le mouvement social trouve dans la démocratie revendiquée comme radicale la forme et le contenu le plus général de son existence et de son action (maîtrise, contrôle). Le prolétaire est remplacé par le citoyen, la révolution par l'alternative.
Définition
Le démocratisme radical se veut, dans le meilleur des cas, la critique du mode de production capitaliste pour laquelle il ne s'agit plus pour le prolétariat d'abolir ses conditions d'existence, c'est à dire abolir le mode de production capitaliste et lui-même, mais de maîtriser ses conditions d'existence. Pour cela ce mouvement social trouve dans la démocratie revendiquée comme radicale la forme et le contenu le plus général de son existence et de son action (maîtrise, contrôle). Le prolétaire est remplacé par le citoyen, la révolution par l'alternative. La notion d'alternative est centrale en ce qu'elle suppose que les conditions actuelles de la production et de la société en général pourrait être gérées de deux façons différentes. Le démocratisme radical a des solutions pour tout. Le mouvement est vaste : de formes qui ne revendiquent qu'un aménagement, un capitalisme à visage humain, jusqu'à des perspectives alternatives qui se veulent rupture d'avec le capitalisme tout en demeurant dans la problématique de la maîtrise. Ce qui théoriquement disparaît c'est que le dépassement du mode de production capitaliste est le fait de l'activité d'une classe dans une contradiction qui est implication réciproque.
Comprendre pourquoi le démocratisme radical existe
Il faut passer de la dénonciation à une véritable critique qui intègre la raison d'être de ce qu'elle critique. Sans cela la dénonciation conserve les présupposés du démocratisme radical. Le démocratisme radical n'est pas une idéologie au sens trivial du terme : erreur contre vérité. Il doit être conçu dans une perspective historique :
*La révolution n'est plus montée en puissance et affirmation de la classe
*La crise des années 60/70
*La restructuration comme lutte des classes
*La fin de l'identité ouvrière
*La fin du programmatisme en général
*Plus-value relative, plus de points de fixation
*Le double moulinet
*Contradiction entre les classes au niveau de leur reproduction
La reproduction de la classe ne comporte plus aucune confirmation d'une identité ouvrière opposable au capital comme base d'une réorganisation de la société (une affirmation de la classe contre le capital).
Il en résulte cette chose inédite. Quand dans les luttes, le prolétariat pose la contradiction au niveau de la reproduction du rapport entre les classes, de sa propre remise en cause, de la remise en cause du capital comme étant sa propre base de renouvellement, quand il est en contradiction avec le capital qu'en produisant tout son être dans le capital, il en résulte cette chose inédite, c'est agir en tant que classe qui devient la limite de la lutte de classe du prolétariat. C'est cette limite que le démocratisme radical formalise et promeut. Cette action en tant que classe ne part plus d'une identité ouvrière base d'une réorganisation sociale, agir en tant que classe devient simplement reconnaître la nécessité, l'éternité du capital. La contradiction devient simple opposition en tant que moment de la reproduction du mode de production capitaliste dont le capital comme pôle particulier du rapport est l'agent de sa reproduction. L'opposition du prolétariat n'a plus alors qu'à se conformer aux catégories du capital. A partir de là, nous observons soit l'acceptation pure et simple ; soit l'alternative dite rupturiste en ce qu'elle veut faire de ces catégories manipulées par le prolétariat un dégagement face au capital, mais qui, de fait, ne peut aller plus loin que ces catégories. Le prolétariat est alors contraint de reconnaître dans le capital, le propre mouvement de sa définition s'autonomisant de lui dans un simple lobby du capital variable. Le démocratisme radical est très instable et constamment insatisfait de lui-même (comme système global et non dans chacune de ces branches). Ce qui est la dynamique révolutionnaire de ce cycle de luttes en est simultanément sa limite intrinsèque. Plus d'existence pour soi confirmée de la classe face au capital. Cela signifie que le prolétariat produit tout ce qu'il est, toute son existence dans les catégories du capital, c'est pour cela qu'il peut en être l'abolition ; mais c'est aussi toute la limite des luttes dans notre période : entériner l'existence de la classe dans le capital.
Le démocratisme radical est activités inhérentes à la lutte de classe dans le cycle actuel
Le démo rad dans les luttes quotidiennes :
* L'évolution du temps de travail devra être porteur d'émancipation.
* L'allocation universelle devient passage progressif à l'activité bénéfique à l'individu et à la société, abolition de l'exploitation dans le salariat.
* Utilisation de la richesse accumulée, répartition.
* La revendication salariale devient partage des richesses.
* La critique de la mondialisation devient première par rapport à ce dont elle est la mondialisation (le capital). La mondialisation fait l'exploitation.
* On le voit à l'oeuvre dans les luttes générales : déc 95, les sans-papiers, les chômeurs. Il prospère et entérine les limites bien réelles de ces luttes.
*Dans des luttes plus circonscrites également : Cellatex, Lu, Marks et Spencer, Moulinex. Le PC et la CGT contre les entreprises non-citoyennes qui profitent des subventions de l'Etat et qui licencient.
Son principe consiste à contracter en une pratique unique la lutte revendicative et la création d'une nouvelle société. Le dépassement du capital est un mouvement progressif à partir des catégories du salariat. C'est une alternative. On transforme le dépassement du capital de résultat d'une contradiction interne en mouvement fondé sur une simple opposition. A nouveau, ce qui théoriquement disparaît c'est que ce n'est que de par ce qu'il est dans le mode de production capitaliste que le prolétariat peut être la classe produisant le communisme, l'immédiateté sociale de l'individu. Sous ses formes les plus radicales, l'alternative pose un tronc commun qui serait la caducité réalisée du capital ne subsistant plus que comme domination volonté politique imposée à la société. A partir de là : soit la catastrophe capitaliste ; soit la prise en charge de cette caducité comme conditions objectives. C'est réellement une alternative : " Une loi de la valeur nationale et populaire " (Bihr) ; obliger l'Etat à respecter la démocratie ; la reconnaissance de la réalisation du travailleur social. Tout cela est bien réel dans la lutte de classe et il existe un parti de l'alternative dont l'existence devient la justification de son idéologie.
La ligne générale de ces pratiques
Comme synthèse de ses pratiques : toutes les conditions actuelles non comme rapports de production et contradictions mais comme une opposition entre des volontés politiques, des choix de société. Le principe de base de ces pratiques est la proclamation (et la critique) de la soumission de la société à la logique économique. Le capital n'est plus un mode de production, mais une logique économique imposée à la société. La critique de l'économie l'oppose à la société, il faut donc s'organiser autrement. L'objectivité de l'économie est entériné comme un absolu face à la subjectivité individuelle. Tout n'est à nouveau qu'une question de contrôle. Vu le sujet de ce contrôle, l'individu, ce contrôle sera la démocratie. L'objet de ce contrôle :
* Relance de la consommation sans pénaliser les entreprises (surtout nationales)
* Pression sur les revenus financiers (surtout étranger ou inféodés à l'étranger)
*Réduire les inégalités, la consommation de luxe.
*Réguler la concurrence.
*L'Etat est un lieu de compromis sociaux (accommodement) ou de double pouvoir (rupture) au sein de la société. Accommodement ou rupture, le fonctionnement idéologique et la raison d'être sociale dans ce cycle sont les mêmes : l'alternative, la maîtrise des conditions d'existence.
La critique du travail salarié est naturalisée en critique du travail, c'est à dire en critique des modalités de son effectuation. Le capital n'est plus qu'un procès de production en général plus des déterminations extérieures, choix politiques, ce n'est que par ces déterminations et ces choix qu'il est exploitation c'est à dire pour le démocratisme radical injuste et irrationnel.
La discussion qui a suivi a porté sur les thèmes suivants
* La démocratisme radical est-il une nouveauté par rapport à l'histoire du réformisme.
* Le moment de la crise économique comme nécessité du dépassement révolutionnaire.
* Comment comprendre l'action des Black bloc, leur rapport avec le démocratisme radical.
* Donner des exemples concrets du démocratisme radical comme limites des luttes.
* Peut-il y avoir une dynamique globale et / ou révolutionnaire s'enclenchant à partir d'une lutte particulière.
* La question de l'intervention et du " militantisme " contre le démocratisme radical et de façon plus générale.