainte de l'inflation résulte de l'insuffisance d ela population active, les entreprises perçoivent une pénurie de main-d'oeuvre, les salaires augmentent ( ?), donc il faut des réformes qui augmentent la population active. (4 7 00).

* Face aux difficultés de recrutement (Adecco - intérim - parle de " difficultés d'ajustement " pas de pénurie : refus d'aller dans les secteurs qui ont fortement licenciés, question de formation, mobilité géographique, centralisation de certaines activités qui ne trouvent plus à embaucher sur leur bassin, survalorisation des postes par les entreprises en termes de qualifications exigées). Il faut augmenter le flux des entrants : près de 40% de la population d'âge actif en France sont hors emploi. Cela représente près de 10 millions de personnes. (8 7 00).

* A Montbéliard, Peugeot embauche mais en dehors de sa région. Marché porteur, réorganisation du site, rythme d'investissements doublé, hausse de 10% à 15% de la productivité. mise en service d'une troisième équipe de nuit, rédustion de quatre à trois semaines de la fermeture estivale ; 2000 emplois de plus, plus 1000 chez les équipementiers (CDD et intérim). Sur Montbéliard, le taux de chômage est passé de 11,9% en 1997 à moins de 8% en juin 2000, mais celui des Rmistes est resté constant (les moins qualifiés sont restés sur le carreau) ; Quantité des 5000 demandeurs encore inscrits à l'ANPE ne peuvent être employés sans, au mieux, une formation de qualification, au pire, une démarche de réinsertion. C'est pourquoi l'Etat, la région de Franche-Comté et PSA ont signé une convention qui prévoit d'investir 40 millions de francs en deux ans pour ce travail de remise à niveau. En attendant, compte tenu de l'urgence, le recrutement se fait à l'extérieur de la région. Comme à Saint-Nazaire, où le même problème se pose aux Chantiers de l'Atlantique. Cohabitation souvent délicate dans certains quartiers populaires, entre ces ouvriers venus d'ailleurs et les demandeurs d'emploi du cru.

* Immigration. Il n'est plus question de bloquer l'immigration mais d'organiser un flux, limité, nécessaire à l'économie et au rayonnement de la France. La nouvelle loi introduit de la souplesse tout en maintenant des dispositions de la loi Pasqua (possibilité pour des étrangers vivant depuis dix ans sur le sol français, même de façon irrégulière, à condition d'en apporter la preuve, d'obtenir un titre de séjour). Evoqué par Hubert Védrine, ministre des affaires étrangères, l'hypothèse d'une gestion des flux migratoires par la mise en place de quotas est défendue par des pays comme l'Allemagne ou l'Italie. Jean-Pierre Chevènement y était hostile tant que subsistait une chômage important. Les pressions de certains milieux patronaux, qui recommandent le recours à une immigration de travail pour répondre à la pénurie de main-d'oeuvre, pourrait amener le gouvernement à revoir sa position. (30 8 00).

* Le plein-emploi qu'on nous promet ne ressemblera pas à celui des " trente glorieuses ", à contrat à durée indéterminée et à temps plein (on dirait que la valorisation du capital repose plus aujourd'hui sur l'intensité de l'exploitation de la main-d'oeuvre et la compression des salaires que sur une baisse de la valeur de la force de travail due à la croissance de la productivité résultant des transformations et de la croissance relative du capital fixe, si c'est pourtant la seconde qui rend possible, inclut et rend nécessaire la première, il semble que l'essentiel de la plus-value extorquée provient de la première.)
Avec le PARE, le Medef semble vouloir s'attaquer au noyau dur du chômage : les peu ou pas qualifiés, la question du coût du travail avec le SMIC et celle des minima sociaux. Réintroduire cette population sur le marché du travail permettrait à la fois d'abaisser le seuil du chômage structurel et de se préparer au recul de la population active. En décidant d'exonérer les smicards de la CSG de façon progressive, le gouvernement Jospin va dans ce sens tout en prenant le risque de cantonner davantage de salariés à de faibles rémunérations.
L'enjeu désormais est de remobiliser l'offre de travail, après des années de mesures visant à la réduire (préretraites, allocations sociales, incitation au temps partiel...). Il faut limiter les effets de trappe à pauvreté et à chômage liés à certains minima sociaux comme le RMI. Selon l'OCDE, l'allocation de minima sociaux pourrait continuer après la reprise d'une activité - le gouvernement a déjà pris des mesures dans ce sens - et être rendue davantage conditionnelle à l'acceptation d'un emploi ou d'une formation. les secteurs les plus touchés par les tensions sur le marché du travail : charcutier, boucher, boulanger, infirmières, BTP, transports routiers, hôtellerie-restauration, informatique. (5 9 00).

* Grande-Bretagne ; Instauration du crédit d'impot pour les familles laborieuses (Working Family Tax Credit), une sorte d'impôt négatif chargé de donner un coup de pouce à ceux qui travaillent ; au lieu d'être assistés, ils recevront un chèque de leur percepteur. Ce système sera graduellement mis en place et accompagné d'une garantie de revenu de 180 livres par semaine pour les familles qui travaillent.
Le " New Deal " : selon le secrétaire d'Etat à l'emploi, 42% des jeunes sortis du " New Deal " entre janvier et avril 1998 ont trouvé un emploi non subventionné et 14% un emploi aidé. Large " soutien " des entreprises privées à la formule. (12 6 98 ).

* Grande-Bretagne. Le WFTC, c'est plutôt du pain bénit pour les employeurs anglais, qui pourront suivre les traces de leurs cousins américains - qui bénéficient eux, de l'Earned Income Tax Credit - et réajuster à la baisse les rémunérations des moins qualifiés grâce à cette disposition fiscale qui fait office d'aide indirecte à l'emploi.
Quel qu'ils soient, 50% des contrats de travail durent moins de 15 mois, cela avec un taux de chômage relativement bas. Cette dynamique du marché du travail signifie peut-être ; un emploi de perdu, un autre immédiatement retrouvé. Mais pas forcément au même salaire, des calculs montrent qu'en moyenne le manque à gagner est de 25%. Le taux d'activité (ou d'emploi) est le but de cette organisation du marché du travail. Si l'on compare les taux d'emploi en Europe, le Royaume-uni dépase la barre des 70%, alors que la moyenne européenne est de 60,5%, score que la France n'atteint pas (60,1%), 77,6% aux Etats-Unis, 79,6% au Japon. Le niveau européen global n'a pas varié de 1970 à 1997, alors qu'en 1970 il était de 68% aux Etat-Unis et de 72% au Japon.
Le gouvernement travailliste compte améliorer encore le score en en finissant avec " la culture de l'assistance ". Les 12 millions de pauvres recensés en Grande-Bretagne resteront pauvres, mais ils devront travailler, s'ils ne le font déjà, ou alors ils seront encore plus pauvres. La flexibilité du maché du travail touche essentiellement les salariés qui possèdent déjà des compétences, c'est à eux que s'adressent les systèmes de formation, pour les autres, elle est une régulation du marché du travail qui les constitue en armée de réserve de ce marché flexible qui se dédouble produisant les précaires de la flexibilité ou les flexibles de la précarité. (Mai 99).

* Martine Aubry " les charges sociales sur les bas salaires sont trop élevées ". C'est à partir du début des années 90 (Rocard) que la baisse des charges sociale s'affirme come un des principaux leviers de la politique de l'emploi. En 1992, Bérégovoy porte à 50% l'exonération de charges sociles pour les salariés à temps partiel, véritable aubaine pour la grande distribution.

* SMIC / Chômage. Trop faible, pas d'incitation au retour à l'emploi, trop élevé, le SMIC exige en retour des capacités productives et, par conséquent écarte nombre de personnes actives qui ne répondent pas aux conditions. Autour de ces effets paradoxaux du SMIC, le noyau dur du chômage prend sa consistance. Enquête de l'Insee (publiée juillet 2000) : Sur la population des chômeurs inscrits et des sans-emplois. Un premier groupe majoritaire de personnes en " non-emploi volontaire " (situation familiale, état de santé, salaire auquel elles peuvent prétendre, jeu des allocation et transferts sociaux). Deuxième groupe (2O%) : en " non-emploi classique ", personnes qui souhaitent travailler mais " ne sont pas assez productives pour prétendre à un salaire supérieur au SMIC. Enfin (23%) : " l'autre non-emploi ", ne trouvent pas d'emploi malgré leur désir de travailler et une qualification suffisante ", c'est le " chômage frictionnel "
Pour le non-emploi des non-qualifiés certaines solutions : Sellière en mars 1998 : des emplois crés dans les services payés " au niveau où la clientèle peut les rémunérer " quitte à ce que la solidarité nationale complète le revenu pour atteindre " la rémunération jugée minimale par la société " ; De fait des dispositifs existent qui autorisent le cumul d'une aide et de l'emploi, comme ceux qui sont prévus dans le cadre de la loi contre l'exclusion. (5 9 00)

* Pl abs. Royaume Uni : tx d'emploi 70% (60% en France), durée de travail h/semaine 43,6 (39,6 en France). Formation : Allemagne 19,7%, Royaume Uni 21,8% des salariés participent à des actions de formation (3,3% en France). Tableaux comparatifs de tous les pays de l'UE. (5 9 00).

* Etats Unis : l'ensemble des rémunérations augmente à nouveau depuis 1995 (après 20 ans de stagnation voire de déclin), la part des emplois stables s'accroît (les emplois précaires seraient passés de 26,4% à 24,8% entre 1995 et 2000). Effet bénéfique en particulier sur les bas salaires (un peu contradictoire avec les déclarations de l'économiste, cf. supra). Si les effets de la " nouvelle économie " sont positifs, ce n'est pas grâce aux emplois fournis par le secteur des nouvelles technologies de l'information dont la part demeure modeste (2% de l'ensemble des emplois en 1999). C'est la progression rapide de la productivité elle-même permise par les nouvelles technologies - et le recul du chômage qui l'acompagne - , qui permet d'aboutir à de tels résultats ; Si les familles les plus défavorisées voient leur niveau de vie progresser,c'est au prix d'une progresion cnstante des horaires de travail et d'un endettement qui prend des proportions vertigineuses. (6 9 00). Le taux d'emploi, allongement de la journée de travail, comparaison en Europe.

* Le référendum sur l'immigration en Suisse. Rejet (63,7%) de la proposition de réduction de l'immigration. plus que des motivations morales, des considérations économiques auront pesé sur la campagne. Le patronat et les milieux industriels se sont particulièrement mobilisés pour attirer l'attention sur les conséquences néfastes que l'acceptation d'un tel projet aurait eues pour l'économie privée d'une partie de sa main-d'oeuvre ". (27 9 00).

* Nicole Notat sur le PARE. " Si l'on ne veut pas enfermer dans l'exclusion des milliers de citoyens, il est impératif d'améliorer la mise en corespondance des offres et des demandes. Peut-on pour cela s'en remettre entièrement au marché du travail en comptant qu'il résoudra mécaniquement ces dysfonctionnements ? A l'évidence, non. Le prétendre relève d'une vision libérale qui renvoie chacun à la recherche solitaire du chemin vers l'emploi. (...) Tout le monde aura compris que, selon qu'il s'agit d'un informaticien qualifié, d'une salariée licenciée de l'industrie textile, ou d'un jeune sans projet professionnel défini, le plan ne sera pas identique. (...) Aujourd'hui, certaines garanties collectives ne trouvent leur pleine eficacité que dans l'individualisation de leur application. (...) Le PARE est caractérisé par la démarche émancipatrice développée par de nombreuses associations de lutte contre l'exclusion qui travaillent à la réinsertion de publics souvent en grande difficulté ". (30 9 00).

* L'industrie française atteint des niveaux record d'utilisation de ses capacités de production. Les progressions de salaires restent très modérées, notamment sous l'effet de la mise en place des 35 h. Très grande vigueur des investissements. Du côté du marché du travail : certes la France compte 2,27 millions de chômeurs (9,5%). Mais il semble que ce vivier ne permette pas pour autant de répondre à la demande des entreprises. ce contexte explique la olitique économique de l'emploi prônée par Fabius. Il n'entend pas baisser le coût du travail comme cela a été fait par Juppé et Jospin pour les travailleurs les moins qualifiés, mais plutôt augmenter les revenus que touchent les salariés, et inciter ainsi ceux qui n'ont pas d'emploi à reprendre un travail. " Cela dit, il ne s'agit pas que cela entraîne un nouveau surcoût pour les entreprises " (Fabius). Baisse de la CSG, réforme des allocations logement et dégrèvement de la taxe d'habitation, posibilité de cumuler le RMI et un salaire pendant un an. Aides publiques pour faciliter le retour sur le marché du travail des personnes qui en ont été écartées, notamment les plus de cinquante-cinq ans et les femmes. (5 11 00).

* Le " Workfare ". Cette imbrication des termes " work " et " welfare " signifie que le bénéficiaire d "une aide sociale a des devoirs (travail ou recherche active d'emploi) assortis de sanctions éventuelles. En France, la stratégie des réformateurs sociaux consiste à maintenir le principe de la créance des pauvres sur la société tout en tentant d'en désamorcer la charge subversive ; Ces différences nettes dans les textes est beaucoup moins acusée sur le terrain ; Mais les racines idéologiques sont solides : cf. les péripéties du PARE. (14 11 00)

* Le patronat invoque les pénuries de main-d'oeuvre pour réclamer un asouplissement des 35 h. Le Medef fait dès lors du moratoire sur le régime des heures supplémentaires dans le cadre des 35 h une priorité ; Elle avance d'autres réponses : la mise en oeuvre du PARE " qui va permettre la remise rapide des demandeurs d'emploi sur le marché du travail ", la " meilleure adéquation " entre la formation professionnelle et les besoins des entreprises, le renforcement de " l'attractivité des revenus d'activité ", non par une hausse des salaires, mais par une diminution des prélèvelements, des recrutements plus diversifiés en direction des femmes, des jeunes issus de l'immigration et des salariés âgés. (15 11 00).

* Faire sauter les limitations subsistantes sur le travail de nuit des femmes, levée de l'interdictons. Mise en conformité avec la législation européenne sur l'absence de discrimination entre hommes et femmes. Déjà 580 000 à travailler la nuit essentiellement dans les services et la santé, Mais c'est dans l'industrie que le nombre de salariées nocturnes progresse le plus. A l'usine Peugeot de Sochaux, elles représentant 15% de l'équipe de nuit mise en place le 16 novembre (il n'y avait pas d'équipe de nuit avant). (23 11 00).

* Le Conseil d'analyse économique, constitué par le premier ministre , demande " une application souple " de la réglementation sur les 35 heures. Il souhaite rendre plus intéressante la reprise d'un emploi, par la création d'un " impôt négatif " ou le versement par l'Etat d'une allocation pour ceux qui travaillent. Il recommande d'amplifier la baisse des charges sociales sur les bas salaires et de rendre les cotisations sociales plus progressives en fonction du salaire. Il préconise la fin des subventions aux préretraites Il estime que le PARE proposé par le Medef et la CFDT " va dans le bon sens ". Il reste qu'abondance d'emplos signifie, aussi, une augmentation prévisible des " working poors " ; En France, une récente étude de l'Insee estimait à 1,3 million ces travailleurs pauvres. (6 12 00).

c ) Intensification du procès de travail et allongement du temps de travail

* Corée ; dans l'automobile des horaires courants de 55 à 60 heures hebdomadaires. Le 26 décembre, à six heures du matin, une sesion secrète du Parlement est convoquée pour les seuls membres du New Korean Party, le parti du président, sans que les députés de l'opposition en soient informés : en l'espace de six minutes, onze lois sont votées dont le nouveau code du travail. Ces lois prévoient la déréglementation du travail (allongement du temps de travail avec non paiement des heures supplémentaires, droit de licenciement collectif (fin du contrat à vie, pour ceux qui en bénéficiaient) et remplacement des travailleurs grévistes. Le matin même du 26, quelques heures après ce coup de force, la grève éclate quasi spontanément, bloquant les secteurs clés. La crise gouvernementale de mars 97 masque la crise sociale et la loi n'est pas révisée. En Corée, l'entrée dans le capital mondial et son irruption dans le domaine coréen réservé signifie la fin, pour une minorité, d'une situation que l'on n'ose pas qualifier de privilégiée relativement à la grande masse des travailleurs coréens. La révision de la loi sur le travail était nécessaire afin d'introduire, dans la gestion de l'emploi, la flexibilité dont l'économie nationale a besoin pour faire face à la concurrence internationale et être conforme aux exigences de l'OCDE à laquelle la Corée vient d'adhérer. (" Echanges " n° 83).

* Hongrie. Recul de l'âge de la retraite à 62 ans pour les hommes et les femmes (auparavant, 60 ans pour les premiers, 55 pour les secondes). (Echanges " n° 83)

* République Tchèque. Depuis 89, l'attaque sur les conditions de vie et de travail des ouvriers fut particulièrement brutale : la journée de huit heures appartient au passé, les salaires et les retraites ont diminué considérablement, licenciements nombreux. (" Echanges " n° 83).

* Etats-Unis. Augmentation du temps de travail hebdomadaire des salariés. Les grandes entreprises recourrent aux heures supplémentaires plutôt que d'embaucher, et explosion du travail intérimaire. (17 9 97).

* 35h : excès de la charge de travail, 66% des accords avec horaires modulables. 85,4% des accords ont été signés par la CGT. (21 9 99).

* 35 heures, accord dans la métallurgie. Les entreprises pourront pratiquer un horaire effectif de plus de 39 h par semaine sans autorisation de l'inspection du travail. Cet accord instaure un contingent d'heures supplémentaires de 180 heures plus 25 heures par accord d'entreprise, le contingent est presque équivalent (150 heures, plus 25 par accord d'entreprise) dans le cadre d'un horaire annualisé qui permet donc le cumul de la flexibilité issue de l'annualisation avec la pratique des heures supplémentaires (dont le taux de majoration n'est pas fixé par l'accord).Le contingent d'heures supplémentaires conventionnel était auparavant de 94 heures, depuis l'accord du 23 février 1982. (1 8 98). L'accord ne parle pas de l'impact des 35heures sur les salaires. (22 10 98).

* La base (fondement) de cette revification de la plus-value absolue c'est la dominance de la plus-value relative : substitution du capital au travail, augmentation de la productivité. C'est ce processus qui ouvre des espaces, sous les formes nouvelles de la flexibilité, de la précarité, de l'alongement des contingents d'heures supplémentaires, à la plus-value absolue. pour le directeur de PSA, la nécesité de l'anualisation du temps de travail, de l'accroissement du contingent des heures supplémentaires réside dans le fait que le prix relatif des véhicules baisse et que des gains de productivité d'environ 8% par an continueront d'être nécessaire. Pour le patron de PSA, l'industrie automobile ne peut pas continuer à être à la fois le secteur qui emploie le plus d'intérimaires - près de 20% des effectifs ouvriers au printemps (les ventes de voitures ont un caractère saisonnier) - et fait le plus appel au chômage technique - 38 jours chez Citroën et 43 jours chez Peugeot en 1997. De même, la fermeture des usines en août constitue un handicap. (13 9 98). Dans ces conditions, si l'augmentation de la productivité se poursuit nécessairement, la seule variable sur laquelle on doit intervenir est l'intensité et la durée du temps de travail effectif.

* Allemagne. Six semaines de congés payés par a, durée conventionelle du travail dans l'industrie de 1570 heures par an (contre 1770 en France et 1900 aux Etats-Unis), deux semaines de congés maladie, un coût horaire du travial dans l'industrie supérieur de 50% à celui des Etats-Unis, le tout avec un mark surévalué. Ce système fonctionait tant que l'industrie allemande, grâce à sa main-doeuvre hautement qualifiée, son organisation et sa forte productivité, taillait des croupières à ses concurrents sur les marchés mondiaux. La mondialisation et le passage à une économie de services et le rattrapage des autres pays européens ont mis fin à cette exception. Contrainte de faire des gains de productivité draconiens pour survivre, les entreprises ont réagi avec violence, supprimant 2,7 millions d'emplois entre 1991 et 1997. conséquence, le nombre des chômeurs a progressé de 1 ?8 million. Les dépenses sociales se sont envolées de 42% depuis 1991, financées en grande partie par la hausse des cotisations sociales, passées de 35,5% à 42% du salaire brut. La hausse des cotisations entraînant la hausse du coût du travail donc une hausse du chômage qui entraîne à son tour une hausse des cotisations. le gouvernement a entrepris de réformer l'aide sociale (réduction de 25% à la suite du refis d'un travail " acceptable ", réforme du système de santé. (26 9 98). Pour échapper au cercle vicieux de la hausse de la productivité il faut allonger et intensifier le travail, multiplier les journées simultanées, abaisser lae salaire en dessous d ela valeur de la force de travail.

* Reprise dans le textile, à propos des 35heures, de l'accord de la métallurgie. (30 9 98). La CGT a signé un accord qui prévoit que le contingent d'heures supplémentaires (130 heures) peut être porté à 175 heures, après accord dans l'entreprise. La différence avec la métallurgie, si décriée, est donc assez minime. L'effet le plus important de la loi Aubry réside dans la multiplication des négociations d'entreprise sur le temps et l'organisation du travail. les salariés à qui on aura demandé des modérations de salaire, jugeront la loi Aubry à l'aune de leurs nouvelles conditions de travail.

* Mercedes. En 1993, lors du lancement du projet de la Classe A, il était loin d'être évident qu'elle soit produite en Allemagne, compte tenu des coûts salariaux ; " Nous avons sérieusement songé à la France, à la Grande-Bretagne et à la République tchèque. Finalement, nous somes parvenus à un accord avec le syndicat IG Metal qui nous a permis de choisir l'Allemagne tout en contenant nos coûts ". (Jürgen Schrempp, président de Daimler-Benz). Les partenaires sociaux ont accepté que les augmentations de salaires soient inférieures de 1% à ce qui était négocié au niveau national. Mercedes a ainsi économisé 200 millions de DM sur les années 95 et 96. " On a négocié avec le comité d'entreprise une réduction de moitié des pauses rémunérées qui ne représente plus aujourd'hui que 4% du temps travaillé " ; (Wolfgang Ritter, directeur des ressources humaines) ; " On a aussi fortement diminué le temps de réunion : auparavant, chacune des trois équipes quotidiennes se réunissait tous les trois mois pendant environ trois heures et demie. Désormais, tous les salariés se réunissent ensemble une fois par trimestre ". (le même). Une nouvelle organisation du travail a, par ailleurs, été adoptée, qui doit permettre de réduire le taux d'absentéisme de près de 7% à 5%. Enfin, la direction de Daimler-Benz a obtenu des ouvriers de Rastatt une plus grande flexibilité. Le temps de travail hebdomadaire peut varier entre 29 et 40 heures et doit atteindre en moyenne 35 heures par semaine sur deux ans ; " Ce plan de flexibilité permet de faire travailler 39 équipes supplémentaires par an, le temps de travail étant calculé sur 24 mois. Grâce à ce système, l'usine peut augmenter ou diminuer sa production de 10% : elle peut respirer " (Jürgen Hubbert, responsable des voitures particulières chez Daimler ; Les syndicats ont également autorisé l'usine à embaucher à contrat à durée déterminée jusqu'à 7% des effectifs, si besoin est.

* Grande-Bretagne : un salarié sur cinq travaille plus de 60 h par semaine (cols bleus, peu qualifiés, tirant le diable par la queue qui font des h sup mal payées. Luttes pour obtenir le respect de la directive européenne des 48 h et les quatre semaines de congés annuels. En Allemagne, la réduction du temps de travail a été le fil conducteur des luttes syndicales dans les années 8O (dans la métallurgie de 40 à 35 entre 85 et 95), mais la branche n'a pas fait école en Allemagne. (15 2 00) ; En Italie, le thème a disparu. Cependant nombre d'entreprises ont signé des accords de RTT en échange d'une plus grande flexibilité, en Lombardie, Emilie-Romagne, Vénitie (pas mal de PME). Cependant ces entreprises sont contre une loi, pour le cas par cas dans les branches et les entreprises. (15 2 00)

* Contrairement à une idée reçue le travail à la chaîne progresse. Il pase de 7,5% en 1984 à 15% en 1998 chez leq ouvriers qualifiés et de 20% à 30% chez les non-qualifiés. La plupart des salariés disposent de plus de marge de manoeuvre mais aussi, paradoxalement, de plus de contraintes. Les clients, les collègues, le téléphone, les e-mails imposent un rythme de travail jusqu'ici inconnu. 37% des salariés travaillent plus de 6 h 30 par semaine à leur domicile.
Chez Michelin (établissment de Cholet), les intérimaires ont été dix fois plus victimes d'accidents du travail que les salariés permanents. (13 6 00).


* Pl abs. Royaume Uni : tx d'emploi 70% (60% en France), durée de travail h/semaine 43,6 (39,6 en France). Formation : Allemagne 19,7%, Royaume Uni 21,8% des salariés participent à des actions de formation (3,3% en France). Tableaux comparatifs de tous les pays de l'UE. (5 9 00).

* Etats-Unis. Une économie fonctionant 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Deux cinquième des Américains travaillent le plus souvent le soir, la nuit, en équipes tournantes, ainsi que les week-end. Seulement 29,1% des Américains travaillent dans le cadre des " horaires standarts d'une semaine de travail ". La croissance des emplois concerne essentiellement les horaires atypiques et surtout les femmes, les noirs. (" Echanges " n° 92).

* " Le Monde " du 2 novembre 1997, cité par " Echanges " n° 85. Dans l'industrie manufacturière américaine, les coûts par unité d eproduction sont plus bas que ceux de l'Inde ou des Philippines (par la combinaison d'un haut degré d'automatisation et de surexploitation du travail).

* Etats-Unis. Le profit par véhicule de General Motors a grimpé de 549 dollars entre 1990 et 1995 et les effectifs sont tombés de 329 000 à 250 000 ; le résultat n'est pas seulement dû à une hausse d ela productivité mais aussi à une augmentation des heures supplémentaires et une baisse des salaires ; (" Echanges " n° 80).

* Etats-Unis. Ou les travailleurs acceptent d'occuper lusieurs emplois, et / ou bien ils doivent, pour s'accrocher, accepter les conditions de travail les plus flexibles ; Officiellement, près d e20% des travailleurs sont à temps partiel, mais on verra, avec l'exemple d'UPS ce que cela représente réellement. En juin 1995, une évaluation donnait 80% des travailleurs ayant dû subir une baisse de salaire ; la moitié d'entre eux ont dû occuper deux emplois ou plus ; entre 1872 et 1996, les bas salaires ont perdu 30% de leur pouvoir d'achat. De 1979 à 1995, les restructurations ont supprimé 43 millions de postes ; 2 " millions de nouveaux postes ont été créés dans la même période, mais avec en moyenne 85 dollars de moins par semaine ; les postes créés correspondent pratiquement tous à des baisses de salaires.
Un exemple est fourni par un article du Baltimore Sun du 6 juilet 1997 sur une usine de produits chimiques agricoles de la ville : un technicien chimiste y a travaillé 60 heures par semaine, è jours par semaine, et de novembre à juin n'a eu que 4 jours de repos ; il travaille par équipe de 8 heures et deux fois dans le mis précédent a travaillé 16 heures d'affilée ; un ouvrier peut ainsi arriver à faire 100 heures la semaine et la moyenne pour l'usine est 75 heures. Les 185 ouvriers de l'usine ont débrayé lorsque la direction a refuser de limiter la semaine de travail à 68 heures et d'accorder un repos de 16 heures après trois équipes consécutives de 16 heures chacune. L'article ajoute qu'une telle situation est monnaie courante et que beaucoup travaillent plus qu'au début du siècle.
Globalement, en avril 1997, la moyenne avouée des heures supplémentaires était de 4,9 heures contre 3,3 il y a 6 ans. De 1976 à 1993, le temps moyen annuel passé au travail a augmenté de 100 heures pour les hommes et de 233 heures pour les femmes.
D'après les statistiques officielles de l'US Bureau of Labor Statistics, durant cette même période, le pourcentage des travailleurs ayant effectivement travaillé entre 50 et 52 semaines est évalué en 1993 à 68% du total pour les hommes et à 52% pour les femmes, en augmentation respectivement sur 1976 de 3,9% et de 11,7%. Le surtravail peut tout autant se jouer sur des horaires fous que sur des horaires réduits dans le temps partiel ; malgré les apparences, les deux ne sont qu'une conséquence de ce que le capital a atteint aux Etats-Unis : une flexibilité totale selon ses propres nécessités, suivant au plus près les variations des impératifs de production. (" Echanges " n° 85).

* " On assiste même, à cause de cette flexibilité du capitalsme moderne, à des courants qui se télescopent : le capital variable privilégié par rapport à l'automatisation si les impératifs de la production le requièrent, la concurrence obligeant à une adaptation constante qui marie les avantages de l'investissement dans l'automatisation et celles de l'exploitation intensive du travail, contredisant ainsi la tendance à la prééminence du capital fixe sur le capital variable. (...) Le retour à l'intensification de l'exploitation signifie que les possibilités d'accroissement de la productivité par l'investissement en capital fixe ou l'organisation du travail (le dernier, la production à flux tendus) ne permettent plus de procurer un taux de plus-value suffisant pour satisfaire le capital, qui s'attaque alors à tout ce qu'il avait pu concéder dans une période précédente ; " (" Echanges " n°85 " Discussion sur l'évolution du capitalisme "). Ici le nouveau n'est que la disparition de l'ancien, il n'y a rien de nouveau. En outre, dans tout le texte, la mondialisation est posée comme phénomène premier, simple extension, géographie et non réorganisation d'un rapport entre des classes dépassant non pas une ancienne organisation des aires géographiques d'accumulation (ou pas seulement) mais surtout un rapport d'exploitation s'organisant sur ces anciennes aires nationales : le fordisme. A force de ne pouvoir rien concevoir de nouveau, l'analyse frise l'hérésie : " En d'autres termes, l'activité capitaliste fondamentale dans la production de biens pour la réalisation du profit (la formulation est pour le moins maladroite) n'est plus " rentable ". Le capital devient pour une bonne part spéculatif tant dans la spéculation directe (sur les produits financiers divers, dans l'immobilier, etc.) ou indirecte, dans les déplacements des lieux de production qui sont souvent une sorte de spéculation. " Il est également à noter que " Echanges " qui utilise à tour de bras les notions de restructuration (cf. par exemple, le texte sur la grève d'UPS) et de mondialisation, prend le ton supérieur du sage : " Sur les restructurations, la mondialisation et tous les mots en " tion " dont on nous rabat (sic) les oreilles, des livres que l'on peut intégrer dans une critique distincte ou globale. Si ça vous tente : ... "

4 ) Un nouveau compromis

Il faudra aller prendre sur le sujet dans les " Fondements critiques... "
Le " nouveau compromis " reprend les contretendances à la baisse tendancielle du taux de profit (pas toutes naturellement)
Ce 4 reprend le 1, le PARE qui est une synthèse formelle de ce " nouveau compromis " (en intégrant 2 et 3).
Critiquer rapidement les approches purement quantitative de la baisse tendancielle du taux de profit (Echanges et Bitot). C'est ici qu'il faut parler de la restructuration, non pour en faire un exposé pour elle-même, mais pour dire ce qu'est un erestructuration, et dire que ce n'est que si l'on sait ce qu'est une restructuration que l'on peut être à même de comprendre, de systématiser, le cours actuel des transformations du rapport d'exploitation ;

* En Suisse, en 1993, le syndicat de la métallurgie signe un accord pour les entreprises en difficulté ; Les heures d etravail passent de 40 à 45 sans les payer en heures supplémentaires, ou la suppresion du treizième mois ; (" Echanges " n° 76)

* La faible croissance entre 1990 et 1995 (1,1% en moyenne annuelle pour le PIB total, en France) explique à la fois le recul de l'emploi et la montée du chômage. Cependant le Conseil supérieur de l'emploi, des revenus et des coûts (CSERC) observe que ce ralentissement sans précédent de l'économie a été " moins destructeur d'emplois et moins producteur de chômage " que durant la première moitié des années 8O. la baisse du coût du travail, qui devient structurelle avec la loi quinquennale sur l'emploi de décembre 1993, a permis de dégager un surcroît d'emploi, mais l'explication principale réside selon le rapport dans un dévelopement sans précédent du temps partiel. l'effet dominant n'est pas un accroissement de la quantité de travail mais un changement dans la répartition de cette quantité. En un mot, le partage de fait du travail a permis de limiter le chômage et cela s'est parfois réalisé contre l'avis des salariés : 38% des persones à temps partiel aimeraient travailler davantage. Une flexibilité systématique, en créant de la précarité, a incité les salariés à limiter leur consommation. (8 1 97).

* Accord France Télécom sur l'emploi et les conditions de travail (boudé par la CGT et SUD). Le texte prévoit l'insertion d eplus d'un millier de jeunes, l'ouverture de toutes les agences le samedi, accompagnée d'une réduction du temps de travail. L'amélioration de l'action commerciale est l'objectif principal de cette réorganisation. (10 1 97) ;

* Avec les 32 h, EDF-GDF pourra doubler ses recrutements ; une stratégie de développement de l'entreprise basée sur le service à la clientèle. L'accès au " temps choisi " est désormais " un droit ouvert à tous ". Un agent volontaire qui s'engagera à travailler 32 h pendant trois ans recevra un complément de rémunération équivalent à deux heures. Réduire également le temps de travail des agents qui acceptent de travailler le midi, le soir, ou le samedi, en fonction des besoins de la clientèle. Embauche des jeunes, dont la " majeure partie " se fera à temps réduit. Hostile à l'accord, la CGT reconnaît qu'elle ne sait pas comment il sera accueilli par les agents. Diminuer la mase salariale sans réduire les effectifs. (15 1 97).

* L'accord doit permettre l'embauche de 15 000 agents ; les heures effectuées entre 6 et 7 heures du matin et entre 18 et 20 heures donnent droit à une majoration de 30%. Les heures effectuées au-delà de 20 heures ou le samedi sont compensées à 50%. Toutes les majorations sont données en temps et non en argent. Grâce à ces deux dispositifs, un agent qui travaille théoriquement 32 heures, dont le samedi matin, et qui bénéficie de la mesure réservée aux bas salaires, effectue en fait 30 heures payées 36 heures. (21 1 97).

* " L'objectif des directions (EDF et GDF) est d'arriver à réduire la masse salariale sans réduire les effectifs " Environ 10% des effectifs pourraient être intéressés, malgré la perte de salaire. (12 1 97) ;

* Allemagne : diminution du salaire et flexibilité ;
En 1995, Klaus Zwickel, président du syndicat de la métallurgie IG Métall, accepte officiellement d'établir un lien entre les salaires trop élevés et la destruction massive d'emplois. Mais à la modération salariale concédée par les syndicats, le patronat souhaite ajouter un arsenal de mesure bousculant les organisations du travail pour diminuer les coûts : annualisation du temps de travail, heures supplémentaires intégrées aux salaires, équipe de production le samedi, etc. En échange, garantie de l'emploi, mais non plus négociée au niveau de la branche mais de l'entreprise. (19 3 97).

* En Allemagne, la réduction du temps de travail a continué de s'étendre depuis le milieu des années 80 (semaine de quatre jours chez Volkswagen depuis avril 1994, semaine de 35 h introduite dans l'ensemble du secteur depuis octobre 1995). Le patronat souhaite avant tout disposer d'une flexibililité maximale dans l'organisation du temps de travail, et de ne pas se lier les mains avec un modèle théorique valable pour l'ensemble d'un secteur. Il réclame, le plus possible, la mise en place d'horaires de travail " à la carte " sur la base du volontariat, pour utiliser à plein les capacités sans augmenter les coûts.
" Celui qui pense qu'on peut faire une politique de l'emploi en répartissant une quantité de travail considérée comme donnée fixe, celui-là abandonne tout espoir de figurer en bonne place parmi le pays compétitifs de l'économie mondiale. " écrit l'éditorialiste économique de la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Il est totalement à côté de la plaque car la " répartition " n'est pas une pure opération homothétique, mais la modification de l'organisation du travail et des modalités d'extraction de la plus-value. (30 4 97).

* Allemagne : pour réduire le chômage, le but des mesures du gouvernement Kohl est d'abaisser le coût du travail : les indemntés versées en cas de maladie ont été réduites (forte oposition des salariés), les procédures de licenciement ont été assouplies, baisse de la prise en charge des soins, le financement des retraites fait l'objet de négociations. Sur le point essentiel de la flexibilité, Dieter Schulte, président de la confédération syndicale DGB, s'est prononcé pour un réforme des conventions collectivement négociées au niveau des différentes branches : les adapter pour offrir davantage d'autonomie aux entreprises et aux syndicats sur place ; plusieurs firmes, de Volkswagen à Mercedes, ont déjà garanti les emplois en échange d'une plus grande souplesse d'organisation ou d'une retenue salariale. Ce type d'accord surfent sur une mobilisation en faveur de l'emploi : grève des mineurs contre la suppresion des subventions, mobilisation des sidérurgistes opposés à la reprise inamicale de Tyssen par Krupp. (1 6 97)

* " Des accords liant l'emploi et la flexibilité se multiplient en Europe. Dans la chimie allemande, les salaires pourront baisser en cas de conjoncture difficile. Dans les banques italiennes, l'emploi à vie cesse d'être la règle. Les syndicats des pays voisins commencent à accepter de nouveaux compromis sociaux. Une démarche qui pourrait inspirer Lionel Jospin. "
Italie : les suppressions d'emploi dans les banques sont facilitées.
Les pactes sociaux ou les accords sur la flexibilité se multiplient en Europe. Certains sont signés au niveau national (Espagne, Irlande, Autriche), d'autres au niveau des branches (chimie et imprimerie en Allemagne, banques en Italie), voire dans les entreprises (Mercedes, Ford, Hoogovens) ; la France du fait de la division syndicale et de la faiblesse de la représentation patronale, peine à ouvrir ce dossier. (le rôle de la loi sur les 35h).
En Espagne, le patronat et les syndicats (UGT socialiste et CCOO communiste) ont officiellement ratifié le 28 avril 1997 un accord important qui porte sur trois grands thèmes : l'emploi, la négociation collective et les conditions de travail dans les secteurs ne bénéficiant pas de conventions collectives. Si le patronat a obtenu la création d'un nouveau type de contrat à durée indéterminée comportant moins de contrainte que le CDI " classique ", les syndicats espèrent que les employeurs signeront davantage de CDI, même " allégés " et moins de contrat à durée déterminée.
En Autriche, le patronat et les syndicats ont conclu en février 1997 un accord permettant de porter la durée du travail à cinquante heures par semaine, à condition que ces heures supplémentaires soient intégralement compensées en temps. Le temps de travail quotidien pourra être porté à dix heures dans les entreprises qui réduiront la semaine de travail à quatre jours.
Le syndicat IG Metall du nord du Bade Wurtemberg signait un accord de " sauvegarde de l'emploi " prévoyant de diminuer le temps de travail hebdomadaire à 30 heures, avec baisse de salaire équivalente. En contrepartie, les jeunes apprentis devaient avoir, après leur diplôme, un contrat de travail d'au moins six mois. dans l'imrimerie, pour l'ensemble de l'Allemagne, signature d'une convention collective bien moins généreuse que la précédente ;
" Dans la mesure où les partenaires se mettent d'accord pour que la garantie de l'emploi soit assurée par la réduction du temps de travail assortie d'une plus grande flexibilité, cette garantie ne peut se situer qu'au niveau de l'entreprise et non plus au niveau de l'accord de branche ". (Danielle Kaisergruber, " Négocier la flexibilité : pratiques en Europe ", Ed. d'Organisation). Fin février 1997, la direction et le conseil d'entreprise de Mercedes ont conclu un accord garantissant l'emploi des 134 000 salariés allemands jusqu'en 2001, en contrepartie de l'abandon de certains avantages sociaux. En avril Ford Allemagne s'est engagé à maintenir l'investissement dans ses usines au-delà de 2000 en contrepartie d'une réduction de certaines prestations sociales et d'une plus grande flexibilité.
Aux Pays-Bas, le sidérurgiste Hoogovens a conclu un accord, le 13 février 1997, qui concerne les rémunérations pour les années 97 et 98, la durée du travail, la réduction des effectifs jusqu'en 2002 sans licenciements et un recours à la sous-traitance lié à un accord préalable avec les syndicats.
" Force est de constater que la France est un des rares pays où ce type d'accords reste exceptionnel : l'échec des négociations sur la flexibilité en 1984 ou des négociations de branches sur le temps de travail en 1996 n'incitent guère à l'optimisme ".
Dans ce contexte, la loi sur les 35 heures ne peut plus être comprise quant au fond comme une exception française, elle contraint à négocier sur la répartition et la réorganisation du temps de travail, sur sa flexibilité et son annualisation, ainsi que sur l'évolution des rémunérations. Seule la méthode, tenant à la faiblesse des " partenaires sociaux ", est particulière. (7 6 97).

* " Les conventions salariales sont assouplies dans l'industrie allemande ".
Après l'accord dans la chimie (cf. supra). Jusqu'ici la flexibilité salariale ne s'appliquait que dans les régions de l'ex-RDA, où le syndicat de la métallurgie avait donné son accord, en 1993, à la généralisation de " clauses d'ouvertures " salariales justifiées par la situation particulièrement difficile de l'industrie dans les nouveaux Lander. La métallurgie avait déjà eu recours à de tels accords, mais ponctuellement, à l'échelle de telle ou telle entreprise. C'est ainsi que IG Metall a donné son accord, au début de l'année 1997, à une baisse des salaires de 5% dans l'usine Mercedes de Kassel. Un geste qui fut considéré à l'époque comme une première. Rappel de la déclaration de Dieter Schulte souhaitant une délégation renforcée de compétence à l'échelle de l'entreprise, il s'agit d'adapter le système des accords de branche considéré comme trop peu flexible. (7 6 97).

* La Bundesbank salue " la plus grande flexibilité du temps de travail et des salaires ", visant les accords signés dans la chimie, qui permettent notamment de baisser les salaires de 10% lorsque l'emploi est menacé. Le secteur du bâtiment a aussi signé des accords instaurant des salaires plus faibles qu'auparavant. La banque centrale souhaite une flexibilité accrue - à la baisse - des salaires, pour la main-d'oeuvre non-qualifiée. Dès le mois de janvier 1998, les cotisations pour les retraites vont encore augmenter. Le salaire net va encore se réduire.
(avec la venue au pouvoir du SPD, le bref tour de piste d'Oskar Lafontaine marque bien la fin de toute véléités de relance keynésienne). (22 10 97).

* France : " Pour la Cour de cassation, l'emploi prime sur le salaire "
A l'heure où le gouvernement souhaite que les entreprises réduisent le temps de travail tout en les laissant libres de négocier des réductions de salaire, la jurisprudence de la Cour de cassation accompagne ce mouvement. dans un arrêt important rendu en février 97, la chambre sociale de la haute juridiction estime qu'une baisse de salaire accompagnée d'un maintien de l'emploi est plus favorable au salarié que la situation antérieure. Par avance, les juges semblent ainsi approuver les réductions du temps de travail assorties d'une baisse de rémunération ; Le droit du travail évolue vers un droit à l'emploi. (22 10 97) ;

* La CGT et FO signent assez souvent des accords " flexibles ". dans le cadre de la loi Robien.
Analyse détaillée des " accords Robien " (Observatoire des relations professionnelles et de l'innovation sociale, organisme mis en place par la CFDT). L'étude ne porte pas sur la totalité des accords -offensifs et défensifs, 736 en tout en octobre 97 - mais sur seulement 156 accords défensifs dont 87 prévoient une annualisation du temps de travail. Sur ces 87, la CGT et FO en ont signé 23 chacune, la CFDT, 59. Si la CFDT est la première signataire, la CGT et FO ne sont pas en reste. Pour la CGT, entre autres : chez Péchiney Emballage, Delsey, Jacob-Delafon, Thomson, Carnaud Metal Box... Dans une petite dizaine d'entreprise, elle est même la seule signataire. Par ailleurs, toujours dans les 156 accords défensifs, 81 prévoient une diminution de salaire. La CFDT en a signé 61, la CGT 23 et FO 29. Chez Alcatel CIT, Cables Pirelli, Bosch, CGT et FO ont signé de tels accord. FO a également signé des accords prévoyant des baisses de salaire aux Fonderies Bouhyer, chez Well, Turboméca, Eminence, Moulinex...
Plus surprenant : de tels accords se rencontrent aussi dans les entreprises bien portantes qui réduisent le temps de travail, non pour éviter des suppressions d'emploi mais, au contraire pour accroître leurs effectifs. Sur 367 accords offensifs recensés par l'Observatoire, les signataires sont connus dans 292 cas. Cent deux prévoient une annualisation du temps de travail, la CGT en a signé 24 et FO, 5. Pour la CGT : Quelle, Pampryl, Bonduelle... Même dans ces accords offensifs, les syndicats acceptent que la rémunération ne soit pas tout le temps maintenue. Soixante-sept accords ne prévoient explicitement qu'une compensation partielle, dont 4 signés par FO et 11 par la CGT. En outre, 41 accords prévoient un blocage des salaires : 8 signés par la CGT et 2 par FO. Ces chiffres sont révélateurs du décalage entre les discours au " sommet " et la réalité " à la base ". Entre les dirigeants du patronat qui récusent toute idée de réduction du temps de travail mais l'appliquent dans nombre de leurs établissements et les syndicats qui refusent de discuter de flexibillité mais acceptent, localement, de nombreuses concessions, ce décalage entre les discours et la réalité semble s'accroître. (22 10 97).

* Pays-Bas. Combinaison de réduction constante des dépenses sociales, baisse des charges des entreprises et des particuliers, diminution du temps de travail, dérégulation du marché de l'emploi. Entre 81 et 83, les Pays-Bas avait perdu 6% de leurs emplois. Un bon exemple de l'effondrement de la régulation fordiste : les dépenses publiques passent de 42% à 61% du PIB entre 1979 et 1983 ; la pression des charges pasent de 41% en 1970 à 55% en 1983 ; dans le même temps, le déficit budgétaire passe de 1% à 6% ; Le coût de la main-d'oeuvre s'accroît rapidement pour faire face à l'augmentation des charges et à une indexation automatique des salaires sur le (fort) taux d'inflation.
1982, ce sont les accords de Wassenaar ; Le principe de l'accord, signé par Wim Kok, aujourd'hui premier ministre est de donner la priorité à la création d 'emplois en échange d'une modération salariale. Les syndicats ont du se battre pour faire accepter les accords par leur base, mais la " pilule est bien passée " : " Ces neuf dernières années, les effectifs du FNV ont augmenté de 25% et le taux général de syndicalisme a progréssé de 4% à 5% " (Johan Stekelenburg président jusqu'en 96 du FNV). Le Pésident du patronat (Hans Blankert) déclare de son côté : " A Wassenaar, les syndicats ont reconnu l'importance cruciale du retour au profit grâce, entre autres, à la modération salariale ; les employeurs se sont engagé à mieux répartir le travail, et le gouvernement a donné plus d'autonomie aux partenaires et s'est engagé à asainir les finances publiques et à déréguler le droit du travail. "
Cependant, ce compromis est marqué par les conditions de l'époque, il est un compromis de crise en ce qu'il néglige la nécessaire croissance du taux d'emploi. La participation des femmes au marché du travail est encore une des plus faibles d'Europe et quelque 800 000 personnes touchent des indemnités pour incapacité de travail.
Au même moment en France, c'était l'échec (1984) de la grande négociation sur la réduction du temps de travail et la flexibilité. La CGT avait été hostile de bout en bout, mais la CFDT et FO, qui avait signé, avait été obligé de retirer leur signature sous la pression de leurs adhérents. (24 9 97).

* Les Pays-bas, réduire le chômage et privilégier la création d'emploi, surtout à temps partiel. Le pourcentage des emploois à temps partiel est le plus élevé d'Europe, 37% contre 17% en France. Mais, le chiffre du chômage ne tient pas compte du nombre d'actifs qui ne sont pas sur le marché du travail. En 1995, l'assurance-chômage concernait 773 000 personnes. Parallèlement, 609 000 personnes étaient indemnisées au titre de l'incapacité de travail. Le mode de fonctionnement du marché du travail aux Pays-Bas est devenu inadéquat et archaïque, trop ancré dans une simple réaction à la crise de l'emploi, il lui faut se muer en système d'emploi fixé sur le taux d'emploi par rapport à la population active. Le chiffre réel du chômage serait plus proche de 20% (soit 1,3 millions de personnes) que de 7%, si tous ceux qui cherchent un emploi et tous ceux qui sont capables de travailler mais reçoivent une allocation étaient réintégrés (attention à ce moment là ce n'est plus de taux de chômage, mais de taux d'emploi dont il faut parler, on ne peut alors que difficilement comparer les chiffres de 20% et de 7%). A ce moment là la politique de l'emploi doit s'orienter vers un remise en cause d'indemnités " trop élevées " (78% du salaire minimum) et des charges sociales sur les bas salaires (32% du coût total d'un salarié au SMIC, 26% en France). Le marché du travail néerlandais n'est pas ouvert aux travailleurs les moins qualifiés et les moins productifs qui sont eclus de la population active. (5 11 97).

* Pays-Bas. On peut également attribuer la baisse du chômage à d'autres facteurs que ceux que les accords de Wasenaar ont mis en forme, ou plutôt à des facteurs plus fondamentaux qui ont déterminé les élément pris en compte dans cet accord et le " compromis " qui en a résulté. Les Pays-Bas ont connu une faible croissance de la productivité. Entre 1991 et 1999, celle-ci a atteint 1,3% auyx Pays-Bas contre 1,9% pour la moyenne de l'Union Européenne. Entre 1960 et 1973, la productivité a augmenté de 6% ; Elle n'a cru que de 3,5% entre 1974 et 1979, et de 1,2% entre 1996 et 1999. le fameus modèle néerlandais resemble sur ce point à la culture du " tra vail intensif ", chère à l'Europe de l'Est. (6 12 00).

* Allemagne. la politique de baisse des salaires ne fait pas l'unanimité dans le patronat qui craint que l'industrie ne soit entraîné par là vers une économie de bas salaires et de faible productivité. Paradoxalement, quand Rezzlo Schlauch, le chef de file des Verts au Bundestag, aiguillon libéral du gouvernement, a demandé à ce que l'on puisse abaisser les salaires dans les entreprises en difficulté au-dessous du niveau fixé par les conventions collectives, il a provoqué l'opposition d'une bone partie du patronat. (6 12 00).

* L'industrie automobile allemande a créé 25 000 emplois cette année (1997).
En 1993, verdict sans appel : coûts de production trop élevés, modèles inaptés, voitures trop chères. En 97, pour la première fois depuis 91, création d'emplois. 45% de ces emplois sont des contrats à durée déterminée. De multiples accords de flexibilité ont été signé. Cette stratégie de croissance n'a pu se faire sans une réduction des coûts, dont le coût du travail. les négociations avec les syndicats ont souvent été houleuses : les patrons ont menacé de délocaliser la production si les ouvriers ne faisaient pas d'efforts pour améliorer la compétitivité. Ils n'ont encore jamais mis leurs menaces à exécutions. Certes, ils ont ouvert des usines à l'étranger pour pénétrer de nouveaux marchés comme le Brésil, l'Inde ou la Chine. Certes, ils ont parfois choisi de produire dans des pays moins chers comme l'Espagne ou l'Europe de l'Est. Mais jusqu'à maintenant aucune usine n'a été fermée en Allemagne. Le syndicat IG Metall a fait les concessions qu'il fallait. Les patrons ont échangé une garantie de l'emploi contre une flexibilité et une compétitivité accrues. BMW a été le premier à adopter ce type d'accord, il y a plus de dix ans. Dans l'usine Opel de Rüsselsheim, l'organisation du temps de travail permet au constructeur d'adapter sa production aux fluctuations de la demande. Les ouvriers travaillent entre 30 et 38,75 heures par semaine, cette durée devant être de 35 heures en moyenne sur l'année. Chômage technique et heures supplémetaires, très couteux, s'en trouvent largement réduits. (les allemands demeurent cependant les ouvriers d el'automobile les plus chers du monde, 62,44 marks par heure, contre 33,08 en France, 27,08 en Grande-Bretagne, 38,52 aux Etats-Unis, 41,56 au Japon. Selon VDA, l'association des industriels allemands de l'automobile). (16 11 97).

* Pôle eau de la Générale des eaux. Alors que la direction avait annoncé, en 1997, qu'elle ne remplacerait pas les départs naturels - environ 600 en deux ans - , l'accord sur les 35 heures prévoit de nouveaux recrutements compensés par une baisse temporaire des salaires. (23 1 98).

* Allemagne. Déclaration de Klaus Zwickel, président du syndicat IG Metall : " Nous voulons commencer des négociations immédiatement avec le patronat sur l'organisation du travail. Nous ne pouvons pas parler d'emblée de toutes les possibilités de compromis sinon nous n'obtiendrons rien ". (3 4 98). pourrait être placé en exergue du chap " le nouveau compromis ".

* Allemagne. " La difficile recherche d'un pacte pour l'emploi ". depuis la réunification d e1990, l'Allemagne a bien du mal à maintenir son modèle d econsensus social basé sur une politique contractuelle entre les syndicats et les employeurs. En fait, c'est toute la régulation sociale qui s etrouve remise en cause. Les conventions collectives, négociées pendant des décennies pour les branches profesionnelles à l'échelle de l'Allemagne, rendent de moins en moins compte de la diversité grandisante de l'économie. (ce n'est pas exactement cela, les négociations collectives avait pour but d'interdire la survie d'entreprises incapables de suivre autrement qu'n jouant sur les salaires, c'était une contrainte permanente à la croissance de la productivité - cf. le passage sur les syndicats allemands dans le " Journal d'un Gréviste " ; C'est une autre modalité de la valorisation du capital qui se met en place dans la " reconnaissance de la diversité ".).
D'un côté, les grands groupes multinationaux, qui dégagent d'énormes bénéfices et ont les moyens de se mettre aux normes des investisseurs internationaux ; de l'autre, nombre de PME-PMI cloisonnées sur un marché national, enlisé depuis des années dans une morosité conjoncturelle. Cet éclatement s'est d'abord manifesté en Allemagne d el'Est, où la plupart des entreprises n'ont pas pu faire face au choc salarial après la réunification avec l'application des conventionsz collectives ; Aujourd'hui, un nombre croissant d'entreprises, de l'Est comme de l'Ouest, jugent les conventions collectives trop restrictives face à un concurrence qui exige de plus en plus de flexibilité. de plus en plus de comités d'entreprise - institutions bien plus importantes qu'en France - acceptent de troquer des emplois contre des concesions de salaires ou d'horaires de travail ; des accords que ni les syndicats ni les organisations patronales ne voient d'un bon oeil, parce qu'ils sont susceptibles de miner les conventions collectives conclues à une plus grande échelle, remettant ainsi en cause leur pouvoir de négociation. (16 9 98).

* Le CJD ( Centre des jeunes dirigeants d'entreprise) acceptent les 35 heures. Signature d'un accord-cadre entre le CJD et le ministère du travail, pour accompagner 400 entreprises dans leur démarche " d'organisation du travail, de réduction du temps de travail et de création d'emplois " il s'agit pour le CJD, d'expérimenter sur le terrain " la réduction du temps de travail " qu'il estime être " la contrepartie nécessaire " offerte aux salariés " à la modulation horaire et à l'anualisation du temps de travail, qui seront de plus en plus exigées d'eux ". M Degroote président du CDJ a condamné l'accord signé dans la métallurgie par l'UIMM et trois organisations syndicales (FO, CGC, CFTC), qui défend, selon lui, " une position conservatrice et risque de ne pas préparer les changements nécessaires pour l'avenir des entreprises " ; (18 9 98).

* La CGT a fait annuler l'accord social des 32 heures à EDF. " Nous avons refusé cet accord car il masque la réalité. Il fait partie d'un plan social qui vise à la suppression de 18 000 emplois d'ici à 2010 chez EDF-GDF, dont 8000 dans les trois ans à venir, sur un total de 142 000. Son objectif était donc l'accompagnement des suppressions d'emplois et l'instauration d'une plus grande flexibilité " ; (Denis Cohen, secrétaire général de la Fédération CGT de l'énergie). Que vont devenir les 19 000 personnes ayant opté pour le temps partiel, les 5 100 jeunes embauchés et les 1 600 retraités, maintenant que l'accord est caduc ? " " L'entreprise doit permettre aux jeunes recrues bénéficiant automatiquement du statut d'opter pour 32 ou 38 heures. Pour les salariés ayant choisi le temps partiel, il faut pérenniser la situation et intégrer la prime qu'ils avaient obtenue pour cela ". " Craignez-vous une sanction des salariés lors des élections du 15 octobre concernant les organismes sociaux que vous contrôlez ". " Le coup est parti, et je ne mesure pas les dégâts que le déchaînement médiatique a causé sur l'image de la CGT. Je pense qu'une victoire juridique peut se transformer en défaite politique ". (30 9 98). un cas d'école sur le nouveau compromis où a CGT est prise à son propre piège : reconnaissant à la fois sa nécessité pour assurer sa fonction d esyndicat et voulant conserver une posture critique. Elle ne pensait pas l'emporter juridiquement. Un peu plus loin dans l'entretien, Denis Cohen propose dans la négociation sur les 35 heures ("en incluant certaines mesures prises dans l'accord social sur les 32 heures ") l'adoption de mesures semblables à celle que la CGT vient de faire annuler.

* Le gouvernement italien a conclu un pacte pour l'emploi avec les partenaires sociaux.
Tous les partenaires sociaux, sans réserve aucune, ont exprimé leur satisfaction. Il réduit le coût du travail notamment en transférant certaines charges des entreprises sur l'Etat et en défiscalisant les bénéfices réinvestis. Tous les syndicats ont applaudi au renforcement de la politique de concertation qui selon eux donne plus de " crédibilité " à l'Italie au niveau européen et démontre qu'il est possible " de réaliser la redistribution du poids de la fiscalité sur une base plus équitable, de réduire le coût du travail et la presion des impôts sur les familles selon un équilibre que nous avions jugé nécessaire ". (Sergio Cofferati, secrétaire géneral de la CGIL). (24 12 98).

5 ) Etre contre le PARE

Mais sur quelle base, pas le retour au keynesianisme et à l'emploi traditionnel. Il ne faut pas que l'opposition au PARE soit en deçà du PARE, déjà des luttes qui sont sur cette base. Il ne suffit pas et cela ne mène pas à grand chose de dire que le PARE va aggraver la condition ouvrière si on ne spécifie pas qualitativement cette " dégradation ". En outre, être contre le PARE en lui-même est un piège, car on va s'y opposer au niveau où lui même se présente, celui de l'institutionalisation, de la réglementation, auxquelles on n'opposera que d'autres modalités d'institutionalisation du rapport salarial, que d'autres réglementation. On fera comme AC !, comme la fondation Copernic. Etre contre le PARE, c'est le cours de la lutte de classe contre les modalités historiques de l'exploitation que le PARE ne fait que formaliser, en le posant ainsi, elle est la critique de la critique qui le prend immédiatement pour objet. Elle est la production de la seule critique théorique du PARE.

* Lutte des ouvriers du bâtiment de Berlin (1995) ; Un prolétariat international, une division raciste de la classe et sectorisation de l'habitat, avec des horaires jusqu'à 70 heures par semaine et un déclin constant des salaires entériné par les syndicats qui mène des campagnes contre les travailleurs illégaux.
Les espagnols, employés par des entreprises d'intérim à tiroir, ce qui permet de ne pas payer les salaires, sont en grève sur le chantier.
Les Portugais travaillent 12 heures par jour et sont moins payés que les Alemands, ils sont en grève de la faim.
Les Anglais et Irlandais, qui ne sont pas payés, bloquent les grues. Ils sont 6000 à Berlin embauchées par des agences d'intérim hollandaises et travaillent de 60 à 70 heures par semaine sous l'autorité de sous-traitants.
Dans l'ensemble de l'Allemagne, 24% des ouvriers du bâtiment sont des illégaux.
(" Echanges ", n° 80).

* France, 1994. grève chez Michelin sur les rythmes de travail et la suppression d'une partie du repos journalier. (" Echanges " n° 77).

* La lutte des routiers salariés en novembre 1996 (Echanges n° 83). "Les routiers salariés pourraient symboliser toutes les plaies de l'exploitation présente du travail et de la pression du capital pour maximiser les profits : travail difficile, bas salaires, extension quasi illimitée du temps de travail non payé, flexibilité totale, précarisation, insécurité de l'emploi ". D'autres luttes se sont engouffrées dans la brèche qu'ils avaient ouvertes. En encourageant les salariés à se mettre à leur compte les grandes entreprises de transport routier créent une masse de sous-traitants absolument dociles. cette cascade de sous-traitant fait que l'activité de transport échappe à toutes contraintes sociales. Après la grève de 1992, des discussions paritaires avaient conduit, en novembre 1994, à un accord, le " contrat de progrès ", qui était resté lettre morte. La relation entre temps de travail et salaire faisait toujours ressortir que lorsque le premier double, le second n'augmente que de 20%. Tant que ce sujet central du rapport entre temps de travail et salaire n'a pas été abordé, la grève s'est étendue. " par certains côtés, une lutte pour le simple paiement des heures travaillées pourraient se comparer à la lutte des ouvriers russes pour le simple paiement de leurs salaires, mais elle peut aussi faire école sur beaucoup d'horaires de travail coupés en morceaux dans la même journée ". (d°). Finalement, les temps de présence, d'attente, de disponibilité, pendant lesquelles le travailleur ne dispose pas librement de son temps, sont comptés comme travail effectif pour une certaine fraction.

* Les dockers de Liverpool (" Echanges n° 81). Le statut a été aboli en 1989 entrainant la disparition d'un certain contrôle de base sur les conditions de travail, son rythme, sa rémunération et le développement de la précarité par l'embauche de dockers occasionnels. Le conflit commence en septembre 1995 quand 5 dockers refusent de faire des heures supplémentaires (la flexibilité était totale avec le travail du samedi et du dimanche). Les dockers des autres entreprises refusent de traverser les piquets de grève. La grève est déclarée illégale. Trois cents dockers sont licenciés et le syndicat TGWU appelle à la reprise du travail. La lutte se poursuit à l'extérieur du port. Lorsque l'entreprise lance un avis d'embauche pour remplacer une partie des dockers licenciés, pour 150 postes, elle reçoit 1100 candidatures.

*La grève d'Alstom à Belfort en 1995. Mouvement de jeunes prolétaires souvent en situation précaires contre le blocage des salaires et l'allongement de la journée de travail, contre le " partage du travail " cautionné par les syndicats : les ouvriers les plus agés, avec 20% de salaire en moins, supporteraient l'embauche des jeunes. Un affrontement direct et butté qui refuse la généralisation et les revendications générales proposées par la CGT. (" Bulletin Ouvrier " n° 1, juin 95).

*Quelques grands conflits sur les modalités d'application des 35 h (la Poste...), mais aussi de multiples mouvements locaux (intégration des pauses, des jours fériés...). (15 2 00).

* Grève UPS (Etats-Unis, 1997). La question centrale de la grève à UPS, qui commence le 4 août 1997, est celle du temps partiel. Par sa dimension : depuis 1993, UPS a créé 46 300 nouveaux emplois, dont 38 500 (83%) à temps partiel ; Au total, UPS emploie 60% de temps partiel (42% en 1986). Mais le temps partiel chez UPS cela signifie 35heures et parfois plus par semaine. Il n'est pas rare de voir des travailleurs UPS faisant successivement deux équipes de quatre heures dans la même journée ; La cadence de travail est telle qu'UPS connaît, pour le temps partiel, un turn-over de 400% par an ; la grande majorité des temps partiel a moins d'un an de service. Même si une telle situation est défavorable à la productivité, le sous-paiement du temps partiel compense largement cette faiblesse. Un travailleur à temps plein peut gagner 18 dollars de l'heure, un travailleur à temps partiel, 8 dollars. La reprise du travail a lieu le 20 août 1997 avec l'acord signé par le syndicat des Teamsters. Par rapport au problème central du temps partiel, les avantages sont bien réduits. Il est prévu la création de 10 000 emplois à plein temps par conversion du temps partiel et remplacement des postes temps plein libérés, pour toute cause de départ, par du temps plein dans les cinq prochaines années. Donc pas de suppression du temps partiel, et de loin. Sur plus de 120 000 travailleurs actuellement en temps partiel cela ne fera sur cinq ans, au maximum, que 25 000 temps plein...si UPS respecte les accords. Il est prévu également une augmentation de salaire horaire de 3 ?10 dollars pour les temps plein, mais de seulement 1 dollar pour les temps partiels. Autrement dit le two / tiers system, signé par Jimmy Hoffa en 1987, est maintenu, il permet l'embauche des nouveaux travailleurs à des taux largement inférieurs à ceux pratiqués pour les travailleurs déjà en activité. mais le syndicat conserve (en partie) la gestion de la caisse de retraite, celle-ci qui était exclusivement aux mains des Teamsters devient paritaire. (" Echanges " n° 85).

* Pour AC ! (Claire Villiers) : " Dans le schéma évoqué, l'ANPE, qui relève du service public, risque de paser sous la tutelle de l'unedic, organisme paritaire où le Medef peut imposer ses vues. cela signifierait que le patronat prendrait le contrôle du placement des chômeurs et pourrait imposer l'adaptation de la main-d'oeuvre à ses propres conditions. ". Jusqu'au 30 juin pour trouver un terrain d'entente. (5 4 00).

* " Ce qu'ils veulent désormais c'est interdire aux chômeurs de refuser des sous-emplois et, au pasage, on oublie le niveau d'allocation " ; (Claire Villiers, AC !) ; " Avec le Care, ce n'est plus d ecotiser qui ouvre des droits, mais le fait de signer un contrat " (d°). " La logique du CARE, c'est de dire : c'est la reprise, c'est de votre faute si vous ne trouvez pas de boulot ". A l'occasion de la manif du 20 mai (appel des associations de chômeurs, aucune centrale syndicale) ; présence de la FSU, du Groupe des Dix, de la CNT et de fédérations CFDT oppositionnelles, et de plusieurs associations des " Sans ", la LCR et (en dernière minute Lutte ouvrière. " Pierre Bourdieu est venu salué le cortège au départ ". (23 5 00). A côté de la plaque

* Enquête INSEE (Insee première n° 717, mai 2000) sur les immigrés. 44% des immigrés sont ouvriers, contre 26% en général. La part des femes immigrées augmente dans cette catégorie. Qualifications relativement faibles. Plus fréquemment salariés du privé (78% contre 63%). Des emplois plus vulnérables et précaires, en contrat à durée déterminée, en intérim ou en temps partiel. Tous ces émléments se retrouvent logiquement dans une plus grande exposition au risque du chômage. Alors que, en 1999, pour les ouvriers et les employés confondus, le taux de chômage était de 14%, il montait à 21% pour les immigrés présents dans ces catégories. Il n'est pas sûr que la croissance revenue profite autant aux immigrés qu'aux autres. Période délicate quand cohabitent euphorie et frustration ou que le chômage maintenue risque de se confondre pour une part avec l'immigration. (14 6 00).

* Valenciennes. Forgeval était une des dernières entreprises se rattachant à l'époque des houillères et des acièries. La reconversion : une pépinière d'entreprise récement inaugurée affiche déà complet ; mutiplication des chantiers qui accompagne le retour des entreprises et des contribuables. Entre les deux recensements, la population de Valenciennes a augmenté de 10%. Usine flambant neuf de Toyota, début des années 9O, installation de Peugeot, redémarrage de l'activité ferroviaire avec Bombardier et Alstom ( avec les équipementiers et les sous-traitants, le Valenciennois un des tout premier pôle européen du transport terrestre) ; Aide aux entreprises, main-d'oeuvre qualifiée, salaires très bas.
Cependant, le quotidien n'a guère changé dans les cités ouvrières, où ni le temps, ni la reprise n'ont cicatrisé les plaies de la crise. Si le chômage a baissé, passant en deux ans de 20% à 17,5% de la poulation active sur l'arrondissement, il reste toujours supérieur de 8 points à la moyenne nationale, avec des hausses à plus de 30% dans certains quartiers de Denain ou de Condé-sur l'Escaut Ce sont les plus proches de l'emploi qui profitent de la reprise, non les plus en difficulté. C'est là, au coeur des anciens bassins sidérurgiques et miniers, que des familles connaissent le chômage depuis trois générations, que l'espérance de vie est de 10 ans inférieure à la moyenne nationale, que l'alcoolisme fait des ravages... La reprise ? Beaucoup de chômeurs la découvrent, incrédules, devant les panneaux de l'ANPE où se multiplient les offres d'embauche. " Il n'y a pas de pénurie de main-d'oeuvre, mais une inadéquation entre ce que recherchent les entreprises et les demandeurs d'emploi, explique Paul Schlonsok, le directeur de l'agence de Valenciennes. Les parents, qui ont subi la crise de plein fouet, n'ont pas orienté leurs enfants vers les secteurs traditionels de l'industrie, qui recrutent aujourd'hui. (18 8 00) Tout cet extrait est à rapprocher du conflit Cellatex.

* Les accords 35 h, priorité à l'emploi et à la flexibilité et à la formation professionnelle. La CGT reste en tête de la participation aux conflits qui aboutissent, pour 62% d'entre eux, à une satisfaction totale ou partielle des revendications. Les discussions sur les rémunérations sont toutes orientées à la baisse (clause de gel). (27 6 00).

* La fondation Copernic dénonce la refondation " antisociale " du Medef (Willy Pelletier, animateur de la fondation, membre de la LCR). Pour les auteurs, " la refondation sociale constitue bien un projet de société éminemment politique ". Il s'agit pour le Medef, explique M Salesse (ancien membre du cabinet de Gayssot, conseiller d'Etat, signataire de la note de la fondation), de profiter des rapports de forces sociaux actuels et du désarroi idéologique pour porter au plus loin une désorganisation des normes de droit défavorable aux salariés ". La note s'attache ains à démontrer l' " idéologie contractuelle directement inspirée de la pensée néolibérale " qui, selon ses auteurs inspire le projet du Mede et nie l' " inégalité de situation fondamentale entre le chef d'entreprise et le salarié ". Relevant que le silence du Medef est " assourdissant " en ce qui concerne la démocratie dans l'entreprise, la note insiste sur le " rééquilibrage nécessaire " des relations salariés-employeurs. (29 11 00).

* Fondation Copernic. La loi du Medef c'est le contrat. Regrette que l'Etat en France recule. " M Seillière situe au premier rang des évolutions à prendre en compte la fin des grandes concentrations ouvrières au profit d'une véritable atomisation des centres de production. Précisément. Pas un seul travailleur ni un seul juriste du travail ne croit au caractère équilibré du rapport netre l'employeur et le salarié. Le rééquilibrage se fait partiellement par l'organisation collective des salariés. L'atomisation en petites unités la rend très difficile. (...) C'est pourquoi le Medef veut inverserla hiérarchie des normes sociales que nous devons défendre : la loi plus protectrice que la convention internationale, la convention de brancheplus que la loi, l'accord d'entreprise plus que la convention de branche. Et lui substituer la priorité " au terrain ", là où le rapport des forces lui est le plus favorable. (...) s'attaquer donc, progressivement, aux garanties collectives conquises au fil des ans et stabilisées par la loi. Le Medef nous propose d'entrer hardiment dans le XIX°siècle. " (Jean Magniadas, Willy Pelletier, Yves Salesse - membres du conseil d'orientation de la fondation Copernic). (" Le Monde ", 12 12 00). Mais l'achat-vente de la force de travail est par nature le règne du contrat (on peut l'appeler loi). (K t 1, p. 178-179).

* Marc Blondel. " A la concentration accélérée des capitaux correspond une volonté de restreindre le rôle régulateur et réglementaire des pouvoirs publics. (...) En voulant imposer le contrat sur la loi, en prétendant être l'expression de la société civile, le Medef entend se situer come une force politique au-dessus des partis, qu'il cnsidère comme affaiblis dans la crise de la démocratie politique, la droite actuelle n'étant plus à ses yeux capable de représenter ses intérêts. (...) Tout ce qui a un caractère collectif est considéré comme un frein à l'expression des forces du marché. A l'universalisme républicain il oppose la diversification communautariste. (...) C'est notamment le cas s'agissant des rapports entre loi et contrat et de la volonté de privilégier l'entreprise comme niveau de négociation, voire de favoriser les rapports sociaux individualisés. (...) En voulant nier l'existence d'intérêts antagonistes, en voulant réhabiliter l'idée de l'entreprise cellule de base de la société, en théorisant sur la société le risque partagé, le Medef ne fait ni plus ni moins que remettre au goût du jour la vieille notion d el'association capital-travail. (...) Haro sur la lutte de classes, vive la modernité avec les " insiders riscophiles " et les " outsiders riscophobes " ! Prôner la contractualisation individualisé (...) c'est feindre d'oublier la question-clé : la nature de la propriété du capital et l'opposition capital-travail. " (12 12 00).

* Le Pare, appelé à devenir un mode de gestion des conflits ( ?), le plan social permanent. Chez Bertrand Faure (équipementier automobile), à Nogent sur Marne : " Les 236 salariés de l'usine semblent désormais devoir se résoudre à négocier le meilleur plan social possible " ; ils installent des bonbonnes de gaz prêtes à exploser. " Nous irons jusqu'au bout. Jusqu'à la destruction du matériel s'il le faut ". Inspirés des salariés de Givet ou de ceux de Adelshoffen. Les salariés prenent de court leurs syndicats (CGT et UFT). " Nous ne savons rien faire d'autre ".(3 8 00)
Il faudrait comprendre les conflits violents de cet été dans le cadre général des transformations du rapport salarial. Cellatex (Givet) : " D'une certaine façon, c'était encore, même sous forme de vestiges, une structure industrielle du passé avec des travailleurs pas du tout prêts à accepter les faits et méfaits de la récente flexibilité géographique moderne. (...) Tout ceci peut expliquer pourquoi ces travailleurs ont accepté tant de mesures restrictives " (Echanges, n° 94). " Une attitude quasi suicidaire " (d°). " Faire sauter l'usine si personne ne discutait de leurs revendications, soit pour une reprise de l'usine, soit pour de l'argent et des garanties de reclassement beaucoup plus importante que ce qui est accordé par la loi " (d°). " L'usine est occupée mais apparemment hors du contrôle des bureaucraties syndicales (...) Les bureaux furent totalement pillés et tous les ordinateurs disparurent. Le 10 juillet, la situation est hors des contrôles légaux, les menaces visent à contraindre les autorités à discuter. le 13, discussion au ministère du Travail ce qui avait été refusé devient d'un coup acessible. Le 19, les ouvriers acceptent les propositions : une indemnité beaucoup plus égalitaire et importante que ce à quoi donne droit le régime légal des licenciés économiques. On peut dire que les concessions obtenus par les ouvriers de Cellatex sont plus importantes au niveau national que les longs débats syndicaux sur la réforme de l'indemnisation du chômage (d°), que c'est la réponse ouvrière à de telles palabres. Cependant de là à dire que de telles luttes " brisent tous les cadres de domination des relations de travail " (d°), ou que l'on se trouve " devant l'affirmation brutale du refus de la globalité du capital " ; il faut raison garder. Quand la lutte se fixe comme objectif la continuation de l'activité de l'usine, de contraindre à des discussions, d'obtenir les meilleures conditions de licenciement possibles, il est hasardeux de dire que " tous les cadres de domination des relations de travail furent brisés ". Dans la foulée de Cellatex : à Forgeval, il est question de plus d'argent et de réembauchage (ils n'obtiennent pas plus que les garanties légales) ; Adelshoffen : les ouvriers ne comprennent pas la raison de la fermeture car " l'usine est viable ". La lutte des ouvriers est ce qu'elle est, selon leurs intérêts du moment, les conditions et les rapports de force du moment, en un mot la situation, il est assez vain d'y plaquer toutes ses espérances idéologiques parce que quelques délégués syndicaux furent momentanément mis hors-jeu ou que le conflit aurait révélé " la véritable nature de l'Etat dans un conflit de classe " (d°).
Beaucoup plus intéressante est la considération selon laquelle Cellatex " était l'histoire de ceux qui ne se reconnaissent pas dans les histoires de la révolution Internet, la croissance florissante et le retrécissement des files d'attente de chômeurs " (d°). Pour Cellatex, parler de conflit " suicidaire ", c'est se refuser de voir dans une lutte ce qui n'y est pas : " du passé faisons table rase, telle aurait pu être la devise, involontaire, des prolétaires de Cellatex " (d°) ; malheureusement, c'est le capital qui faisait table rase de leur passé, et les prolétaires de Cellatex n'avaient aucun avenir dans la situation présente du rapport de force entre les classes, parce que précisément ce rapport de force c'est celui que met en forme les " palabres " du PARE. Et toute leur lutte s'inscrivait dans les limites de ce rapport de force et de cette situation : obtenir le meilleur plan social possible. C'est la lutte de classe, sans fioriture idéologique et il ne s'agit pas de le regretter sans en avoir l'air. Le prolétaire sait qu'il n'est, pour le capital, que le support d'une marchandise : sa force de travail. Il sait que dès que le capital n'a plus besoin pour se valoriser de la valeur d'usage de sa force de travail, il n'est plus rien. Est-ce que la conscience de cela est imédiatement une situation révolutionnaire comme le laisse entendre les formules utilisées dans le texte d'Echanges (si les mots ont encore un sens) ? La lutte de Cellatex et celles qui suivirent n'ont pas un sens caché, ce ne sont pas des faits qui " refusent de révéler en clair ce que parfois ils ne contiennent pas directement, mais expriment néanmoins lorsqu'on les replace dans le contexte plus global de résistance au capital dans le monde d'aujourd'hui ". Formule emberlificotée pour dire que si " les faits - tels qu'ils se déroulent - multiformes de la lutte de classe ont la tête dure ", il faut les contourner pour tout de même leur donner le sens qu'on voudrait qu'ils aient et qu'ils ne " contiennent pas directement ". Dire que la lutte de Cellatex était " suicidaire ", ce n'est en aucune façon " regarder par le petit bout de la lorgnette ", ou lui enlever toute son importance. Elle est, avec d'autres, un moment très important de ce conflit qui oppose le prolétariat aux nouvelles modalités de l'exploitation, mais, ici, le conflit ne se situait pas à l'intérieur de ces nouvelles modalités mais contre leur installation, c'est en cela que la lutte ne pouvait que demeurer isolée et prendre cet aspect " suicidaire ". " Suicidaire " également, parce que les formes autonomes de la lutte de classe ne sont plus de mise, ayant jeté leurs derniers feux avec les coordinations des années 80 (et encore). La lutte de Cellatex ne fut pas une lutte autonome (à moins d'employer le terme comme synonime d'absence d'encadrement officiel). Elle déborda l'encadrement syndical pour pouvoir affirmer que le prolétariat n'est rien sans le capital, la force de cette lutte fut dans cette affirmation qui ne contient pas l'autonomie du prolétariat mais sa négation. C'est là l'importance de cette lutte.
Le " contre-feux " à de telles luttes ne se trouve pas dans le " contrôle plus efficaces des produits dangereux pouvant servir à l'occasion " ou dans la mise en place de " fusibles d'intervention syndicaux, politiques ou administratifs ", même si cela se fera, mais dans des modalités d'utilisation de la force de travail déjà largement mise en place par le capital et que le PARE vient seulement formaliser. Plus qu'au " contrôle des produits dangereux ", c'est sans doute à cela que pensait " le baron du Medef ".
Dans la forme Cellatex peut faire école (la violence est une vieille histoire dans la lutte de classe), mais aussi dans le fond. La dynamique de cette lutte réside en ce que le prolétariat n'est rien en soi, mais un rien plein de rapports sociaux qui font que, contre le capital, le prolétariat n'a d'autres perspectives que sa disparition.



Louis Martin
Auteur du Journal d'un Gréviste paru en 1996









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15 avril 2005, par morice   [retour au début des forums]
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