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PAS PAR HASARD... Communisation PRÉSENTATION DU PROJET DE REVUE Première publication : 28 septembre 2002, mise en ligne: jeudi 3 octobre 2002, par Christian Charrier |
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La prochaine révolution sera communisation de la société, c'est-à-dire sa destruction, sans "période de transition" ni "dictature du prolétariat", destruction des classes et du salariat, de toute forme d'Etat ou de totalité subsumant les individus…
La prochaine révolution sera communisation de la société, c'est-à-dire sa destruction, sans "période de transition" ni "dictature du prolétariat", destruction des classes et du salariat, de toute forme d'Etat ou de totalité subsumant les individus… Ce qui revient à dire que rien dans la société actuelle ne préfigure son futur communiste, ni comme organisation ni comme expérimentation sociale, que la communisation de celle-ci n'est pas un processus graduel déjà à l'œuvre mais débute strictement avec la révolution. Dans sa généralité, ce "résultat" est théoriquement acquis depuis le milieu des années soixante dix par tout ceux qui, individus ou groupes, se sont livrés à une critique du paradigme révolutionnaire développé par le mouvement ouvrier et pour lesquels celle-ci n'a pas abouti à un abandon pur et simple de la théorie de la lutte de classes. Pour le premier courant - premier parce que majoritaire (et auquel la critique révolutionnaire du "citoyennisme" vient aujourd'hui redonner une nouvelle jeunesse) - la révolution communiste est l'aboutissement de l'arc historique universel de l'aliénation de l'Homme par et dans le travail et ou la valeur ; le mode de production capitaliste, en ce sens, est l'ultime étape de ce processus qui conduit nécessairement à l'abolition du travail et donc des classes, du capital, etc. Pour cette raison nous nommons ce courant courant universaliste de la théorie de la révolution communiste. Pour l'autre courant - largement minoritaire - la révolution communiste est un produit historique exclusif du mode de production capitalistes, c'est-à-dire de la société actuelle ; pour cette raison nous le nommons courant actualiste de la révolution communiste. Ce tableau de la théorie de la révolution communiste est forcément schématique dans la mesure où les deux courants ne sont pas des blocs monolithiques - surtout le courant universaliste . En outre, il ne prétend pas à la neutralité théorique. Quoi qu'il en soit, depuis trente ans, donc, "universalisme" et "actualisme" se font concurrence sans pour autant parvenir à se réfuter mutuellement ou à sa dépasser… Disons tout de suite qu'il n'est pas question ici de prendre parti pour l'un ou pour l'autre ou de départager chez chacun l'ivraie du bon grain, pas plus qu'il n'est question de jeter les deux courants en vrac aux orties. COMMUNISATION n'a pas l'exclusivité de cette vision de la théorie de la révolution communiste actuelle : dans un texte récent (Prolétaire et travail : une histoire d'amour ?) Gilles Dauvé et Karl Nesik renvoient de fait les deux courants dos-à-dos à partir d'une critique de ce qu'il nomme le "déterminisme", c'est-à-dire de toute position qui considère la révolution comme nécessaire ou inéluctable, quel que soit le point de départ : qu'il s'agisse du courant actualiste pour lequel elle est un « achèvement de ce que l'on présente comme le cycle de vie du capital » ou bien le courant universaliste qui perçoit la crise révolutionnaire comme « conclusion programmée d'un arc historique dont l'évolution naturelle porterait le communisme. » Pour ce faire il faut commencer par identifier les deux courants dans leur cohérence, ce qui signifie qu'il faut placer la théorie de la révolution communiste dans une perspective historique ; mais cela nécessite alors de ne pas supposer comme le font Dauvé et Nesik que « rien de fondamental n'a changé depuis 1867 » (date de publication du Capital) dans le capitalisme. Cela suppose au contraire d'admettre la réalité, c'est-à-dire le fait que malgré l'existence d'invariants généraux dans le mode de production capitaliste, celui-ci a une histoire, de même que la lutte de classes, que l'exploitation a connu des transformation depuis les origines du capitalisme qui ne se réduisent pas à la grande coupure du passage de la subordination formelle du travail par le capital à sa subordination réelle, que celle-ci a elle-même une histoire et que nous sommes aujourd'hui dans cette histoire… Nous n'entrerons pas ici dans le débat sur la "restructuration" du capital : que l'on pense qu'elle est par définition de ce qu'est le capital impossible, qu'elle est désormais achevée ou qu'elle n'a pas (encore ?) abouti… on ne peut nier, ne serait-ce que d'un simple point de vue empirique, les transformations apportées par la classe capitaliste au procès d'ensemble du capital. Que les mesures prises soient négatives ou positives, que la chose soit achevée ou non dans son détail importe peu : il suffit de constater que le "cadre objectif" de la lutte de classes a changé pour poser la question du devenir du cycle théorique actuel. Pour toutes ces raisons la décision de publier une nouvelle revue ne tient pas au hasard et n'intervient pas à n'importe quel moment. Pour ces raisons également, COMMUNISATION n'est pas l'organe d'un groupe proposant une nouvelle cohérence théorique globale et systématique : ses colonnes sont ouvertes à qui voudra les occuper dans le cadre de la problématique exposée dans ces lignes. A ce titre elle est forcément diverse dans ses contenus et elle ne peut légitimement revendiquer que la pertinence des questions posées et des sujets abordés du point de vue de la révolution comme communisation immédiate de la société. Pour autant cette diversité ne s'épuise pas dans une simple forme éditoriale : en tant que processus autocritique du cycle théorique actuel elle est en elle-même une position théorique de fond. Septembre 2002 [1] Hegel, Préface à la Phénoménologie de l'esprit, Éd. Vrin, Paris 1997, § 24, p. 77.
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Christian Charrier |
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