| L'@NGLE MORT | ||||||||
| Démocratisme Radical Action Directe | Question d'Orient | Exploitation Luttes de classe | Le Monde tel qu'il va | Théorie | ||||
|
|
|
CHRONIQUE « LE MONDE EST MA PATRIE » DU 17 FÉVRIER 2003 Deuxième Guerre du Golfe ? OU DEUXIÈME GUERRE DE CORÉE ? vendredi 21 février 2003, par Richard Greeman |
|
DANS LA MEME RUBRIQUE
|
Plus périlleuse pour la paix et la sécurité du monde que la crise irakienne, la Guerre de Corée risque de flamber de nouveau. Rappelons que sa première phase (1950-1953) s'est terminée par un Cessez-le-feu sur la ligne du front et la création d'une Zone dite démilitarisée. Des familles sont séparées depuis 50 ans par ce long « mur de Berlin » qui coupe en deux la nation tout près du 38° parallèle. Sur cette ligne surarmée des deux côtés, les patrouilles n'ont jamais cessé d'avoir des accrochages mortels. On a récemment découvert deux tunnels d'infiltration nord-coréens : 2m. de large, 2m. de haut, et 65 m. sous terre capables de transporter 10,000 soldats par heure jusqu'aux alentours de Séoul, la capitale Sud-coréenne. On soupçonne l'existence de quinze autres tunnels. La Corée est une poudrière. Le dernier régime stalinien du monde joue sa dernière carte, et elle est nucléaire. Le gouvernement nord-coréen commence son programme atomique dès les années 1950, construit des réacteurs pendant les années 1960, et aboutit éventuellement à produire des armes atomiques et à tester des missiles pour les lancer. Les experts militaires affirment que le Nord pourra construire 200 ogives nucléaires avant 2010, puis 58 annuellement. Dans une situation où il n'aura plus grand chose à perdre, le régime nord-coréen n'hésitera pas à les utiliser. Si ces missiles ne pourront peut-être pas atteindre le territoire étasunien, la Corée du Sud et le Japon pourront être largement détruits. On a cité des généraux nord-coréens qui s'expliquaient ainsi pourquoi Saddam avait perdu la guerre de 1991 : « L'Irak a perdu parce qu'il est resté sur la défensive. Il faut prendre l'offensive. L'Irak n'a pas utilisé toutes ses armes. Si nous sommes en guerre, nous les utiliserons toutes. Et s'il y a la guerre, nous devrons attaquer les premiers, prendre l'initiative. »
La Guerre de Corée : défaite américaineC'était précisément la tactique de l'Armée nord-coréenne quand elle attaqua le 25 juin 1950 et réussit en quelques semaines à refouler les forces américaines et sud-coréennes vers la Mer du Japon. Dans la bataille célèbre autour du Réservoir d'Inchon, les nord-coréens ont entouré tout un bataillon de Marines. Une défaite sanglante qui correspondait à celle des français à Dien Bien Phu (Indochine). Les forces de l'ONU mobilisées par les Etats-Unis avaient déjà dû reconnaître l'impasse militaire. Eisenhower gagna l'élection de 1952 en promettant un armistice au peuple américain, fatigué d'une guerre meurtrière que les américains ne voulaient pas, malgré la forte propagande anti-communiste et le Maccarthysme. Après la guerre, le stalinisme se renforça dans la République démocratique de Corée du Nord. Dans la République non moins démocratique du Sud, les Etats-Unis soutinrent la dictature meurtrière de l'anti-communiste Rhree, puis celle des militaires. Elles assassinaient, arrêtaient, massacraient les ouvriers, les paysans, les libéraux, les socialistes et les étudiants. Ceux-ci n'arrêtaient pas pour autant d'agiter pour le droit syndical, le droit à la liberté d'expression et surtout d'association, la démocratie. C'est pendant cette période que se produit le « miracle » du développement capitaliste de la Corée du Sud et le développement d'un prolétariat des plus militants et conscientisé du monde. Ce sont les ouvriers de Daewoo et leurs alliés étudiants et cultivateurs qui viennent depuis deux ans de réaliser une démocratie relative (élections libres) à force de grèves générales et de manifestations massives.
Désir de Paix chez les Coréens du Sud et du NordAujourd'hui, ces masses ont marre de la présence chez eux de 37,000 soldats américains, souvent ivres et racistes. L'énorme garnison américaine au milieu de Séoul est une provocation permanente, et des incidents récents ont suscité d'énormes manifs. Encore, tout le peuple soutient la « politique ensoleillée » en faveur d'un rapprochement avec le Nord, lancé par l'ex-président Kim et repris par le nouveau président Roh. La bourgeoisie sud-coréenne craint avant tout la déstabilisation d'une explosion de réfugiés du Nord. Avec la Chine et le Japon, elle veut aider le Nord à faire une transition vers l'intégration dans la région. De sa part, le régime nord-coréen a souvent signalé - malgré sa langue de bois stalinienne à formules belliqueuses - qu'il veut un rapprochement avec les Etats-Unis. Une fois sa sécurité assurée, il est prêt à abandonner ses armes massives. Le gouvernement américain de Clinton, pistonné par les Sud-coréens et les Japonais, avait longuement négocié avec la Corée du Nord. Le traité était prêt à signer en décembre 2000 pendant les derniers jours du mandat Clinton. Mais ce dernier ne signa pas, trop occupé à pardonner des escrocs pour payer ses dettes. Entrez George W. Bush.
Bush l'idéologue rallume la guerreDès les premiers jours de 2001 Bush provoqua la Corée du Nord en déchirant le brouillon de traité, en se retirant des pourparlers, et en refusant d'honorer les Accords de 1984 où la Corée du Nord s'engagea à ne plus développer des armes nucléaires (et acceptait les inspecteurs) contre une assurance de sécurité et de l'aide économique. En même temps Bush l'idéologue de la force mit pression sur les gouvernements sud-coréens et japonais d'arrêter leur politique « ensoleillée » et d'isoler la Corée du Nord. Enfin, Bush a désigné la Corée du Nord comme « état voyou » et a parlé de « guerre préventive » et l'axe du Mal. George W. Bush aime bien s'inventer des ennemis. Provoquer Saddam, c'est déjà tradition chez les présidents américains en difficulté économique ou sexuelle. Que Bush II secoue les barreaux de la cage où papa Bush avait enfermé ce lion édenté d'un Saddam, ça va. Mais il fallait que notre bon Shérif imagine deux autres Méchants pour compléter son axe du Mal. En ciblant les Iraniens, le maladroit Texan n'a réussi qu'à saborder l'alliance offerte après le 11 septembre par les Ayatollahs, ennemis mortels de Saddam et d'Osama. De plus, Bush a saboté le mouvement iranien vers la démocratie. Mais le Chef imbécile de l'impérialisme américain a vraiment disjoncté en déclarant publiquement qu'il « déteste » (loathes) le Chef bien aimé des Coréens du Nord et veut « le voir tomber » (to see him toppled) !
Le Chantage nucléaire pacifiste ?Kim Jong Il comprit. Au lieu de cacher ses prétendues armes de destruction massive comme ce pauvre con de Saddam, le leader coréen les brandit ouvertement. Accusé par les inspecteurs atomiques d'avoir transporté du matériel interdit, il les a étonnés en ne prenant pas la peine de mentir. Ce fils à papa ancien « Playboy » est un homme politique rusé qui aime le risque. Il a trouvé le un bon moment pour faire du chantage nucléaire au fils à papa d'en face : Bush II qui a bêtement envoyé toutes ses armées vers Irak après l'avoir provoqué. Chaque classe dominante a les dirigeants qu'elle mérite. La présence (irrégulière) de l'imbécile Bush à présidence de l'empire américaine est la preuve de la décadence de cette dernière. |
|||
|
Richard Greeman |
|
|
|
|
|
![]() |
|
L'@NGLE MORT | PLAN DU SITE | Stats |