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Il y a 5 contribution(s) au forum.
(1/5) 8 janvier 2005, Ibn Salah al-Din
(2/5) 13 juillet 2004
(3/5) 12 juin 2004, toxicopolo
(4/5) 31 mars 2004, Thierry Roland
(5/5) 21 février 2004, salbert
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Dans les mois qui ont suivi la coupe du monde de football de 1998, si l'on prend le Monde Diplomatique comme porte-parole du discours démocrate radical sur le sport, la critique y est très dure contre la rengaine démocratique et citoyenne de la « jeunesse de la France », de la « France black-blanc-beur, d'une « France qui a le moral ». La critique ne ménage pas non plus le mythe de l'Equipe développée jusqu'au grotesque lénifiant dans le film « Les yeux dans les bleus ». Sont critiqués également l'engouement des français aussi bien pour les milliardaires de l'équipe de France que pour une « petite équipe » comme Lens ou les amateurs de Calais. Le même sentiment d'amour pour des équipes représentant la « pureté du sport » (Lens, Calais) peut être transféré sur les hyper-professionnels mercenaires de l'équipe de France, tellement est idéologiquement présente la notion d'équipe, d'engagement, de communauté, et c'est le plus extraordinaire cela est couronné par l'idée de désintéressement donc d'engagement et de partage, en un mot l'image de la citoyenneté. Les articles du « Diplo » ne laisse rien debout de cette soupe et de cette imagerie pieuse. Cette critique fait ressortir d'abord sa fausseté, mais aussi sa fonction dans l'idéologie actuelle et enfin son fondement : l'argent, le libéralisme (transfert des joueurs, clubs en société anonyme, droits de télévision...), la violence, qui tous les trois sont inhérents au sport. Le mouvement de cette critique est celle de la quatrième thèse sur Feuerbach. Elle montre que le monde du foot se résout en son fondement mondain. Mais la critique effectuée par le démocratisme radical ne s'arrête pas là, c'est là qu'elle nous intrigue. Elle effectue aussi l'étape suivante, celle dont Marx critique l'absence chez Feuerbach : « elle montre que le fondement mondain se détache de lui-même de par l'auto-déchirement et l'autocontradiction de ce fondement mondain ». C'est là qu'est la grosse difficulté à prendre en défaut la critique de ce « foot français » par le démocratisme radical. En effet, le démocratisme radical, même si l'on sait ce qu'il entend par là, réclame même que ce fondement mondain soit « révolutionné pratiquement » (Quatrième thèse). Si l'on se contente de critiquer ce que le démocratisme radical entend par « révolutionner le fondement mondain », on ne dit pas de bêtises, mais on est sorti de la critique spécifique du sujet. En fait, il faut montrer comment ce que le démocratisme radical entend par « révolutionner le fondement mondain » intègre sa critique du « foot français ». Là où la critique du « foot français » par le démocratisme radical coince, c'est dans le fait que ce monde « révolutionné » doit être la réalisation de sa figure religieuse. On est dans une pure théorie de l'aliénation avec ses caractéristiques inhérentes : l'autre comme devenir du même et retour sur soi (sur la base ici des qualités humaines abstraites présupposées - thèse 6 -). Ce qui aboutit à la conclusion que la critique, en réalité, se supprime elle-même, car si elle oppose le monde religieux (les qualités du foot) et son fondement mondain (la violence, l'argent etc.), c'est pour dire que le monde religieux est critiquable seulement parce qu'il n'est actuellement, de par le fondement mondain, qu'un monde religieux. Le « monde révolutionné », c'est la religion du monde antérieur réalisée, devenue le fondement mondain lui-même. Ce ne sont alors que les abstractions des qualités humaines inhérentes à ce monde antérieur qui se présentent, en tant qu'abstractions mêmes, comme le monde « révolutionné ».
Roland
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